Les animaux derrière la porte [actu-fiction]

. 28.5.09
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Laika s'est lovée contre moi. Elle est comme ma sœur, même si on ne se ressemble pas. 
Je l'ai toujours connue, c'est elle qui me réchauffe lorsque j'ai froid le soir.


Elle est belle Laika, blonde et fine à la fois,  et son regard noir et joueur ne laisse personne indifférent. 
Et puis, c'est elle toujours elle qui s'occupe de mes plaies toutes les fois où Rex m'a trop cherché des noises. 
Rex, c'est un furieux qui ne cesse d'aboyer et de s'en prendre aux plus petits que lui. 
Je suis bien plus petite que lui. 

Pourtant c'est Rex qui fait régner l'ordre dans l'appartement. ; s'il n'était pas là les grands ne cesseraient de se battre et ce serait bien pire  pour nous les plus petits.
Sa force lui permet de décider de tout. 
Rex aimerait que nous croyions qu'il n'a peur de rien ni personne. Mais je vois bien ses yeux trembler lorsque résonnent les cris des animaux derrière la porte. 

Parfois, l'un d'entre eux pénètre dans la pièce. Moi qui ne suit pas courageuse je m'enfuis sous un meuble jusqu'à ce qu'enfin il se décident à s'en aller. 
Rex, lui, reste là et leur fait face pour donner l'illusion de  les dominer  aussi. Mais à bien y réfléchir que ferait il contre eux qui sont si grands ? 
Laika aussi a peur des animaux derrière la porte. Souvent, elle et moi on colle nos oreilles contre le bois pour les entendre.
Ils font des bruits étranges alors on invente des histoires pour leur donner un sens.



La porte s'ouvre, ils arrivent justement. 
Laika se lève d'un bond et s'enfuit sous le lit.
Je m'apprête à la suivre, mais il est déjà trop tard.

La plus proche m'attrape le bras et hurle des sons dont je en vois pas le sens.
"sé-uneuh-petitt-fi"
Je crois qu'elle parle de moi.


Demain dans la presse on pourra lire :
Une fillette russe de cinq ans, qui n'a apparemment vécu qu'avec des chiens et des chats depuis sa naissance, a été découverte dans un appartement de Tchita, dans l'est de la Sibérie, annonce mercredi la police.
"Pendant cinq ans, elle a été 'élevée' par des chiens et des chats et n'est jamais sortie de l'appartement", a précisé la police de cette ville à 6.000 km à l'est de Moscou.
La fillette, prisonnière dans l'appartement de ses grands-parents, était en haillons. Elle ne parle pas, mais aboie, et se comporte comme un chien, sautant sur les gens qui l'approchent. A cinq ans, elle paraît en avoir seulement deux.
L'appartement où elle a été découverte n'avait ni chauffage, ni eau courante. [source]

Mercredi on va bien rire à l'assemblée

. 26.5.09
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Je me suis probablement un peu emporté sur le titre. En fait mercredi 27 mai ce sont nos députés qui vont rire ; nous c'est moins sùr.

Telles que les choses sont prévues les parlementaires auront en effet à se prononcer ce jour là au sujet de deux authentiques grandes idées.

La première nous vient de Michèle Alliot Marie.
Le ministre de l'intérieur a une excuse ; elle peine à exister ces derniers temps, cernée qu'elle est au sein de cette UMP où chacun ne cesse d'y aller de son couplet sécuritaire. 
Quitte à se faire remarquer elle a donc choisi de  une valeur sûre : la lutte contre les chauffards, face auxquels décidément ; on ne fait jamais assez.
 
Le retour de la fille de la vengeance de la lutte contre les chauffards
Indéniablement il faut reconnaitre que la droite a beaucoup d'imagination en la matière...et aussi pas mal d'audace. 
Car il doit en falloir de l'audace pour ne pas hésiter à affirmer qu'il y aurait des "manques et des oublis à combler" dans les textes qui visent à réprimer la délinquance routière alors que les membres de la majorité actuelle n'ont cessé d'en voter depuis 2003 ! 

Il vrai toutefois que la cible est facile, le chauffard est un individu indéfendable n'est-ce pas ?
Le -toujours neutre- Figaro se fait donc un plaisir de lister dans son édition d'aujourd'hui les mesures destinées à réprimer un peu plus encore la délinquance routière. 
Florilège : [l'article complet est ici
  • En cas de conduite sans permis ou en cas d'excès de vitesse supérieur à 50 km/h "Le nouveau texte rend «obligatoire» la confiscation du véhicule, une sanction jusqu'alors laissée à l'appréciation du juge. Ce dernier gardera toutefois une marge de manœuvre. S'il ne prononce pas la confiscation, le magistrat devra motiver sa décision."
  • En cas de conduite sous l'emprise de l'alcool ou de stupéfiants, le véhicule pourra être confisqué. Une mesure qui pourra donc s'ajouter aux autres peines telles que des peines d'amende, de prison et pertes de points. Autre nouveauté : en cas de récidive, la confiscation sera là encore rendue «obligatoire». Autre cas de figure, le véhicule pourra être saisi si l'automobiliste refuse de se soumettre aux tests d'alcoolémie et de drogue.
Vous l'aurez noté, le principal objet du texte n'est pas de créer une nouvelle peine de confiscation mais bien de rendre obligatoire dans certains cas celle qui existe déjà à l'article  131-6 4° du code pénal.

