La loi sur l'inceste brasse-t'elle du vent ?

. 30.4.09
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La majorité nous a habitués à prendre une loi à chaque fait divers de grande ampleur. 


Pour donner l'impression d'agir efficacement en ces temps de crise où la parole du politique en prend un sacré coup ; la tentation est grande de faire adopter des lois Sirocco ; juste bonnes à brasser du vent, qui n'ont d'autre but que de mettre  une "réforme" consensuelle à l'actif de la majorité.  


C'est en tout cas ce que je me suis dit lorsque j'ai entendu pour la première fois évoquer cette récente loi sur l'inceste.


'Tout d'abord parce qu'en fait de consensus cette loi est un exemple, comme le précise d'ailleurs un récent article du Monde. 
L'assemblée nationale a adopté, dans la nuit de mardi à mercredi 29 avril, la proposition de loi de la députée UMP Marie-Louise Fort pour mieux "prévenir, identifier et sanctionner l'inceste", notamment en l'inscrivant dans le code pénal.  Le texte a été adopté par 124 voix pour, aucune contre et 16 abstentions. La majorité (UMP et Nouveau Centre) a voté pour, l'opposition (PS, PCF, Verts) s'est abstenue. [source]
Aucune voix contre...
Un tel consensus n'est guère étonnant à première vue.
Si vous étiez parlementaire, vous seriez vous risqué à critiquer publiquement une loi qui pénalise l'inceste ?


Seulement, il ne vous aura pas échappé que l'inceste était déjà sanctionné en droit Français.
Dans ces conditions, il n'est tout de même pas illégitime de questionner l'utilité de cette loi.  


 [photo]

1- le cadre juridique préexistant
Contrairement à l'idée préconçue une absence de loi spécifique ne signifie pas le vide juridique...
La qualité rédactionnelle d'une loi se mesurent bien souvent  à sa capacité à s'adapter à des situations variées.


Prenez l'article 311-1 du code pénal qui pose la définition du vol, en voilà un qui est si bien rédigé qu'il n'a pas varié depuis deux siècles:
"Le vol est la soustraction frauduleuse de la chose d'autrui."
Il est si bien rédigé d'ailleurs qu'il semble inoxydable au point de s'adapter aussi bien au vol de pommes qu'au vol d'electricité  alors meme que celle-ci n'existait pas lorsque le texte a été ecrit.

Dans un tel cas, le législateur d'aujourd'hui aurait probablement fait voter une loi en urgence "pour combler un vide juridique" afin d'empècher que ne se reproduise un détournement d'éléctricité. Mais voilà que je me lance sur un autre débat...

Sans être explicitement nommé dans la rédaction actuelle du code pénal, l'inceste est d'ores et déja puni sous toutes ses formes, qu'elles soient assimilables à un "viol", où à "une agressions sexuelle". 

Le viol est défini à l'article 222-23 du code pénal qui dispose :  
"Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu'il soit, commis sur la personne d'autrui par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol.
Le viol est puni de quinze ans de réclusion criminelle."

Les (autres) agressions sexuelles sont quant à elles prévues et répriumées par l'artilce 222-27 du code pénal selon lequel :
"Les agressions sexuelles autres que le viol sont punies de cinq ans d'emprisonnement et de 75000 euros d'amende."
Le code pénal actuel a choisi une approche plus subtile que le texte spécifique  récemment voté par l'Assemblée puisqu'il a prévu : 
  • des circonstances aggravantes qui augmentent les peines encourues par les auteurs d'un viol ou d'un agressions sexuelle dès lors que ceux-ci ont été commis :  par un ascendant légitime, naturel ou adoptif, ou par toute autre personne ayant autorité sur la victime (agression sexuelle / viol )
  • une circonstance aggravante lorsque le viol a été commis sur un mineur de moins de 15 ans ou un personne vulnérable et un délit spécifique lorsqu'li s'agit d'une aggression sexuelle (agression sexuelle / viol)
L'ensemble de ce dispositif est l'un des plus repressif de notre code pénal. 
Etait-il vraiment besoin de le modifier ?  
2- Ce qui change, ou pas (dans la rédaction actuelle du texte)
Vous m'avez suivi jusque là, c'était technique mais nécéssaire. A présent cela va devenir drole ; 
Le paragraphe 2 bis de la proposition de loi crée un artilce 222-32-1 du code péanl selon lequel :  

« Sont réputés incestueux toute atteinte sexuelle et tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, commis sur un mineur par :
« 1° son ascendant légitime, naturel ou adoptif,
« 2° son oncle ou sa tante, légitime, naturel ou adoptif,
« 3° son frère ou sa soeur légitime, naturel ou adoptif,
« 4° sa nièce ou son neveu, légitime, naturel ou adoptif,
« 5° le conjoint, le concubin ou le partenaire lié par un pacte civil de solidarité de l’une des personnes mentionnées aux 1° à 4°


Jusqu'ici c'est clair, attendez la suite... 


Le texte prévoit en outre deux articles (222-32- et 3) pour le moins coquasses : 
« Art. 222-32-2. - Toute atteinte sexuelle incestueuse est une agression sexuelle.
« Art. 222-32-3. - Tout acte de pénétration sexuelle incestueux, de quelque nature qu’il soit, est un viol. »
Voilà donc à quoi se résume cette brillante initative parlementaire qui a occuppé les débats avant le si technique projet de loi relatif à la "Création sur Internet"... un simple glissement sémantique qui renvoie purement et simplement aux règles préexistantes 
Cela ne devrait en réalité pas avoir la moindre influence sur les décisions de justice qui seront rendues en la matière...

