Les problèlmes que posent certains des gens du voyage

. 22.7.10
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Lire "le Point" me met souvent dans un état d'agacement. 
Mais  cette fois, un article m'a mis dans un état de fureur assez rare, dont ceux qui me suivent sur Twitter peuvent témoigner. 

Il faut dire que dès le titre il y avait de quoi s'insurger ; "L'Élysée annonce une réunion sur "les gens du voyage et les Rom"

On y apprend les choses suivantes :
Nicolas Sarkozy a annoncé mercredi en Conseil des ministres la tenue d'une réunion le 28 juillet à l'Élysée sur les "problèmes que posent les comportements de certains parmi les gens du voyage et les Rom", après les violences survenues à Saint-Aignan (Loir-et-Cher). "Les événements survenus dans le Loir-et-Cher soulignent les problèmes que posent les comportements de certains parmi les gens du voyage et les Rom", a affirmé le chef de l'État dans une déclaration en Conseil des ministres communiquée à la presse. "Je tiendrai une réunion à ce sujet le 28 juillet. Cette réunion fera le point de la situation de tous les départements et décidera les expulsions de tous les campements en situation irrégulière", a-t-il ajouté.
J'ai immédiatement tenté de relâcher la pression et tenté d'en rire un grand coup avec Peuples.
Mais à vrai dire je ne décolère pas, et ce pour plusieurs raisons. 

Il y a d'abord cette phrase qui me dérange profondément :
"Les événements survenus dans le Loir-et-Cher soulignent les problèmes que posent les comportements de certains parmi les gens du voyage et les Rom",
J'ai bien du mal à ne pas voir que derrière la mesure de facade que recouvre l'expression "certains parmi les gens du voyage" se cache une évidente stigmatisation de certaines catégories de la population qui n'a à mon sens pas sa place dans la bouche du chef de l'état. 
Tolérerions-nous cette phrase si elle avait été prononcée à l'encontre, des juifs, des musulmans, des homosexuels, ou des bruns à lunettes

Il y a cet amalgame aussi qui me dérange, en ce qu'il semble désigner tous les nomades ; tsiganes, gitans, gens du cirque et ces Roms dont on connait mal les persécutions. 


Et pourtant - et c'est peut être la principale raison de ma colère- je peine à trouver dans la presse les torrents d'indignation que ces propos devraient soulever. 
Et pour cause, il suffit de s'attarder un instant sur les commentaires de l'article évoqué plus haut pour se rendre compte qu'un sentiment de défiance à l'égard des nomades semble très généralement partagé dans la population française.
 
Morceaux choisis :
Il y a effectivement des choses à revoir. Il faut moderniser le carnet de circulation en renforçant sa sécurité et en créant un fichier des gens du voyage comportant la photographie, les empreintes digitales et si possible l'ADN. Il faut rendre applicable la confiscation des véhicules ayant envahi un terrain privé ou public d'une commune conforme au schéma départemental. Il faut supprimer les allocations sociales des gens du voyage qui s'installent de manière illicite. Il faut mettre les moyens pour surveiller les rassemblements. Et il faut doter les forces de sécurité de moyens non létaux permettant de neutraliser les émeutiers. La société Taser possède une cartouche pour fusil à pompe qui paralyse. Qu'elle soit en dotation.
Pendant trop longtemps les lois n'ont tout simplement pas été appliquées pour maintenir une apparente paix... Tous les gendarmes savent bien que le nombre de cambriolages augmentent avec l'arrivée des "gens du voyage" ... Il faut bien payer la caravane et le véhicule que la tracte, c'est pas avec le rmi qu'ils le peuvent... Il serait temps de rechercher la provenance des fonds... Ce qu'il faut c'est une application des lois et règlements existants, l'arsenal juridique existe mais il n'est pas appliqué.
Tout est dit : y en a marre d'être emm.... par des petites communautés qui nous pourrissent la vie ; dans notre commune une magnifique aire d'accueil a été réalisée (obligation légale) pour plus de 200 000 € et quelques mois après son ouverture : tout est désolation : sanitaires, etc ... volés, etc... etc... Ce n'est pas possible d'accepter ceci car c'est nos impôts. Qui va avoir le courage de les mettre dans le droit chemin ? A tout prix ?
[source - les noms des auteurs ont été retirés par charité chrétienne]

Notez au passage le peu de zèle dont font preuve les modérateurs du Point au sujet de cet article. 
Mais après tout, laissons-les faire, il ne s'agit "que" des gens du voyage. 