Je m'arrête un instant. 
Le droit pénal repose notamment sur un principe d'individualisation de la peine. [pour la bible en la matière c'est ici] L'idée centrale de ce principe c'est que la loi ne peut pas connaitre les individus  à priori de sorte qu'une sanction ne peut être adaptée et efficace que si elle tient compte de la personnalité du condamné. 

Ce principe va totalement à l'encontre d'un système de peines "automatiques" tel que l'on veut progressivement nous l'imposer par le biais des peines plancher" ou de la suspension de l'accès à internet... 
Voilà pour le grand écart juridique.
Vous savez à présent que la systématisation des confiscations de véhicules ne poursuit pas qu'un but comptable.


Je passe rapidement sur la question du trafic de points...
Le figaro n'hésite pas à affirmer :
qu' "Aucune peine n'existe pour sanctionner cette pratique consistant à acheter des points à un automobiliste". [source]
Voilà donc une nouvelle mesure "sirocco" ;  juste bonne à brasser du vent.
Était-il réellement besoin d'un texte spécifique pour réprimer un "trafic de points" qui n'est rien d'autre qu'un usage de faux en écriture publique ?

Mais il y a mieux : 
"À la suite d'un accident mortel, l'automobiliste soupçonné d'avoir commis un excès de vitesse ou d'avoir à tort doublé une personne (…) pourra voir son permis suspendu durant 72 heures. Une mesure administrative suivie d'une suspension préfectorale allant jusqu'à un an. Aujourd'hui, la rétention et la suspension de six mois ne concernent que les dossiers d'alcoolémie, de stupéfiants et de grands excès de vitesse. «Il s'agit de combler un vide. Aujourd'hui, l'auteur d'un homicide involontaire pouvait conduire dès le lendemain dans l'attente de son jugement. Le préfet pourra donc lui interdire la route durant un an», précise-t-on." [même source]
"soupçonné", vous avez bien lu. 

Je m'arrête une seconde fois. 
Selon l'article 221-6 du code pénal
"Le fait de causer, dans les conditions et selon les distinctions prévues à l'article 121-3, par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de sécurité ou de prudence imposée par la loi ou le règlement, la mort d'autrui constitue un homicide involontaire puni de trois ans d'emprisonnement et de 45000 euros d'amende." [source]
Plus précisément l'article 121-3 du même code dispose :
Il y a également délit, lorsque la loi le prévoit, en cas de faute d'imprudence, de négligence ou de manquement à une obligation de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement, s'il est établi que l'auteur des faits n'a pas accompli les diligences normales compte tenu, le cas échéant, de la nature de ses missions ou de ses fonctions, de ses compétences ainsi que du pouvoir et des moyens dont il disposait.
Dans le cas prévu par l'alinéa qui précède, les personnes physiques qui n'ont pas causé directement le dommage, mais qui ont créé ou contribué à créer la situation qui a permis la réalisation du dommage ou qui n'ont pas pris les mesures permettant de l'éviter, sont responsables pénalement s'il est établi qu'elles ont, soit violé de façon manifestement délibérée une obligation particulière de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement, soit commis une faute caractérisée et qui exposait autrui à un risque d'une particulière gravité qu'elles ne pouvaient ignorer.
Il n'y a point de contravention en cas de force majeure. [source]
Pas besoin d'être juriste pour comprendre que ces textes sont à la fois très complexes et très restrictifs. En droit il   ne suffit pas d'avoir tué quelqu'un involontairement pour que l'homicide involontaire soit constitué. 

La mesure proposée par le ministre de l'intérieur qui vise à permettre au préfet du suspendre le permis de conduire d'un individu : 
  • qui a des chances sérieuses d'être relaxé lors de son procès
  • sans qu'un magistrat ait à se prononcer sur le sujet
a de quoi faire dresser les cheveux sur la tête... 

Exténués par l'examen de ces mesures les députés auront encore l'occasion de rire un peu grâce à l'idée de l'ineffable Frédéric Lefevbre.

Il faut Libérer les Français du droit du travail
Protocole oblige, je  ne passerai pas tant de temps sur Frédéric Lefebvre que sur le ministre de l'intérieur. 

Et puis vous savez nécessairement déjà quel sort Frédéric Lefevbre propose de réserver aux salariés en arrêt maladie : 
Le député UMP Frédéric Lefebvre annonce qu'il entend déposer un nouvel amendement visant à permettre aux salariés de recourir au télétravail pendant leur congé maladie. [source]
Frédéric Lefebvre aussi a de l'audace, il en faut là encore pour oser affirmer que le code du travail serait une entrave aux droits des salariés. 

Pourtant cette affirmation délirante n'est pas un si mauvais coup politique, comme beaucoup des interventions fracassantes de F. Lefebvre.