J'exagère un peu, le texte prévoit aussi des diispotitiosn en matière de prévention, de formation des magistrats et auxilliaires de justice mais aussi la rédaction par le gouvernement 
d'un rapport examinant les modalités d’amélioration de la prise en charge des soins, notamment psychologiques, des victimes d’infractions sexuelles au sein de la famille et analysant l’opportunité de la création d’aides spécifiques en matière d’éducation et de formation et du réexamen des critères sociaux afin de mieux intégrer les formes de handicap qui résultent de l’inceste [article 7]
La semaine prochaine on parlera du projet de loi proposant d'interdire le vol de pommes commis avec une cagoule dans le IX° arrodissement de Paris entre 20 heures et 23 heures.
Je m'arrète là... je vais probablement devenir moqueur...

La justice pénale à l'épreuve de la preuve

. 28.4.09
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S'il est un domaine dans lequel on n'a de cesse de réformer c'est bien la justice.
Le code de procédure pénale n'est pas en reste et voit chaque année un nombre conséquents de ses articles modifiés. 

Pourtant, la justice reste souvent incompréhensible au point que chaque jour on pourrait trouver un fait divers qui suscite l'émoi et l'interrogation de l'opinion.

1- Fabrice Burgaud et la causalité adéquate
Prenez la récente décision du Conseil Supérieur de la Magistrature qui a prononcé une réprimande à l'encontre du désormais célébrissime Fabrice Burgaud. 


Même le garde des sceaux a convenu que :
"beaucoup de Français auront du mal à comprendre une décision qui, dans une affaire aussi grave, prononce une sanction symbolique", mais souligne que le CSM " [source]
Notez au passage le raisonnement, Rachida Datri n'évoque pas la gravité de la faute, mais celle de l'affaire, ce qui montre à quel point elle a comprs la réalité de l'opinion.

Car si l'on se hasarde effectivement à comparer la sanction prononcée à l'ampleur du fiasco que représente l'affaire Outreau la sanction semble effectivement "décalée" et "incompréhensible" pour reprendre les mots de Phillippe Houillon député du Val d'Oise et rapporteur de la commission Outreau.

Seulement cette sanction n'a pas été prononcée eu égard au résultat obtenu mais a raison des fautes que le CSM a constatées dans l'instruction faite par Fabrice Burgaud alors juge d'instruction. 

Le raisonnement inverse, celui qui serait parti de la gravité de l'affaire pour en déduire une faute n'aurait pas simplement été idiot, il aurait été négligent, faute de considérer les nombreux autres magistrats qui sont intervenus dans cette affaire.

Certes Fabrice Burgaud est devenu un symbole, un bouc-émissaire bien pratique pour justifier la décision politique de supprimer le juge d'instruction.

Pour autant, cette réforme annoncée est elle à même d'empêcher qu'un tel fiasco judiciaire ne se reproduise ?
Certainement pas puisque les causes du désastre me semblent parfaitement extérieures à la fonction du juge d'instruction.
2- Les limites de l'intime conviction
Le droit pénal Français repose sur une conception quasi mystique de la fonction de juger et son code de procédure pénale semble véritablement obsédé par la "manifestation de la vérité". [recherchez ces termes ici vous verrez par vous mêmes...]
En droit pénal Français, tel le Christ à l'Église en pleine Eucharistie la vérité se manifeste au tribunal à l'occasion des débats.

Cette conception a une conséquence très immédiate sur la teneur de la décision puisque selon l'article 427 du code de procédure pénale :
Hors les cas où la loi en dispose autrement, les infractions peuvent être établies par tout mode de preuve et le juge décide d'après son intime conviction.
Le juge ne peut fonder sa décision que sur des preuves qui lui sont apportées au cours des débats et contradictoirement discutées devant lui. [via]

Mieux, en matière criminelle l'article 353 du code de procédure pénale précise : 
Avant que la cour d'assises se retire, le président donne lecture de l'instruction suivante, qui est, en outre, affichée en gros caractères, dans le lieu le plus apparent de la chambre des délibérations :
" La loi ne demande pas compte aux juges des moyens par lesquels ils se sont convaincus, elle ne leur prescrit pas de règles desquelles ils doivent faire particulièrement dépendre la plénitude et la suffisance d'une preuve ; elle leur prescrit de s'interroger eux-mêmes dans le silence et le recueillement et de chercher, dans la sincérité de leur conscience, quelle impression ont faite, sur leur raison, les preuves rapportées contre l'accusé, et les moyens de sa défense. La loi ne leur fait que cette seule question, qui renferme toute la mesure de leurs devoirs : " Avez-vous une intime conviction ? "."

Le "silence", le "recueillement", la "sincérité de la conscience", "l'intime conviction", voilà des termes qui à première vue évoquent bien plus la piété religieuse qu'un système judiciaire.



Pourtant c'est au regard de ce principe que sont rendues chaque jour des centaines de décisions sans que généralement cela ne déclenche une particulière émotion.
C'est sur la base d'une intime conviction de la cour d'assise que les Futurs acquittés d'Outreau ont été initialement condamnés par la cour d'assises de saint Omer.
C'est sur la base d'une intime conviction qu'Yvan Colonna a récemment été condamné par la Cour d'Assise.  
 
Pour quel résultat ? 

Une erreur dans le premier cas, une décision si incompréhensible pour l'opinion qu'elle en déclenche des manifestations et la perplexité des journalistes dans l'autre.
A ce stade, je ne peux m'empêcher de m'interroger -une question qui ne plaira ni aux politiques ni aux journalistes- et si la véritable maladie de notre justice pénale c'était son droit de la preuve ?


3- Vers un authentique système de la preuve légale ?

Et si plutôt que leur système accusatoire il fallait emprunter aux anglo-saxons leur système de la preuve légale, intellectuellement plus satisfaisant et tellement plus protecteur pour les prévenus, que notre système de la preuve morale ? 


Si vous ne connaissez rien à la matière j'attire au passage votre attention sur le déjà ancien mais toujours pertinent petit lexique incomplet de droit pénal à l'usage des impatients chez Diner's Room.
 
Voilà qui réduirait un peu la marge de manœuvre du juge pénal, qui serait contraint de motiver plus strictement sa décision, à l'instar de ce que fait déjà le juge civil.  
Certes un tel système aurait aussi le défaut de laisser passer un plus grand nombre de coupables entre les mailles du filet judiciaire ce qui ne correspond pas tout à fait à la ligne politique de nos gouvernants actuels... 