Ce que les commentateurs peu avisés du Point semblent ignorer, c'est que les gens du voyage sont une catégorie de la population d'ores et déjà extrêmement contrôlée puisque soumises aux dispositions de la loi n°69-3 du 3 janvier 1969 qui prévoit notamment les obligations suivantes :
Article 2 
Les personnes n'ayant ni domicile ni résidence fixes de plus de six mois dans un Etat membre de l'Union européenne doivent être munies d'un livret spécial de circulation délivré par les autorités administratives.
Les personnes qui accompagnent celles mentionnées à l'alinéa précédent, et les préposés de ces dernières doivent, si elles sont âgées de plus de seize ans et n'ont en France ni domicile, ni résidence fixe depuis plus de six mois, être munies d'un livret de circulation identique.
Les employeurs doivent s'assurer que leurs préposés sont effectivement munis de ce document, lorsqu'ils y sont tenus.
Article 3
Les personnes âgées de plus de seize ans autres que celles mentionnées à l'article 2 et dépourvues de domicile ou de résidence fixe depuis plus de six mois doivent, pour pouvoir circuler en France, être munies de l'un des titres de circulation prévus aux articles 4 et 5 si elles logent de façon permanente dans un véhicule, une remorque ou tout autre abri mobile.


Article 4 
Lorsque les personnes mentionnées à l'article 3 justifient de ressources régulières leur assurant des conditions normales d'existence notamment par l'exercice d'une activité salariée, il leur est remis un livret de circulation qui devra être visé à des intervalles qui ne pourront être inférieurs à trois mois par l'autorité administrative. Un livret identique est remis aux personnes qui sont à leur charge.

Article 5 
Lorsque les personnes mentionnées à l'article 3 ne remplissent pas les conditions prévues à l'article précédent, il leur est remis un carnet de circulation qui devra être visé tous les trois mois, de quantième à quantième, par l'autorité administrative.
Si elles circulent sans avoir obtenu un tel carnet, elles seront passibles d'un emprisonnement de trois mois à un an.


Article 6
Les titres de circulation ne peuvent être délivrés aux personnes venant de l'étranger que si elles justifient de façon certaine de leur identité.
La validité du livret spécial de circulation prévu à l'article 2, des carnet et livret prévus aux articles 3, 4 et 5, doit être prorogée périodiquement par l'autorité administrative.
Article 7

Toute personne qui sollicite la délivrance d'un titre de circulation prévu aux articles précédents est tenue de faire connaître la commune à laquelle elle souhaite être rattachée.
Le rattachement est prononcé par le préfet ou le sous-préfet après avis motivé du maire.
L'existence de formalités si contraignantes, à la charge d'individus qui pour la plupart sont français (à l'exception de ceux visés à l'article 6 précités) est déjà une anomalie. 

Accepteriez-vous, sédentaires qui me lisez, d'être contraints de faire viser votre carte d'identité par les autorités au moins tous les trois mois sous peine d'emprisonnement ? 
N'auriez-vous pas l'impression permanente d'être un suspect en puissance ?  

La loi est nécessairement le miroir de la société dans laquelle elle trouve à s'appliquer. 
Ces contraintes exercées à l'encontre des gens du voyage sont le reflet de notre propre défiance à l'égard de ceux qui vivent différemment de nous. 

J'ai la faiblesse d'y voir une discrimination à la fois banale et légale, qui m'est  d'autant plus insupportable qu'elle est généralement acceptée, un peu comme si les évènements décrits dans le récent Liberté les choses n'avaient que peu changé. 
En avril dernier, l'union européenne appelait ses états membres "à utiliser davantage les moyens de l'Union pour favoriser l'intégration des Roms dans la société".
Il semble bien que la France a choisi de rester sourde à cette nécessité...
Et je le répète, voilà qui me met très en colère.