Ce député c'est un peu le "mauvais flic" que l'on rencontre dans les polars celui qui n'est là que pour mettre le suspect en condition. 
Son travail est d'incarner à plein temps les valeurs de la droite la plus décomplexée pour rassurer le socle de l'électorat Sarkozyste. 
C'est aussi de proposer les mesures les plus dures pour que le chef de l'État n'ait plus qu'à apparaitre dans une posture de médiateur. 


Qu'on se le dise, dans la machine UMP le rôle de Frédéric Lefevbre est d'apparaitre comme le molosse qui fait peur de sorte que demain lorsque sa mesure sortira, votée mais amendée, on puisse se dire qu'on est passé très près de la catastrophe sans prendre le temps de comprendre ce qui vient  réellement de se jouer. 

A demain donc. 
On va bien s'amuser. 

Etreintes Brisées [Critique]

. 25.5.09
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Certains films sonnent comme de vraies lecons de cinéma. Étreintes Brisées va encore au delà et résonne comme une authentique déclaration d'amour.
Présenté à Cannes il y a quelques jours le dernier long métrage de Pédro Almodovar est déjà sur nos écrans et c'est un vrai bonheur. 

Le cinéaste aime ses acteurs, et cela se voit.

Rarement Penelope Cruz aura autant été mise en valeur. Tour à tour rayonnante, séductrice, paumée et passionnée elle campe, actrice comme jamais,  un personnage mouvant, et émouvant qui ne laisse pas indifférent. 
 

 Dans Étreinte Brisées ce qui frappe tout d'abord c'est le soin particulier qui a été accordé à la photographie. Tour à tour rouges, mauve ou azur les pastels explosent littéralement à chaque image dans une composition qui joue à plein dans la narration. 

 

Étreintes brisées, c'est l'histoire d'Harry Caine, scénariste et écrivain aveugle. 
Seulement, Harry Caine ne s'est pas toujours appelé ainsi. Quatorze ans plus tot il était Mateo Blanco un réalisateur talentueux. 
Que s'est il passé il y a quatorze ans ?
Quel rôle le jeune Ray X qui vient à l'improviste sonner à la porte de Matéo a pu jouer dans cette histoire ?
Qu'est il arrivé à Lena l'actrice principale du dernier film de mateo ? 
Voila quelques une des question qu'aborde tout à tour un scénario complexe, et très écrit.
A travers celui-ci c'est une authentique mise en abime sur la condition de réalisateur qui apparait en filigrane, à travers laquelle Almodovar lie étroitement le cinéma à l'amour. 
 


Que dire de plus ? Ci ce n'est qu'Étreintes Brisées est un authentique beau film, de ceux qui vous accompagnent en sortant de la salle bien loin de s'oublier aussitôt.
Foncez-y. 

Où l'on parle comptables et jurés motivés

. 22.5.09
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Dire que le monde judiciaire a acceuilli la "commission Leger" avec frilosité tient juste de l'euphémisme.
Comment d'ailleurs aurait-il pu acceuillir autrement cette formalité concue sur mesure pour légitimer le voeur présidentiel de supprimer le juge d'intrcution ?

La récente "fuite" au sujet de ses probables conclusions en a donc surpris plus d'un. 


Il y a tout d'abord cette probable introduction d'une possibilité de "plaider coupable" devant la Cour d'assise afin d'obtenir l'assurance d'une peine plus basse va en effet à contre-courant des principes de la procédure pénale Francaise.


L'idée de condamner plus légèrement un individu parce qu'on est certain de sa culpabilité semble un peu absurde au premier abord. 
Mais en réalité ce n'est pas de la justice qu'il s'agit de rechercher l'interet de cette proposition de réforme mais bien d'un point de vue comptable. 


Ce n'est pas (seulement) moi qui le dit : 
L'objectif clairement affiché par les membres du comité est de "désengorger" la justice, en accélérant la phase d’instruction et le déroulement des audiences. Dominique Coujard, président de la cour d'assises de Paris et membre du Syndicat de la magistrature, y voit les signes d'une "réforme au rabais", dans laquelle "une logique gestionnaire l'emporte sur une logique de qualité". [source]

Voilà donc la proposition qui est faite à l'accusé : "laisser nous faire des économies sur votre procès, vous aussi vous prendrez moins cher". 


C'est étrange tout de meme comme à chaque fois qu'il s'agit de faire des économies c'est du coté des droits de la défense que l'on cherche à les trouver... 



Toutefois, il serait trop sévère de condamner en bloc les probables conclusions de la commission Leger.

A en croire l'auteur de la fuite, le rapport à venir contiendrait au moins une authentique avancée pour la justice Francaise : 
Le comité Léger recommande que les décisions des cours d'assises soient motivées. Ses membres ont beaucoup débattu sur ce point central de la procédure française. Les partisans du oui s'appuient notamment sur le fait qu'une motivation serait utile en cas d'appel - afin que le deuxième juge sache pourquoi le premier a ou n'a pas condamné. En début d'année, la Cour européenne des droits de l'homme a par ailleurs condamné la Belgique «pour défaut de motivation de l'arrêt de la cour d'assises». Certains, comme l'avocat Gilles-Jean Portejoie, souhaitent également battre en brèche, par le biais de la motivation, le principe même de l'«intime conviction».  [source]

Des arguments pratiques sérieux s'opposent à la motivation des arrets d'assises. 
A ce sujet je vous renvoie à "la motivation des décisions de la Cour d'Assises", l'excellent article de Monsieur Huyette, magistrat de profession qui explicite parfaitement la difficulté.