Mais si tel est le prix à payer pour obtenir une justice pénale tout simplement plus juste, il me semble que le jeu en vaut la chandelle.


Discrimination (commercialement) postitive

. 22.4.09
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S'il est un domaine où la discrimination positive existe depuis longtemps sans toutefois faire débat c'est bien le commerce. 
C'est ainsi que l'on voit apparaitre des opérations promotionnelles fondées sur ce concept, à l'image de celle récemment relancée par cet opticien qui offre à ses clients un pourcentage de réduction proportionnel à son age ?
Rien de choquant à première vue. Les cinémas, les musées et les transports en commun pratiquent déjà depuis longtemps une tarification différente en fonction de l'age.
Voila que je découvre -certes un peu naïvement- que des pratiques discriminatoires se multiplient de manière plus ou moins insidieuse et en tout cas plus critiquable.

Il y a quelques semaines, je découvrais avec un effarement mêlé d'agacement cette pratique de la Poste qui consiste à aiguiller l'attente de ses clients selon un système de ticket qui varie selon la nature de l'opération et donc de sa rentabilité supposée.

 [photo]

J'apprends à présent que certains songent désormais à employer des méthodes de bien plus grande envergure :
Ryanair n'est plus à une audace près. Après avoir envisagé de faire payer aux passagers l'accès des toilettes, la compagnie aérienne low cost réfléchit sérieusement à la possibilité de taxer les personnes souffrant d'obésité. Selon les résultats définitifs du sondage que la compagnie a lancé il y a quelques semaines auprès de ses clients, sur plus de 100.000 votants, la mesure a recueilli 29% de suffrages positifs. Une nouvelle consultation sur les moyens de mettre en œuvre cette mesure devrait être prochainement lancée. Au choix, la compagnie propose de faire payer les passagers dépassant un certain poids - 130 kg pour les hommes et 100 kg pour les femmes - ou ceux ayant un indice de masse corporelle (IMC) supérieur à 40, une personne étant considérée comme obèse au-delà de 30. Autres possibilités : facturer un deuxième billet aux passagers dont la taille «touche simultanément les deux accoudoirs», ou encore à ceux dont le tour de taille dépasserait 114 cm pour les hommes et 102 cm pour les femmes. [source]


Le quotidien rappelle aussi que la compagnie Air France, avait elle-même tenté en 2007 de facturer deux sièges à un client jugé trop corpulent pour n'occuper qu'une seule place s'était d'ailleurs vue sanctionner  par le TGi de Bobigny le 16.11.2007.
Il me semble toutefois nécessaire de modérer la portée de cette décision isolée .
D'ailleurs, à bien y regarder le tribunal n'avait pas condamné Air france du fait de la discrimination mais bien parce que la nécessité d'acheter un second billet du fait de sa corpulence n'avait pas  été prévue au contrat de transport  conclu entre elle et le passager. (P. 7 in fine du jugement)

Se dirige t'on vers une société où l'on facturera le transport des passagers "au poids"  au même titre que leurs bagages ?

Si je veux profiter de mes prochaines vacances, il va peut être falloir que je ralentisse sur les sandwiches.

Atteinte aux convictions politiques du Téléspectateur

.
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Gerald Dahan ne m'a jamais beaucoup fait rire.
Mais sa récente mésaventure me semble parfaitement absurde.

Vous l'avez probablement déjà lu ou entendu ici ou là :  
La régie publicitaire de France Télévisions a renoncé à diffuser un spot pour Sarkoland , dernier DVD de l'humoriste. La raison ? L'autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) a émis un avis négatif sur la publicité télévisée qui montrait sur la jaquette du DVD une caricature de Nicolas Sarkozy signée Cabu. [source]
La motivation de cette décision ?

Il s'agit de l'article 5 du décret N° 92-280 du 27 Mars 1992 [version d'origine, celle en vigueur] qui concerne exclusivement les "organismes du secteur public et des différentes catégories de services autorisés de télévision diffusés en clair par voie hertzienne, terrestre ou par satellite" et dispose : 
La publicité ne doit contenir aucun élément de nature à choquer les convictions religieuses, philosophiques ou politiques des téléspectateurs.
Entendu dans la Matinale de Canal + ce matin le président de l'ARPP a tenté une nouvelle fois de se justifier et m'a semblé confusément se référer à l'artilce 14 al. 2 de la loi  N° 86-1067 du 30.09.1986du  qui dispose que : 
Les émissions publicitaires à caractère politique sont interdites.
Je récapitule.
L'ensemble de ces affiches ne pose pas de problème :


Mais cette vidéo reçoit un avis défavorable au prétexte qu'elle risque de " heurter les convictions politiques du téléspectateur" : 


La différence entre elles ?

C'est très simple ; la seconde est destinée à la télévision.
Or le législateur a pris l'habitude d'encadrer très sévèrement la publicité à la télévision jugée potentiellement plus influente, et à ce titre plus dangereuse que lorsqu'elle est diffusée sur d'autres médias.

Pour autant l'article 5 du décret de 1992 est d'une portée très générale, fallait-il l'interpréter si strictement ?
De même peut-on réellement considérer que cette publicité a un caractère politique ?

S'il n'était une tendance actuelle à l'aseptisation de la publicité j'aurais pu croire que l'ARPP a simplement eu peur de déplaire au Prince.
Mais il parait que j'ai tendance à faire du mauvais esprit...

Ségolène Royal : construction en creux pour desert politique

. 20.4.09
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Deux fois. Cela fait deux fois en seulement quelques jours que Ségolène Royal s'excuse pour des propos tenus par Nicolas Sarkozy.
On comprenait assez aisément ses propos de Dakar qui ont réussi à renforcer sa stature internationale tout en déclenchant une polémique suffisante pour faire parler d'elle.
Le coup était en réalité très peu risqué, et ses propos difficilement discutables  si ce n'est sur la forme; sauf à vouloir défendre la thèse Élyséenne d'un homme africain pas assez entré dans l'histoire...