La Burqua est un coup politique permanent

. 8.7.10
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L'annonce a été faite hier soir, et passerait presque inaperçue alors que chacun se passionne pour le feuilleton de l'été qui met à l'affiche le couple improbable Worth Bettencourt :  
Le patron des députés UMP, Jean-François Copé, a créé la surprise en annonçant la saisine du Conseil constitutionnel. Il veut que les sages examinent la loi sur l’interdiction du voile intégral. Une manière de légitimer la démarche.
Le pari est risqué. Jean-François Copé veut que le Conseil constitutionnel examine la loi sur l’interdiction de la burqa avant sa promulgation. "Une bonne manière de clore les polémiques", pour le patron des députés UMP.
Le président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a confirmé qu’il saisirait les sages pour "lever toute incertitude" sur la constitutionnalité de l’interdiction générale du voile intégral. Une démarche qui sera effectuée après l’adoption de la loi. [source]
Passons rapidement sur le débat sur l'interdiction qui ne m'intéresse que très peu.  Si 'l'on tient vraiment à interdire un vêtement il me semble que l'on devrait plutôt commencer par ça :

 

D'ailleurs, comme l'a démontré Imane  il n'y a pas si longtemps, le problème ce n'est pas tellement le Niqab ; mais le regard qu'on y porte
Oublions donc quelque instants l'objet de cette loi qui n'est pas de grande importance quant à la vie de l'immense majorité des français.
Ce qui me parait important à l'instant ce sont les circonstances de la saisine du conseil constitutionnel qui marquent   selon moi un 0un changement nécessaire car inévitable des mœurs politiques dont les effets devraient se faire vigoureusement ressentir dans les prochaines années.

D'ordinaire,  le conseil constitutionnel est saisi par les adversaires d'un texte, et non par le camp qui en est à l'origine.
Mais le contexte a changé. 
Les étudiant sen droit l'ont appris dès la première année de fac : le contrôle de la conformité des lois à la constitution s'exerce en principe "à priori" et "'in abstracto".(conformément aux article 60 et 61 de la constitution)
Pire, il est facultatif, ce qui signifie que sauf saisine du conseil constitutionnel rien n'empêche le parlement de faire rentrer dans le droit français des textes qui violent allégrement sa constitution.

Nicolas Sarkozy connaît bien la question pour avoir été l'artisan de nombreux textes de ce type, notamment en matière de sécurité. 
Il est donc étonnant de constater qu'il aura lui-même été à l'origine de la la loi constitutionnelle n° 2008-724 du 23 juillet 2008 qui a introduit dans notre droit la question préjudicielle de constitutionnalité.
Accordons-lui au moins cela, cette réforme restera à la fois comme un in contestable succès de Nicolas Sarkozy et une véritable avancée en matière de protection des droits.

Je  vous en parlais il y a de cela quelques jours, depuis l'entrée en vigueur de ce recours, plus aucune disposition inconstitutionnelle n'est à l'abri de la censure.
  

 [photo]
Cela avait d'ailleurs amené Patrick Devbedjian à déclarer il y a plusieurs mois que 
"Le Conseil constitutionnel a de plus en plus tendance à vouloir faire la loi en lieu et place du Parlement" [source]
Aussi pénible que cela soit pour moi de le reconnaître, sur ce point Devedjian a raison. 

Et cela, Jean Francois Copé l'a bien compris.
Depuis des mois l'homme a fait de la question de la Burqua un vigoureux combat politique qui vise bien moins à faire voter une loi qu'à le positionner stratégiquement sur l'échiquier politique.

Or, à présent qu'existe la question prioritaire de constitutionnalité Jean Francois Copé sait bien que le projet de loi sur l'interdiction de la dissimulation du visage dans l'espace public ne saurait d'une manière ou d'une autre échapper au contrôle du conseil constitutionnel. 
Il ne s'agit donc pas ici de "lever toute incertitude" sur un texte dont la constitutionnalité a plusieurs fois été mise en doute que de mettre en avant une volonté politique de porter ce texte aussi loin que possible. 