Mais en dépit de ces arguments la motivation des décisions de Cour d'Assises me semble nécéssaire. 
Du procès "Outreau" au procès "Colonna" on a pu récemment constater à quel point l'intime conviction sur le fondement de laquelle sont rendues les décisions en matière pénale va de paire avec le doute qui est un toujours un poison en la matière. 



En dépit des contraintes techniques qui teinnent à la présence d'un jury en matière criminelle il parait d'autant plus intenable de refuser que les arrets de Cour d'Assises soient motivés alors que la loi l'impose lorsqu'il s'(agit des décisions du Tribunal Correctionne. 
En effet : l'article 485 du code de Procédure Pénale dispose  :

"Tout jugement doit contenir des motifs et un dispositif.
Les motifs constituent la base de la décision.
Le dispositif énonce les infractions dont les personnes citées sont déclarées coupables ou responsables ainsi que la peine, les textes de loi appliqués, et les condamnations civiles. (...)
Juger les infractions les plus graves avec autant de rigueur et de transparence qu'on le fait pour les délits voilà ce que propose la commission Leger. 
Sur ce point, j'espère vraiment que ce rapport ne partira pas aux oubliettes.


L'Europe n'est pas partisane

. 20.5.09
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Au parlement Européen droite et gauche votent pareil
Depuis quelques jours on n'entend presque plus que cette rengaine. Au point d'ailleurs qu'Olivier Besancenot en a fait l'un de ses refrains de campagne. 
Quel intérêt dans ces conditions de voter pour l'un ou pour l'autre puisqu'en définitive ils ne s'opposeront pas ? 
Voilà une question perfide, à elle seule susceptible de sceller le sort des prochaines  élection européennes. A quoi bon s'intéresser à des élection sans enjeu ? 
Ce désintérêt pour le fond du débat est tel que même les spots publicitaires censés inciter les électeurs à se rendre aux urnes n'échappent pas aux critiques.
Cette question toutefois méconnait à mon sens tout à la nature profonde de l'Union Européenne et celle du parlement Européen.



Les états ont pour eux le sentiment national qui les cimentent ; ce qui n'est pas le cas de l'Europe. 
Par nécessité, l'Union Européenne s'est donc depuis l'origine bâtie sur de petits dénominateurs communs. 
Or, de la communauté du charbon et de l'acier au marché commun, il s'avère que ledit dénominateur a le plus souvent été de nature économique. 
Pas de quoi s'étonner de ne pas retrouver à cette échelle la dialectique partisane qui occupe nos politiques à l'échelle nationale. 
L'enjeu n'est ici pas le même : il s'agit de trouver des consensus pour parvenir à bâtir, et non de se battre pour ravir les commandes du pouvoir.

Cette spécificité se retrouve bien sûr au parlement européen. 
Les familles politiques y sont élargies, sur la même principe du petit dénominateur commun. 
Comment comprendre autrement d'ailleurs que le PS Français accepte d'y travailler avec, notamment, les travaillistes de Gordon Brown. (qui n'ont pas franchement la même ligne politique au niveau national, comme le rappelait Tony Blair l'année dernière...)

Il faut dire que le député européen assidu est un animal politique hors norme qui a accepté de siéger dans un enceinte qui est un répulsif à caméra notoire. 
Comment s'étonner dans ces conditions de voir apparaitre au parlement européen des textes de compromis propices au consensus plutôt que  ces arguties aussi stériles que chronophages qui font le bonheur des médias nationaux ?

Ce consensus qui dépasse les partis aboutit parfois à des résultats étonnants, tels le soutien inattendu de Benoit Hamon à Jacques Toubon évincé par l'UMP d'un parlement Européen où il n'avait parait-il pas ménagé sa peine. 




Les intarissables pourfendeurs de libéraux, qui appellent encore aujourd'hui à changer d'Europe feraient bien d'en tirer les leçons. 
Ceux qui souhaitent réellement "changer l'Europe" doivent accepter de rassembler, de proposer plus que de contester pour se mettre en position d'agir. 

Des projets clairs ; voilà probablement ce qui manque à ce scrutin. 
Bien malin il me semble qui pourrait résumer le programme des principales formations politiques à seulement un mois du vote.  

Pourtant, je crois intimement que nous aurions tout à gagner à participer massivement aux élections Européennes.
Le traité de Lisbonne qui a suivi le dernier référendum à démontré une volonté des états de "reprendre la main" à l'échelon Européen au risque de confisquer une certaine conception de la démocratie.

Voulons nous un parlement fort, représentatif et plus de démocratie à l'échelle européenne ? 
Préférons nous laisser l'Europe devenir une simple organisation supra nationale dominée par les états et au sein de laquelle parlement perdra peu à peu de cette influence qu'il tient du suffrage universel direct ? 
C'est aussi ce débat qui est en jeu le mois prochain. 