Mais lorsque Ségolène Royal croit devoir présenter une nouvelle fois des excuses à raison sur des propos certes vérifiés par Libération mais après les avoir sortis de leur contexte elle déclenche une polémique à l'occasion de laquelle il est bien difficile de la suivre sur le fond.

N'en déplaisent à certains, l'article de libération était clair et univoque :

 
[source Libération, via lePost]

Quant aux propos aussi familiers que maladroits de Nicolas Sarkozy, ils méritaient certes d'être publiés, mais probablement pas une telle exegèse. 


Dans ces conditions, et puisque je n'imagine pas que Ségolène Royal ait pu mal lire ou mal comprendre les propos de Nicolas Sarkozy je suis contraint de conclure que Ségolène Royal applique les recettes du show business faire parler d'elle à tout prix, peu importe à quel titre.


A la manière des ces chanteuses ou actrices qui accumulent les scandales pour rester en couverture des magazines pour tenter de ranimer l'electro-cardiogramme de leur actualité professionnelle Ségolène Royal semble chercher à masquer son absence de fond idéologique et politique par des démarches de pure communication. 
 


Depuis des années déjà Ségolène Royal a construit son image "en creux", loin de construire elle réagit et tente d'être le réceptacle de l'opinion en même temps que son miroir. 

Avec la "démocratie participative" elle prétendait nager à contre courant de la fonction essentielle du politique qui est de proposer la construction d'un modèle de société avant de fédérer autour de lui. 
C'est avant tout parce qu'il proposait un modèle de société certes individualiste et violent mais clair et cohérent que Nicolas Sarkozy à remporté cette élection.

A prétendre construire un programme électoral en fonction des attentes des gens Ségolène Royal n'a su proposer qu'un projet flou dans lequel personne n'avait au final l'envie de se reconnaitre. 

Elle même n'avait d'ailleurs pas hésité à renier son programme défunt quelques semaine seulement après sa défaite...
Nouvelle construction en creux, vous n'avez pas voulu de mon programme, c'est qu'il n'était pas bon...

Dans ces conditions, je ne crois pas que les excuses répétées de Ségolène Royal correspondent à une nouvelle stratégie. Elles ne sont à mon sens que le prolongement de son attitude passée. 
Cette fois Ségolène Royal entend se faire le réceptacle d'une pensée de centre gauche mais de la simple grogne anti-Sarkozy et se présenter comme son opposante la plus naturelle.

Si cette attitude s'avère payante à court terme -Ségolène Royal fait parler d'elle comme rarement- elle me semble toutefois dangereuse.

Tout d'abord parce qu'agir et parler en fonction de Nicolas Sarkozy c'est lui laisser la main et pire ; lui permettre d'exister à travers elle.

Ensuite parce que c'est oublier que le moment venu les Français ne voteront pas contre Nicolas Sarkozy mais  pour un projet qu'ils estimeront à même de lui succéder. 


Or à ce jour bien malin qui pourrait expliquer le projet de société de Ségolène  Royal...

Dans la brume éléctrique [critique]

. 19.4.09
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Dans la brume électrique est incontestablement un long métrage au destin étonnant.
Tourné par en Louisiane par Bertrand Tavernier mais servi par un casting Hollywoodien il hésite clairement entre les canons du cinéma américain et ceux du polar français.
 


Le personnage principal, Dave Robicheaux, (Tommy Lee Jones) est un vieux flic de New Ibéria (Louisiane) usé et contraint d'enquèter sur en tueur en série aux méthodes atroces.
Lorsqu'Elrod Sykes, (Peter Sarsgaard) la vedette du film tourné dans le marais voisin gràce à l'argent de Baby Feet Balboni, le parrain de la mafia locale (John Goodman) découvre un cadavre  c'est le passé qui lui revient par bouffées. 
Convaincu qu'il s'agit là de l'homme qu'il a vu abattre lorsqu'il n'était encore qu'un enfant Dave se décide à enquêter.
Or plus Dave fouille, plus le passé revient à lui, littéralement.  
 


Dans la brume électrique part d'un malentendu.
C'est ce qui explique le destin singulier de ce film, sorti directement en vidéo aux états-unis et dans le même temps primé aux festival du fil policier de Beaune.
Un serial killer, un filc droit aux méthodes discutables, des marais ; le film contient les mêmes ingrédients que Piège en eaux troubles, des ingrédient qui auraient pu en faire un thriller oubliable. 
Le coup de flair de Tavernier est d'avoir plutôt centré la narration  sur le personnage de Dave Robicheaux ; torturé, alcoolique, halluciné et hanté par son passé et de n'avoir pas hésité à faire passer souvent l'enquête au second plan. 
Il en résulte un film d'une réelle complexité, polar psychologique qui fait la part azussi belle à ses acteurs qu'à son décor brumeux.  
 
Aérien et clairement fantastique, "dans la brume éléctrique" porte réellement la marque du cinéaste Tavernier, voilà en quelque sorte un polar francais haut de gamme. 
Or c'est suffisamment rare pour mériter le détour...

[Brève] Justice d'avant garde

. 16.4.09
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Le Président du Tribunal de Grande Instance de Tarascon est un homme prévoyant. 
En effet j'apprends à l'instant que :
" dans la perspective d'une réponse judiciaire cohérente et unifiée aux procédures de conduite sous l'empire d'un état alcoolique et sous l'emprise de produits stupéfiants qui pourraient être diligentées à l'occasion de la FERIA de Pâques ", [qui se déroule en se moment même] une audience correctionnelle exceptionnelle à juge unique se tiendra le 15 juin 2009 à partir de 08 heures 30.
Ce qui est bien avec la justice pénale d'aujourd'hui c'est qu'elle prévoit déjà de juger les délits qui n'ont pas encore été commis.