Le "coup politique" est ici sans grand risque. 
Dans l'hypothèse improbable où le texte serait purement et simplement validé par le conseil Constitutionnel, ses artisans pourraient triompher. 
Dans le cas contraire, ils auront beau jeu de critiquer ce Conseil qui contredit les élus du peuple qui auront pourtant tout tenté...

Peu importe le résultat, il y a au moins une bonne nouvelle.
L'air de rien, nous venons de passer d'un système politique où chacun avait beau jeu de faire fi de la constitution à un état où nos parlementaires n'ont plus d'autre choix que de s'y confronter.

Champs de sons - Emil Abossolo Mbo [Theatre]

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Comme chaque année en cette période vous risquez de trouver dans ces pages quelques articles en rapport avec le festival d'Avignon classés sous la "tag" Festivalsons

Et pour bien commencer les choses, j'ai été voir jouer hier soir le talentueux Emil Abossolo  Mbo dont le nom ne vous dit probablement rien mais dont vous connaissez nécessairement le travail.
Pour avoir eu l'occasion de voir le bonhomme sur scène cet hiver, j'avais un à priori sacrément positif. 
Mais le comédien a toutefois réussi à m'impressionner.


"Chant de sons" est un spectacle exigeant. Pensez donc, un acteur seul sur scène deux heures durant qui enchaine d'un seul tenant chant, musique, poésie, exercices de styles et narration. 

Voilà qui suffirait à venir à bout de biens des comédiens. 
Mais la puissance du jeu d'Emil Abossolo Mbo entraine ces deux heures à un rythme effréné. 
Chant de sons, c'est un spectacle sur l'enfance, sur la vie ; sur l'Afrique aussi. 
C'est un objet à la fois riche et si cheangeant dans la forme qu'il me serait difficile de vous en parler sans rien trahir. 

Alors j'ai servilement dupliqué à votre intention ce qui s'en dit sur le site du théâtre : 

"Un jeune garçon passe les trois premières années de son enfance
Auprès du vieux Wintaka 
Son grand-père spirituel,
Son maître à vivre
Mais surtout, surtout, son meilleur ami.

Pour le vieux Wintaka
L’Univers tout entier,
Est un immense champ d’une beauté sans limites
Gorgé de sons tous plus magiques les uns que les autres
Alors pendant trois ans
Le jeune garçon apprend auprès du vieux Wintaka
Comment on peut créer des clés de sons

Avec lesquelles
On peut mettre sa vie en mouvement
De magnifique façon
Puis arrive
Le moment d’entrer à l’école publique…
… et le jeune garçon découvre
D’autres manières de concevoir l’Univers."


Avouez que le programme est alléchant non ? 
Certes, la forme en perdra quelques un en route (dès que l'on s'éloigne de la forme classique de la pièce théâtrale c'est inévitable) mais le spectacle mérfite vraiment qu'on s'y arrête
Mon  seul regret concerne l'heure, peut-être un peu tardive pour un tel spectacle. 
En somme, Chant de sons, c'est audacieux et bien joué. 
Allez-y !

Points de repère :
  •  La "fiche" du spectacle : sur le site du théâtre ou celui du festival "off"
  • Ou ?  Théâtre La Fabrik' situé  1 rue du théâtre - 84000 Avignon
  • Quand ? du 8 au 31 juillet (relâche le 25 juillet) à 22 h 15
  • Combien ? 16€ en plein tarif ou 11€  si vous investissez dans une "Carte off", tarif enfant : 8€  
  • Le plus : "le Jardin de la Fabrik" ou l'on peut boire un coup avant le spectacle (sans rire si vous passez dans le coin contactez-moi j'habite en face ;-)

    Autour d'un verre de plus [Fiction]

    . 2.7.10
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    Lorsqu'Elle est entrée dans le bar, j'égrainais les mots de cette voix douce et calme qui seule parvient à convaincre Lucie de m'écouter. 
    Et, je le sais bien, Elle ne se serait pas assise comme ça à coté de moi si je ne lui plaisait pas au moins un peu.