[Note de service] Agenda avant reprise des hostilités

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Mis à part quelques sympathiques réactions dans les commentaires c'était assez calme ici depuis quelques jours.
Pour tout vous dire depuis le premier Avril dernier mes conditions de travail ont un peu évolué. 

L'avocat auprès duquel je travaille comme juriste a décidé de modifier ses conditions d'exercice avant de m'embarquer dans sa valise... ce qui augmente d'autant mes responsabilités... et ma charge de travail. 
Le résultat est là, une bonne dizaine de notes d'actualité inachevées et vouées à le rester, quelques autres bien au chaud dans les tiroirs, pas mal de fatigue et encore plus de travail abattu.

Avant de reprendre le rythme des hostilités je ne résiste pas à l'envie de vous faire profiter de mon agenda de la semaine dernière :

Mardi 12 :
Je tombe par hasard sur un article qui me ferait presque revenir sur la sympathie que j'ai pour le Nouvel Obs.
Qui sont ces gens qui prétendent juger un homme d'après la marque de sa cravate ?
Le soir venu je prends un instant pour sortir de son tiroir cette cravate italienne en soie que des amis m'ont offert l'année dernière.
Note pour plus tard : penser à la tenir à l'écart de tout objectif photographique.

Mercredi 13 : 
La lecture des nouvelles du jour me fait passer d'un lien à l'autre, comme souvent. 
Il y a d'abord cette histoire incroyable qui pourrait faire un sacré film.  

Puis deux informations successives, pourtant pas de la première fraicheur, me sautent aux yeux.
Un historien tente de réfuter l'authenticité du célèbre buste de Néfertiti alors qu'Eco 89 démonte le mythe récent du Moleskine.
Je n'ai pas l'âme d'un conspirationniste. Mais, un instant, je me dis qu'on n'est jamais vraiment sûr de rien, et cette idée me plait assez.


Jeudi 14 : 
Jour de rendez-vous. 
Un client m'interroge au sujet des hélicoptères qui patrouillent au dessus de Tarascon.
Il me fait remarquer que ce dispositif est habituellement utilisé lorsque se produit une  évasion au centre de détention voisin.
J'acquiesce distraitement, pressé de retourner dans mon bureau.
Lorsque je traverse la salle d'attente une heure plus tard, le client est parti. Ses successeurs m'assaillent de question sur l'identité de l'évadé et son degré de dangerosité.
Depuis ils ont appris à se méfier des touristes allemands.

Pendant ce temps, la participation de Carrie Préjean  au concours Miss univers est confirmée. 
Je me dis que cette opinion publique qui n'a pas de scrupules à voter massivement contre le mariage Gay mais hurle au scandale lorsqu'une personnalité se prononce publiquement dans le même sens mérite de sacrés coup de pieds aux fesses.

Vendredi 15 : 
Premiers picotements dans le fond de la gorge.
Je réalise avec effroi que je n'ai jamais pris un jour de congé maladie de ma vie.
Mes dernières forces me permettent toutefois de me rendre jusqu'à mon futur bureau.
25 m² de superficie, une jolie vue sur le jardin ; je peine à réprimer une expression gourmande.

Samedi 16 et dimanche 18 : 
Tombé au champ d'honneur.
Je suis l'un des premières victimes de la grippe AAA51. (soit le numéro de série du climatiseur de mon bureau)
Huit paquets de mouchoirs en papier figurent aux rangs des dommages collatéraux.

Je redécouvre les joies d'un week-end passé sous la couette et devant la télévision.   
Entre deux somnolences je me laisse aller à regarder des films... inattendus.
Je crains quelque peu pour ma santé mentale.

Lundi 19 : 
J'ai bien avancé et me réjouis de profiter de ma "pause blogging" du midi.
D'autant qu'un excellent article paru dans le Monde m'inspire des commentaires amusés.
Le temps de traverser la route pour acheter une salade et je retrouve l'immeuble plongé dans le noir.
Au termes d'une brève inspection qui me conduit des compteurs électriques jusqu'au fenêtres du voisinage, je finis par comprendre que des salauds de grévistes m'ont coupé le courant.

Résigné, je plonge le nez dans ma salade puis dans un code civil.

Lorsque ma secrétaire arrive à 14h15 c'est son tour d'avoir une mauvaise surprise ; le courant vient d'être rétabli ; la sieste sera pour un autre jour. 
Salauds de grévistes ! 

Star trek [critique]

. 11.5.09
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Contexte et genèse
Star Trek est un franchise particulièrement riche, bien loin de l'image un peu ringarde qu'on lui prête bien souvent en France.
Pensez-donc ; les diverses séries qui se sont succédées entre 1966 et 2005 totalisent pas moins de 28 saisons. 
A cela s'ajoutent les 10 longs métrages qui ont précédé celui de J. J. Abrams, sorti il y a quelques jours sur nos écrans. 
C'est vous dire que cet univers particulièrement riche compte de très nombreux fans de par le monde. 
 