Délinquants prenez garde ; " le futur vous rattrape" !

Faut il tuer parlementaires et journalistes ?

. 15.4.09
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[Oui, ce titre est honteux...]

L'ami PinkbOnO qui a assuré ici l'intérim alors que mes activités professionnelles me tenaient éloignées de ce blog vous a chroniqué les évènements qui ont présidé au rejet de la loi "Protection de la création sur Internet". 
ll vous a raconté les faits, et l'émotion aussi qu'à suscité cette nouvelle. 
Quelques jours plus tard, il est à peu près temps de passer des faits bruts et de l'émotion qu'ils suscitent à un semblant d'analyse. 

Car, si nous avons -pour l'instant- échappé à Hadopi ; la gorgone juridique que cette loi proposait de mettre en place ; ces évènements me semblent constituer les symptômes d'une presse malade et d'une représentation parlementaire à réformer en profondeur
Autrement dit les marques visibles d'une démocratie qui ne va pas franchement bien. 

1- le journalisme divinatoire
Oui, je crois fermement que certains médias pratiquent bien trop souvent le journalisme divinatoire. 
Comment qualifier autrement cet article du Point qui annonçait l'adoption de la loi "Protection de la création sur Internet" au moment même où les députés la rejetaient et qui se trouve toujours en ligne au moment où j'écris ces lignes ? 

 [c'est joli la divination, mais ca n'a pas l'air de marcher... ]
 
Je ne pense pas que l'on puisse résumer celui-ci à une simple bévue isolée.
Il me semble que nos journaux ont pris la désagréable habitude d'écrire sur des évènements avant qu'ils ne se produisent. 
 
Il y a d'abord ces biographies des personnalités dont le décès est probable que l'on garde sous le coude pour être certain le moment venu  d'être parmi les premiers à profiter de la ferveur morbide.
Il y a aussi ces rubriques  communes à nos magazines, intitulées "téléphone rouge" où encore "les Indiscrets" où s'amalgament les bruits de couloirs et les rumeurs. 
Où encore ces rumeurs de nomination qui font quotidiennement la une des journaux pour être démenties aussitôt... 
 
La tentation semble si grande d'être le premier à révéler les faits tels qu'ils vont se passer que certains n'hésitent pas à rédiger leurs articles presque entièrement au conditionnel...

Au delà de l'aspect nécessairement cocasse du phénomène il faut bien s'interroger sur son impact sur l'opinion. 
Car lorsqu'un journaliste écrit que la loi "Hadopi" a été adoptée, c'est qu'il est convaincu par avance que l'évènement est par avance certain. Or cette erreur, qui est aussi une vision biaisée des faits il la transmet nécessairement à ses lecteurs au travers de son article.

On s'est longtemps servi de l'opposition un peu vaine entre blogueurs et journalistes pour distinguer le professionnel de l'amateur.
Peut être s'est-on trompé de débat ?
La vraie question n'est elle pas de distinguer le travail d'opinion de l'éditorialiste  (qui peut être journaliste de formation) de ce qui relève de la pure information ?

Mais l'article du Point n'est en définitive qu'une anecdote comparée à l'évènement qu'est le rejet du texte par les parlementaires.

2- Des parlementaires coupés en deux
Il y a indéniablement un problème avec nos parlementaires. 
Tantôt fustigés par leur absentéisme dans l'hémicycle, tout aussi souvent critiqués pour leur éloignement de leur circonscription ceux-ci semblent voués à se couper en deux. 

Jean Francois Copé, qui connait plutôt bien le sujet semble d'ailleurs plutôt conscient du problème :
Il faut que les députés que nous sommes soient dans leur circonscription le vendredi, samedi, dimanche, lundi et à Paris mardi, mercredi, jeudi", a déclaré sur RTL le président du groupe UMP à l'Assemblée.
"Et nous allons, compte tenu de nos nouvelles responsabilités qui vont être effectives dans quelques semaines, réorganiser le travail en conséquence", a-t-il ajouté, évoquant la réforme à venir du règlement du Parlement. "Maintenant, il faut qu'on change complètement nos méthodes de travail". [source]
Effectivement... Mais je ne suis pas certain qu'un simple changement de méthode de travail suffise à éviter que ne se reproduise ce type d'évènements : 

[Via J'affiche]

Lors de la dernière réforme constitutionnelle je ne peux m'empêcher de penser qu'on a loupé le coche. 
 
Rêvons un peu... 

Puisque l'essentiel du problème provient du fait que le député est sans cesse contraint d'être à deux endroits (au moins) à la fois et puisque ma conscience m'interdit de couper les députés en deux il me semble que la solution réside dans un renforcement du role du député suppléant. 
Outre le député, on élit déjà un suppléant à l'occasion des élections législatives.
Serait-il vraiment choquant dans ces conditions que celui-ci puisse voter la loi au même titre que le député ? 
Cela permettrait à chacun de jouer pleinement son rôle, et d'opérer un véritable relais. 
Dans ces conditions, le député pourrait à sa convenance ménager du temps à passer lui même dans sa circonscription.
Au passage, il faudrait -bien sûr- interdire interdire le cumul des mandats.
Puisque le député n'a déjà pas assez de temps pour assumer sa fonction, cessons de le surmener...


J'arrête là mes rêveries... 
D'autant que je doute fort que mes idées plaisent beaucoup aux intéressés...

2009 après J-C, Hadopi, la résurrection, la gauche et l'Origami

. 10.4.09
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.
C
'était hier soir après que le web ait tremblé une fois encore dans l'attente d'un verdict prédit d'avance...

gameover
Parodie de démocratie et grand Guignol auront rythmé les plus de quarante heures de débats dans l'hémicycle.
Je le sais car pour la première fois d'une vie presque apolitique, comme beaucoup j'ai suivi le mauvais Vaudeville depuis le streaming de l'Assemblée Nationale, témoin frustré, rageant de paroles parfois délirantes, insensées souvent.