    Je l'aime bien Lucie, avec tendresse et douceur. 
    Cela doit faire un peu plus de dix ans qu'elle se prostitue à deux rues d'ici. 
    Je ne lui ai jamais demandé par qui ces dents cassées et ces brûlures qui lui creusent le visage lui étaient arrivées de peur que soudain elle renonce à ce petit sourire qu'elle m'offre lorsqu'elle me voit passer.
    Moi, en échange, je lui remplis à l'occasion ces formulaires auxquels elle refuse de comprendre quoi que ce soit. 

    J'étais en train de lui rédiger une aride déclaration de changement de situation à destination de la sécurité sociale lorsqu'Elle est montée sur le tabouret voisin dans un sourire. 
     
    Je devais avoir l'air d'un type bien à ce moment là.


    Très vite, Lucie est partie avec son formulaire et son petit visage brisé, et Elle en a trouvé prétexte pour entamer la conversation : 
    • "C'est bien ce que vous avez fait pour elle"
    • " Ce n'est pas grand' chose"
    • " Vous travaillez à la sécu ou c'est juste un passe temps ?"
    J'ai probablement rougi un peu au moment de répondre : 
    • "Je me passionne pour la paperasse depuis tout petit. A dix ans déjà je gribouillais sur les déclarations d'impôt de mes parents". 
    • " Ah ? Et sinon, comment gagnez-vous votre vie ?»
    • « Je vole les gens."
    Elle sourit avant de lâcher, mutine ; 
    • " Vous braquez des banques ?"
    • " C'est précisément l'inverse. Je ne vole pas la banque ; je travaille pour elle. Ceux que je pille ce sont les clients. "
    Cette fois elle opine dans moue bienveillante et me dit qu'elle voit de quoi je parle.
    Mais je n'ai jamais été aussi sérieux. Je comprends bien qu'elle pense que je fais de l'esprit, or elle se trompe. 
    J'ai les yeux plongés dans le noir sidéré de son regard, comme saisi de vertige et fasciné à la fois.
    Il n'y a plus rien autour, plus de distance pas de futur et moins encore de conséquences, alors je continue sans attendre.
    • "Je ne suis pas un banquier au sens qui vous vient immédiatement à l'esprit. Je ne suis pas celui qui vous propose de clôturer votre timide livret A au profit de ce PEA qui ne peut qu'évaporer vos économies. Je suis celui qui vient après, lorsque vous allez mal. C'est moi qui ferme le robinet, bloque chéquiers et carte-bleue avant de vous forcer à rembourser bien plus d'argent que vous ne pensiez en devoir ".
    Ça y est, je l'agace. Elle tourne la tête de droite et de gauche avec cette attitude de biche traquée qui cherche une issue. 
    Sa voix a déjà changé lorsque Elle m'interroge : 
    • "Vous travaillez au service du contentieux c'est cela ?"
    • " Si un jour un vous omettez de payer votre crédit immobilier deux mois de suite, c'est bien moi qui vous enverrai l'huissier. 

    Elle ne désespère pas de moi, et tente de me raisonner avec des balivernes trop entendues sur l'utilité de mon métier, mais Elle a tort. je suis déjà trop loin. 
    •  "Ce que vous devez comprendre, ce que j'ai tout intérêt à ce que vous ayez des problèmes. La banque a pris hypothèque sur votre maison à l'occasion du prêt. Nous sommes certains d'être payés. Mais vous, si vous avez un souci, vous n'avez pas idée de ce qu'il va vous coûter. Je commence par vous envoyer un lettre qui vous signifie la "déchéance du terme". C'est un moyen un peu plus élégant pour vous dire de rembourser le solde de votre prêt en une seule traite... et sous huit jours bien sûr. Mais ce n'est pas tout. Parce que votre contrat prévoit une indemnité de 7% sur ce que vous restez nous devoir. C'est drôle non ? Puisque vous avez du mal à payer, ça devient plus cher. Il ne faut pas croire, on a de l'humour. Et je ne vous ai pas encore parlé des intérêts moratoires. C'est drôle aussi les intérêts moratoires..."
    Au moment où elle se lève, je réalise seulement que je ne connais pas son nom.
    J'ai beaucoup trop bu mais je me fais servir un autre Martini alors que déjà elle s'éloigne. 
    J'ai finalement réussi à lui faire admettre ce que je ne sais que trop. 
    Je ne suis pas un type bien.