Pourtant, la franchise semblait éprouver de réelles difficultés depuis quelques années.
Indéniablement la série  Enterprise, n'a pas connu le même succès que ses ainées, au point de s'arrêter en 2005, au terme de 4 saisons mouvementées. 
Parallèlement le dernier long-métrage (Némésis) connaissait un relatif échec au box office.
  
Dans un cas comme dans l'autre l'origine des difficultés semblait la même :
  • un univers devenu si riche qu'il semblait rebuter les nouveaux venus
  • une communauté de fans pressante au point de rejeter toute atteinte au "canon"
Cette analyse difficilement contestable a poussé les producteurs à donner un grand coup de balai dans l'équipe créative, au point de se débarrasser de Rick Berman, pourtant adoubé par feu Gene Roddenberry (le créateur de la série) et gardien de la franchise depuis plus de vingt ans.

C'est dans ces conditions que le très populaire J. J. Abrams a été chargé de relancer Star Trek par le biais d'un retour au source sensé attirer de nouveaux spectateurs peu au fait de la continuité tout en remettant sur le devant de la scène les personnages originaux mondialement connus.

Moi même fan assumé de la franchise, c'est vous dire que j'attendais  ce dernier avec un mélange d'impatience et d'inquiétude. 



L'histoire
C'est l'histoire d'un retour aux sources qui est à la fois une boucle qui se ferme. 
Nero, un Romulien venu du futur (précisément de la période à laquelle se déroulaient les derniers films) détruit le vaisseau de la Fédération qui transporte les parents de James T. Kirk. Grâce au sacrifice de son père celui-ci  et sa mère sont sont sauvés de justesse.
Cet évènement cependant va tout changer.
Devenu un jeune adulte, James Kirk intègre l'académie de Starfleet dans des circonstances bien différente de celles qui ont été relatées dans la série originale. 

C'est là qu'il rencontre ceux qui formeront plus tard le célèbre équipage de l'USS Enterprise. 
Mais Nero n'est pas le seul rescapé de la trame temporelle originale ; l'ambassadeur Spock a lui aussi débarqué du futur pour contrecarrer ses plans. 



Impressions
Ce Star Trek a incontestablement deux lectures selon que vous êtes ou non un familier de la franchise.
Dans la négative vous y trouverez un film extrêmement sympathique et divertissant, à la fois drôle, rythmé et visuellement impressionnant. 
Les scénaristes se sont clairement amusés à écrire des variations des personnages originaux à la fois plus modernes et moins monolithiques. 

Dans le même temps, ils ont manifestement pensé le scénario comme un message adressé aux fans. Des citations tirées des films et séries précédentes (le "je suis et je serai toujours votre ami" de Spock au jeune Kirk tiré de Star Trek II arrachera une petite larme à tous les fans) aux références choisies (la séquence d'escrime de Sulu) le script n'oublie personne. 
Cette accumulation sonne un peu comme une manière de montrer que les nouveaux venus n'ont pas l'intention de jeter aux orties le travail de leurs prédécesseurs.

L'histoire elle même entièrement basée sur l'idée que la trame temporelle dans laquelle la franchise s'est déroulée jusqu'ici a clairement été effacée par Nero est paradoxalement un moyen d'intégrer ce film dans la continuité, tout en adressant un message clair aux fans : "star Trek ne sera plus jamais ce que vous avez connu". 

Par le passé, j'ai souvent trouvé les films de J. J. Abrams inutiles, creux et maniérés. 
Cette fois, je ne peux que saluer le brio avec lequel il a su fédérer autour de ce film. 
Au final le Trekkie en moi est heureux de voir l'enthousiasme qui renait autour de la franchise et mélancolique déjà à l'idée de la période qui s'est achevée. 
Snif. 

Les obèses prendront le train

. 7.5.09
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Il y a ceux qui communiquent sur leur intention de taxer les obèses pour mieux les écarter et ceux qui leur proposent l'asile. 

Sacrés publicitaires !

Polarisation des créateurs et internautes

. 5.5.09
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Il y a quelques jours Le Monde publiait des extraits d'une lettre ouverte adressée par différents artistes à Martine Aubry au sujet du projet de loi relatif à la protection de la création sur internet, désormais fameuse sous le sobriquet "Hadopi". 
Ils considèrent qu'en s'"opposant à ce que des règles s'imposent aux opérateurs télécommunications (comme vous les aviez imposées naguère aux opérateurs de télévision et de radio) pour qu'ils cessent de piller la création", le PS vient "de tourner le dos de manière fracassante" à ce qu'ils appellent leur "histoire commune", qu'ils caractérisent par "le refus d'un ordre purement marchand", "la protection du faible contre le fort. En particulier pour la culture."
Je ne commenterais pas le détail de ces propos, puisque l'amie Lousia a dégotté chez Hervé Resse une exégèse sagace  qui mérite le détour

Pour tout dire, j'ai failli laisser un commentaire chez l'un ou l'autre, mais je crois utile d'apporter ma pierre à l'édifice car il me semble apercevoir dans cet épiphénomène le symptôme d'une tendance à la polarisation du débat qui mérite qu'on s'y arrête.