Je ne reviendrai pas sur les aspects *liberticides* (oooh le joli mot), ni même sur l'obsolescence d'une loi morte pendant sa gestation et encore moins sur l'incompétence technique avérée d'une majorité finalement bien plus réactionnaire que progressiste...

Non l'entêtement d'un petit homme à se mettre la tête dans le mur n'est pas non plus un sujet viable car rôdent dans mes tuyaux délation et diffamation, Annéfé vade retro satanas.

...Car grâce à une assemblée majoritaire que j'ai aidé à faire élire (ou pas) par mon militantisme, on savait l'histoire pliée d'avance (sic), mais pour sur bien moins harmonieuse qu'un origami.

big_brother

Mais Ô combien surprise, utilisant les méthodes habituelles de la majorité à l'assemblée, pachas se prélassants dans de confortables sofas jusqu'au moment du réveil, du vote dans la foulée suivi d'un retour bien mérité à la léthargie, la gauche, cette gauche contre qui j'ai lutté il y a encore peu, nous a fait un cadeau inattendu...

...Contre toute attente, le rejet et la jouissance adaptée.





Bien sur c'est un coup d'épée dans l'eau, quoique peut être pas tant que çà...

Et c'est un point important car la gauche m'a surpri, elle a été performante, elle a été au delà de mes préjugés historiques de droite, intelligente.

La gauche a été intelligente, le mot est lâché.

Car durant toutes la durée des débats, cette faiblarde gauche sous-représentée dans l'hémicycle a toujours été présente, proposant motions sur motions, ne lâchant pas, ne se résignant pas, progressant dans son argumentaire en permanence à l'écoute et en communication avec les internautes.

Cette gauche a été intelligente, après les présidentielles caricaturales de Ségolène je ne pensais pas écrire cela un jour.

Le choix de jouer sur la non-participation de l'UMP et l'effet de surprise étaient osés il faut l'avouer, car les solutions ne manquaient pas....

- Un recours au conseil constitutionnel
- Un recours à la constitution Européenne.
- Recours au Quorum
(arretez moi si je me trompes)



socialists_ninjas


Mais au delà de ce que nous savons tous déjà, j'ai été bien plus choqué hier soir par le traitement de l'information par nos grands médias...Nulle, inutile, superficielle, résolument à charge contre la gauche et indigne d'un quelconque travail journalistique si tant soit peu qu'il y en ait eu un.

Bouffe vulgaire, propagande à peine voilée destinée à nourrir d'aveugles masses.

Je passe rapidement sur Le Point et le site de l'Assemblée qui avaient déjà vendu la peau de l'ours encore en thérapie. (erf)

On ne mort pas la main qui nous nourrit dit-on, la Presse télévisée Française comme d'autres dinosaures a raison d'avoir elle aussi peur du web...

Ce web incontrolable qui produit rapidement de l'information de qualité, vérifiable, contestable.
Ce web incontrolable qui produit, diffuse de la culture et du savoir gratuitement aux masses.
Ce web incontrolable qui a transformé le client captif d'autrefois en un rédacteur amateur actif d'aujourd'hui; Vérifiant, recoupant l'information des médias de masses habituels, bousculant l'ordre établi, défiant les hautes sphères avec des techniques de diffusion virales plus efficaces qu'un reportage volontairement tronqué, menteur, forcant à des excuses publiques....

Impensable il y a encore dix ans !

Le monde avance et les fantômes du passé s'accrochent à leur petit royaume fantasmagorique, dénient l'évolution au risque de se voir tôt ou tard agoniser et disparaitre dans le mépris le plus certain, l'avenir est en marche...


Qu'ils crèvent, vite, ces réac'

pinkbOnO

Lettre de motivation

. 9.4.09
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A l'intention de Monsieur Gordon Brown, Premier Ministre demeurant 10 Downing Street Londres.
 

Cher Monsieur le Premier Ministre,

Par la présente j'ai l'honneur de me porter candidat au poste de chef de la section antiterroriste de Scotland Yard qui, dit on ici [Engl] et là [Fr] serait actuellement vacant.
 
Déjà tout petit j'ai lu l'intégralité des aventures de Langelot publiées à la Bibliothèque verte, avant même de découvrir James Bond, de sorte que j'ai su très tôt l'essentiel des rouages du métier d'agent secret. 
 
J'ai également une grande connaissance de l'Angleterre pour être venu plusieurs fois en vacances à Londres ces dernières années. 
 
Gràce à la chaine de télévision MTV et la collection complète des DVD de la série Star Trek j'ai en outre pu approfondir ma connaissance de l'Anglais. 
Mes qualités rédactionnelles ne sont d'ailleurs plus à prouver. 
 
Fort d'une expérience de trois ans acquise au sein d'un cabinet d'avocats je  suis particulièrement rodé aux contraintes du secret professionnel.
Contrairement à mon prédécesseur à ce poste,il n'y a donc pas le moindre risque que je me laisse photographier en public avec des documents confidentiels à même de compromettre une opération antiterroriste et mettre ainsi en péril la sécurité des mes agents.

[comment dire ? FAIL]

Puisque je pense réunir l'ensemble des qualités requises je vous propose de nous rencontrer des demain afin de définir les modalités précises de mon entrée en poste, qui pourrait au besoin intervenir dès lundi prochain. 

Je vous prie d'agréer, monsieur le premier ministre, l'expression de mes sentiments dévoués.


Joel Wolfs - Nom de code Feufol
[si vous n'aviez pas suivi]
Bob Quick, numéro deux de Scotland Yard, a été photographié dans la journée de mercredi devant le 10 Downing Street, résidence du Premier ministre britannique, alors qu'il avait en mains des documents relatifs à l'opération antiterroriste. [source]
[Dieu que c'est drôle ! ]

Intimité et confort dans les prisons

. 8.4.09
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Dans l'actualité aujourd'hui ont trouve au moins deux informations qui concernent les prisons et pourraient bien ne susciter que peu d'émoi.
Et pour cause, ces deux informations ont ceci en commun qu'elles concernent les conditions de vie des détenus dans les prisons françaises.