Oui. S'il est un domaine dans lequel nos gouvernants excellent c'est la polarisation du débat
Fumeurs contre non fumeurs.
Public contre privé.
Grévistes contre usagers...


L'intérêt n'est pas tant de diviser mais de rendre toute contestation inaudible par l'illusion d'un consensus objectif.
Prenez ce projet de loi récent qui veut faire entrer l'inceste dans le code pénal,  il est incontestablement inutile et va compliquer sans raison le code pénal. 
Or  vous ne trouverez pas un seul député pour s'y opposer publiquement.
Dans l'état actuel du débat politique pas un député  ne prendra le risque de se voir objecter, qu'en s'opposant à se texte il se range du coté des délinquants sexuels, ce qui serait pourtant idiot dès lors que l'inceste n'a pas besoin de ce texte pour être pénalement sanctionné.

Le leitmotiv du gouvernement depuis son arrivée au pouvoir à été "La réforme". et tous ceux qui s'y sont opposés se sont vus traiter tour à tour de corporatistes et de réactionnaires.   
Dans les faits, la plupart d'entre eux ne contestaient pas le principe de la réforme, mais bien ses modalités.
Mais peu importe, le temps d'un discours, puisque de Réforme il n'y en a qu'une possible...

A mon sens, la lettre de ces artistes est une illustration manifeste de cette polarisation. 

Pourtant contester la loi "pour la protection de la création sur internet" ce n'est pas nécessairement vouloir encourager le piratage.

Le problème est plus complexe et mérite qu'on l'aborde d'une manière plus intelligente.  
En se posant de vraies questions. 
  • Cette loi est elle adaptée au problème ?
De nombreux intervenants ont tenté de répondre à cette question, et la majorité d'entre eux s'accorde pour répondre par la négative. Les amoureux de la création tout autant que les partisans de la liberté.
  • Est elle suffisamment équilibrée ?
La réponse à cette question ressort des termes mêmes  de l'exposé des motifs de la loi :
C'est donc la persistance d'un piratage massif qui demeure aujourd'hui le principal obstacle à l'essor de la distribution légale de films, de programmes de télévision ou de musique en ligne et à la juste rémunération des créateurs et des industries culturelles.
Ça c'est la postulat de départ.
Je m'abstiens volontairement de glauser sur l'absence de démonstration d'un lien de causalité entre la baisse des ventes et le piratage ou sur la question de l'intérêt et la qualité des œuvres proposées ; cela a déja été fait en d'autre lieux.

D'autant que le plus croustillant arrive :
Pourtant, les sanctions de ce comportement existent, sur le fondement du délit de contrefaçon : jusqu'à 300 000 € d'amende et jusqu'à trois ans de prison.
On ne saurait donc prétendre, comme le fait la lettre publiée dans le Monde que les détracteurs du projet de loi "Hadopi"...
s'"opposent à ce que des règles s'imposent aux opérateurs télécommunications (comme vous les aviez imposées naguère aux opérateurs de télévision et de radio) pour qu'ils cessent de piller la création" [source]
... puisque précisément  ces règles existent.  
Seulement, d'après l'exposé des motifs  de la loi :
 elles apparaissent inadaptées, de même que la procédure judiciaire, au cas du piratage ordinaire. Celui-ci est commis sur une très grande échelle par plusieurs millions d'internautes, souvent inconscients du caractère répréhensible de leurs actes. Les ayants droit hésitent ainsi à emprunter la voie de droit qui leur est ouverte, qui pour cette raison n'est utilisée que très ponctuellement.
Je récapitule.
Le piratage est d'ores et déjà interdit. 
Un dispositif répressif existe. 
Mais il serait si compliqué que les victimes hésitent à l'employer


Je m'arrête un instant. 
Imaginons que je me fasse agresser dans la rue. 
Compte tenu de mes piètres talents dans le noble art de la bagarre il y a fort à parier que je me fasse rapidement dépouiller et réduire à l'état d'osselets. 
Pour moi la procédure ne sera pas trop compliquée. Il me parait d'ailleurs peu probable que j'hésite à l'utiliser...  
Mais je triche, je suis un professionnel du droit. 

Admettons donc qu'il y ait des catégories de victimes qui pourraient légitimement "hésiter" à employer les voies de droit qui sont ouvertes à chacun...

D'autant que la suite de l'exposé des motifs n'est pas moins savoureuse : 
Il n'en demeure pas moins que l'internaute pirate peut aujourd'hui se trouver traduit devant le tribunal correctionnel. Et de telles procédures auraient vocation à se multiplier si les créateurs et les entreprises qui les soutiennent devaient constater que les pouvoirs publics renoncent à mettre en place une solution alternative, à la fois mieux proportionnée à l'enjeu et plus efficace - car praticable sur une grande échelle.

Une solution alternative à la fois mieux proportionnée à l'enjeu et plus efficace car praticable sur une grande échelle.