Le plus "léger" tout d'abord, c'est dans le Monde que ca se passe :
Au centre de détention de Riom (Puy-de-Dôme) en 2002, François Korber a eu la possibilité d'acheter un téléviseur pour 150,92 euros ou d'en louer un pour 33,54 euros par mois. Très logiquement, il a choisi la première solution, bien plus économique pour quelqu'un à qui il reste au moins sept ans de détention. Transféré en 2004 à Châteaudun (Eure-et-Loir), il arrive avec ses cartons et son téléviseur, qu'il est prié de laisser à la "fouille", l'endroit où sont placés les effets personnels que les détenus ne peuvent avoir dans leur cellule. Après moult protestations, il réussit à négocier la restitution de son poste, avant d'être à nouveau transféré à Fresnes (Val-de-Marne), où il restera quatre mois, puis à Melun. Dans les deux prisons, le téléviseur est resté à la fouille et François Korber a dû payer 36 euros par mois pour en louer un. [source]
François korber multiplie actuellement les procédures judiciaires. Il s'estime victime d'une forme de racket puisqu'on le met dans l'obligation de payer pour un bien qu'on l'a pourtant autorisé à emmener en prison avec lui... 

Cette histoire n'est certes pas "dramatique" au regard des évènements qui surviennent trop fréquemment dans nos prisons.
Pourtant elle me semble symptomatique d'une forme de mépris et d'injustice à l'encontre de nos détenus alors même que la prison devrait etre un lieu où justement on apprend la justice.
Il est quelque peu facile, il me semble, de s'émouvoir de nos prisons lorsqu'il y survient un drame tout en ignorant la somme des injustices quotidiennes qui ponctuent leur existence. 

Quelles injustices ? 
C'est encore le Monde qui nous apporte des précisions à ce sujet, alors même que le contrôleur général des prisons vient de rendre un rapport particulièrement critique au sujet du quotidien des détenus. 
Il y détaille des violations quotidiennes de l'intimité des détenus. 
En garde à vue, en prison, dans les centres de rétention et dans les hôpitaux psychiatriques, M. Delarue et la vingtaine de contrôleurs de son équipe ont recensé de nombreuses atteintes à ce droit "qui est une part de la dignité humaine". Dans tous ces lieux, regrettent-ils, "la recherche de sécurité prévaut sur la préservation de la personnalité". En outre, "les conditions de vie génèrent en elles-mêmes des atteintes à l'intimité".
Retenus privés de stylos pour des raisons "de sécurité", femmes privées de soutien gorge pour les même raisons, fouilles intimes répétées et en public, difficulté à accéder à des toilettes fermées... les exemples sont multiples et témoignent d'un véritable mépris pour la dignité des détenus


Bien difficile pourtant de mobiliser sur un tel sujet. 
Le "détenu" souvent assimilé à un coupable dans l'opinion, peine à émouvoir et ses tourments semblent justifiés. 
Dans les faits pourtant les personnes visées par le rapport du contrôleur des prisons correspondent à des réalités bien souvent plus subtiles. 
Car ce rapport couvre l'ensemble de la réalité carcérale et constate des violations de ce type dans des situations très variées. 
  • Les fouilles intimes sont pratiquées en garde à vue, sur des gens qui, présumés innocents, n'ont pas été présentés à un juge et seront peut être relâchés à l'issue de la mesure après avoir été mis hors de cause.
  • La surpopulation et les privations injustifiées concernent les retenus, immigrés qui n'ont d'autre tort que de n'avoir pas de papiers et attendent leur expulsion.
  • Quant aux résidents de nos prisons, près de la moitié d'entre eux s'y trouvent en détention provisoire, eux aussi présumés innocents mais en attente d'un procès. 
Même à admettre l'idée d'une atteinte à la dignité des détenus qui serait justifiée par le fait qu'ils devraient souffrir pour expier actes qu'ils auraient commis, la réalité est tout bonnement injustifiable. 

Le contrôleur général des prisons balaie d'ailleurs d'un revers demain l'idée selon laquelle ces atteintes à la dignité humaine seraient acceptables et je le rejoins : 
Pour M. Delarue, il n'est pas possible de laisser se développer sans limites les mesures de sécurité. "La sécurité, insiste-t-il, passe aussi par le respect de l'intimité nécessaire, puisque la vie dans les lieux de privation de liberté sera d'autant plus pacifiée que les droits de la personne y sont reconnus." Cela vaut pour les établissements concernés, mais aussi pour le reste de la société : "Il n'y aura de modifications importantes en prison qu'au jour où l'opinion aura compris que sa propre sécurité passe par une amélioration substantielle de la détention." [source]
Que ce soit à court ou à long terme des conditions de vie difficiles dans les prions sont toujours contre productives.
A court terme elles sont dangereuses car elles sont à l'origine de conflits parfois violents ou de mutineries.
A plus long termes elles sont néfastes socialement.  Il ne faut jamais oublier que le détenu d'aujourd'hui est l'homme libre de demain et que le briser en prison c'est prendre le risque de relâcher un fauve. 
  
Mais je ne suis pas sûr que cela fasse un slogan politiquement très efficace... 

MAJ le 9.04.2009 : 
Un surveillant s'est suicidé dans la nuit de mercredi à jeudi à la maison d'arrêt de Luynes près d'Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), a-t-on appris auprès de l'administration pénitentiaire. [...] Le Syndicat national pénitentiaire Force ouvrière et la CGT Pénitentiaire soulignent qu'il s'agit du neuvième suicide d'un membre du personnel de l'administration pénitentiaire depuis le début de l'année.
Quand j'ai écrit que de bonnes conditions de vie dans les prisons ca peut profiter à tous, je ne pensais pas à un seul coté des barreaux...

Le pendu [actu-fiction]

. 7.4.09
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Max prit une profonde inspiration avant de descendre du véhicule. 
Non pas qu'il eut peur ; bien au contraire. La peur est un sentiment où l'incertitude se mêle à à l'urgence. 
Or Max avait réfléchi depuis des semaines déjà le moindre des gestes qu'il s'apprêtait à effectuer. A présent sa seule crainte était de s'emporter au point de ne pas être capable de savourer chaque instant. 

C'est un hululement lointain qui finit par le tirer de ses pensées. Max ouvrît la porte de son Opel Kadett et, d'un geste assuré, tira une malle à bas de la banquette arrière. Il en retira une corde épaisse et noueuse qu'il prit un soin particulier à dénouer avant de la lover puis de la poser à terre. 

Ensuite, il s'approcha du sapin qu'il avait repéré lors d'une reconnaissance, quelque huit jours plus tôt, et s'arrêta une nouvelle fois à son pied pour jauger  une ultime fois de sa résistance. 

Au pied de cet arbre plusieurs fois centenaire, il ne put s'empêcher de songer de nouveau à Katrin étendue au pied d'un sapin guère différend de celui-là ; dans une robe d'un blanc de nacre, les cheveux relâchés sur les épaules dans une langueur absolue. Elle était pareille à ce jour de juillet où  ils s'étaient donné rendez-vous loin des regards, quelques jours seulement après qu'elle eut décidé de quitter Hans. 
Ce rendez-vous ne devait être qu'un acompte sur leur bonheur futur.
A présent, soit quelque 25 ans plus tard, Max devait se contenter du souvenir douloureux de ce bonheur à la fois bref et absolu. 

Il s'approcha du coffre du véhicule et en tira un sac de toile épaisse dont la forme trahissait la présence évidente d'un corps humain lié. L'homme ne se débattait pas encore ; parfaitement anesthésié par l'injection que Max avait pris soin de lui administrer un heure plus tôt. 




Lorsque Hans se réveilla il ne vit tout d'abord que des ombres mouvantes. Ensuite seulement il commença à ressentir un pressant vertige. 
Il baissa les yeux vers le sol et fut surpris de constater la présence d'un homme à la barbe emmêlée et aux sourcils épais, assis sur un rocher à demi recouvert de de mousse, qui le fixait sans toutefois que son visage trahisse le moindre sentiment. 
Les membres enserrés, Hans se balançait au bout d'une corde qui le retenait depuis le milieu de son dos à une branche épaisse qui culminait à une bonne dizaine de mètres au dessus de sa tête. Il se trouvait attaché dans une position étrange ; son avant bras gauche presque libre de se mouvoir et pourtant incapable d'attendre les nœuds épais qui le maintenaient prisonnier.

Le captif appela l'homme à terre qui continuait de le fixer sans prononcer le moindre mot. Il interrogea, protesta, appela à l'aide, et supplia enfin. Mais l'homme, impassible, faisait mine de ne pas l'entendre. 

Un léger vent se mit à souffler de sorte qu'Hans commença à se balancer un peu plus vite. C'est alors qu'il identifia un poids qui se balançait lui-même au bout de sa jambe droite. Au prix de contorsions épuisantes Hans parvint à  saisir la corde qui lui enserrait la cheville et remonta lentement la forme noire qui était attachée à l'autre bout. 
L'homme à terre changea enfin d'expression lorsque le pendu prit le pistolet entre ses doigts sans toutefois que celui-ci parvienne à déchiffrer si son visage reflétait ou non une forme de satisfaction. Puis il se leva ouvrit un pan de son blouson. 
Hans lui ordonna une nouvelle fois de le laisser descendre, puis le menaça de lui tirer dessus s'il refusait de s'exécuter. La menace était vaine. Très rapidement le captif prit conscience que dans la position précise dans laquelle ses liens l'enserraient il se trouvait incapable de menacer son ravisseur d'une quelconque manière. 

L'homme posa une photographie sur le rocher, un tirage ancien et légèrement jauni sur lequel Hans n'eut pas la moindre peine à reconnaitre le visage de Katrin ; celui-là même qu'il avait détruit lorsqu'il l'avait tuée bien des années plus tôt, en ce lointain jour de juillet où elle avait manifesté l'intention de le quitter pour un autre.


[photo]
 
L"homme se rassit sur sa pierre et resta un long moment à regarder le pendu se balancer. Puis lorsqu'il sembla rassasié il se leva et disparut entre les arbres.
Hans se trouvait ainsi depuis des heures déjà, le corps endolori, agacé par un froid tenace et brisé sous son propre poids. Dans sa main, il serrait le pistolet dans un quasi réflexe sans comprendre vraiment pour quel usage son ravisseur avait cru devoir le placer là.
La douleur se fit sans cesse plus vive et le froid plus perçant à mesure que la faim naissait au creux des replis de son ventre.
Mais là n'était pas la pire des tortures.
La douleur physique n'était rien comparée aux souffrances que faisait naitre en lui la vue des traits de Katrin qui lui faisait face, resplendissante sur la photographie.
Hans eut un dernier regard pour le pistolet.
A présent sa présence paraissait évidente.

BERLIN (Reuters) le 6.04.2009 :
Le squelette d'un retraité allemand, qui s'était pendu au sommet d'un arbre dans une forêt et s'était tiré une balle dans la tête, a été découvert la semaine dernière, près de 30 ans après les faits.
L'homme, âgé à l'époque de 69 ans, avait été porté disparu en 1980 après de vaines recherches, a expliqué lundi le porte-parole de la police de la ville de Lanshut.
Mais un jeune randonneur a repéré la semaine dernière un os et l'a apporté à la police, qui a inspecté la zone et retrouvé le corps à l'état de squelette, pendu à onze mètres de hauteur sur un épicéa.
"Le pistolet pendait encore au bout d'une corde le long du cadavre", a ajouté le porte-parole, Leonard Mayer, en précisant que l'identification avait pu être faite grâce à la hanche artificielle du suicidé. [source]