Amis créateurs tout est dit. 
La seule vocation de ce projet de loi est d'instaurer un système répressif d'exception qui échappe aux tribunaux classiques de manière à rendre toute contestation impossible. 
Erreur me direz vous. Le projet de loi permet un recours devant le tribunal administratif... 
Peut être, mais ce que les auteurs du projet ont oublié de vous dire c'est que : 
  • ce recours n'est pas suspensif 
  • il faut plusieurs années (deux à trois ans en moyenne à Marseille) pour obtenir une décision au fond devant le Tribunal Administratif.
J'ai donc exagéré. Le projet de loi permet la contestation, mais la rend simplement vaine...
Sans rire, vous vous risqueriez à payer un avocat plusieurs milliers d'euros pour obtenir une décision qui constate votre bon droit après que vous ayez purgé la peine ? 
Amis créateurs, vous êtes artistes vous avez de l'audace.  
Admettez que l'on puisse s'opposer à une loi nuisible sans pour autant souhaiter tout à la fois votre ruine et l'insouciance aux pirates. 

C'est aussi cela votre travail d'artiste ; voir la richesse et la subtilité du monde. 
Laissez les idéologies dichotomiques aux politiques.
Vous dites être restés de gauche.
C'est bien... 
Quant à moi j'essaie de rester un peu artiste.

Recherche campagne éléctorale desespérement

. 4.5.09
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Il ne vous aura probablement pas échappé que les éléctions européennes auront lieu dans un mois environ.
Dans la négative je saurais difficilement vous en vouloir.


Car à la lecture des titres de la presse en ligne du jour la période pré-électorale n'est pas d'une grande évidence.
Il faut dire que l'actualité est brûlante...
  • Le Figaro s'attriste :

  • Qu'il s'agisse de la grippe ou de Monsieur Dream le Monde et 20 Minutes sont en mode "Viral" :

  • Quant à la rédaction de Libération  elle prépare déjà les présidentielles de 2012 sur le ton de la revanche :

Voila donc une merveilleuse occasion de saluer la courtoisie des médias.
Puisqu'il parait que les élections européennes n'intéressent pas les français qui considèrent majoritairement qu'elles "ne vont pas changer quelque chose à la situation actuelle de la France" il serait on ne peut plus grossier des les ennuyer avec ca...

Pour reposante qu'elle soit la situation a toutefois des inconvénients.
Prenez le pauvre Claude Guéant par exemple. 
Lui qu'on supposait pourtant bien informé de la chose politique vient seulement de découvrir ces listes "anti-sionistes" de Dieudonné qui m'avaient tant ému il y a déjà six semaines.
Il s'indigne tout d'abord du fait que :
"les citoyens français vont participer au financement de listes qui professent de telles attitudes" [source]
Je veux bien qu'on se pose ce genre de questions... 
Mais alors bientôt il faudra aussi demander à un électeur de François Bayrou s'il apprécie de participer au financement des listes d'Olivier Besancenot.
Ça pourrait devenir gênant à force. 
Il a ensuite précisé :
"Une liste peut se présenter si elle est conforme à toutes les spécifications juridiques. Si elle tombait sous le coup de la loi, elle ne pourrait le faire", a-t-il expliqué. "Une étude est en cours pour voir si une telle liste (...) peut juridiquement se présenter". [même source]
Là encore je veux bien... 
Mais  alors il faudra peut être aussi s'intéresser de près aux propos des membres des listes du Front National ou du Parti de la France (fondé par Carl Lang). 
Ça risque de prendre du temps et de poser quelques problèmes... 
A moi il m'avait semblé que les meilleures armes dont dispose la démocratie pour lutter contre ce qu'elle juge inacceptable ce sont le débat et la sanction du suffrage universel.
Mais je peux me tromper.


D'ailleurs cela contraindrait les parti(e)s en présence à débattre sur le fond ; or souvenez-vous ; les élections européennes ca n'intéresse pas les Français.

D'autant que d'un point de vue politique il est tellement plus productif d'occulter la question Européenne pour ne jamais débattre des questions de société qu'au  niveau national.    
Peu importe  que dans les faits environ la moitié de l'agenda du parlement consiste à "transposer" en droit Français des  normes décidées à l'échelon européen.
 
Souvenez-vous l'été dernier, lorsque le Parlement Français s'est prononcé au sujet des OGM.
L'opposition a pu "marquer le coup" José Bové en tête et lancer un grand débat qui a intéressé la France entière. 


Pourtant, ce débat était aussi stérile que vain dès lors qu'il ne s'agissait que de transposer la directive communautaire 2001/18/CE du Parlement européen et du Conseil en date du 12 mars 2001, relative à la dissémination volontaire d'organismes génétiquement modifiés dans l'environnement. 

Il y avait d'ailleurs urgence à transposer cette directive, puisque la France qui était tenue de le faire au plus tard le... 17 octobre 2002, ne cessait d'être condamnée à des pénalités financières du fait de son retard.

Voilà un débat qui a mobilisé l'opinion publique, les politiques et l'ensemble de la presse... alors qu'il avait été tranché quelques 8 ans plus tôt.
Si tous ceux-là s'étaient mobilisés sur le sujet lors des élections européennes de 1999 les choses se seraient peut être passées autrement.

Seulement, à l'époque déjà ca n'intéressait pas les Français