Un aller simple pour maore [coup de coeur]

. 28.2.09
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Les mouvements sociaux qui agitent la Guadeloupe ont récemment attiré mon attention sur le passé colonial de l'ile. Un passé dont je connaissais l'existence sans en avoir jamais vraiment pris conscience.
Du point de vue de l'enfant que j'étais, la Guadeloupe a toujours été une évidence, apprise en cours de géographie en même temps que la Corse et la Bretagne.

Imperceptiblement pourtant je n'avais pas le même sentiment au sujet de Mayotte, que j'aurais été bien incapable de situer sur une carte.
Jusqu'à hier soir et le film "un aller simple pour Maore" le nom de Mayote m'évoquait principalement les derniers articles de la plupart des décrets, cux qui précisent que le texte s'y appliquerait ou pas.
Or de ce point de vue, le documentaire d'Agnès Fouilleux est déjà une réussite, hier soir j'ai fait moi aussi "Un aller simple pour Maore".


La réalisatrice était dans la salle, elle a longuement expliqué les difficultés qu'elle a rencontré pour faire le film, sans le moindre financement, son sujet n'ayant pas été jugé suffisamment consensuel par les chaine de télévision

Documentaire sans concession, "Un aller simple pour Maore" analyse la situation de l'ile de Mayotte "Maore" instrumentalisée pour servir les interets français.
On y apprend comment le référendum de 1974 à l'occasion duquel les habitants des Comores ont été appelés à choisir ou non l'indépendance à été manipulé par le gouvernement Français à coup de magouilles et de pressions physiques sur la population.

On y apprend également dans quel contexte la France a pu conserver ce territoire sous sa souveraineté, malgré de nombreux rappels à l'ordre de l'ONU, à des fins stratégiques.
Chronique de ravages de la Francafrique, le documentaire s'intéresse avant tout au rapports entre les trois iles des Comores désormais indépendantes avec l'ile de Maoré.

Agnès Fouilleux met en valeur l'absurdité du processus politique mis en place qui a séparé frères et sœurs, cousins et cousines par une frontière née du jour au lendemain.
On y suit notamment le parcours des Kwassat Kwassat (ça secoue, ça secoue) prêts à traverser la mer en canot pour atteindre l'ile de Maore et des conditions de vies meilleures.


"Un aller simple pour Maoré" n'est pas exempt de défauts, pour l'essentiel dùs à son budget presque inexistant.
C'est néanmoins un film réussi et nécessaire.
D'autant plus nécessaire qu'un référundum doit avoir lieu dans quelques jours à Mayotte qui décidera ou non d'en faire un département Français sans que les médias de métropole n'aient daigné lui offrir une quelconque couverture.


Voilà un film rare qui ne restera pas longtemps à l'affiche ; une authentique raison de vous déplacer que vous aimiez ou non le cinéma.

Foncez-y si un cinéma près de chez vous le diffuse :
Pour en savoir plus :
Un extrait du film pour vous donner une idée :

Bagram la prison du pragmatisme

. 24.2.09
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Cest un vieille règle en politique ; la ferveur et l'état de grâce qui suivent une élection doivent tôt ou tard laisser place aux réalités de la politique la plus pragmatique. 
Même un président à la popularité en apparence inoxydable tel que Barack Obama pourrait très bientôt en faire les frais. 
Si l'on avait pu se réjouir de la fermeture camp de Guantanamo de triste réputation, il convient à présent d'accueillir cette information avec plus de nuance alors qu'une seconde vient lui donner un nouvel éclairage.
Vendredi 20 février, dans un communiqué lapidaire, [le département américain de la justice] affirmait en substance que les détenus de la prison afghane de Bagram, à la différence de ceux de Guantanamo, ne pourront pas contester leur détention devant une juridiction civile, pas plus qu'ils ne pourront être épaulés par un avocat.  [source]
La prison de Bagram est une base américaine relativement ancienne, elle était déjà utilisée par les américains lors de l'occupation soviétique de l'Afghanistan

Les autorités américaines justifient actuellement son maintien par le fait que l'Afghanistan est une zone de guerre ce qui justifierait l'application de la loi martiale. 
Beaucoup moins médiatisée que la base Cubaine de Guantanamo elle n'abrite pourtant pas une réalité plus agréable , bien au contraire.  

D'ailleurs,

En mai 2006, le New York Times avait publié une enquête révélant comment deux détenus - identifiés comme Dilawar et Habibullah - étaient décédés, fin 2002, des suites de mauvais traitements. [source]
 

Voila qui risque de tomber comme une douche froide chez ceux qui supposaient que la simple arrivée de Barack Obama à la maison blanche suffirait à changer l'attitude des États-unis à l'égard des droits de l'homme. 

La divulgation de l'existence de prisons sécrètes destinées à mener des interrogatoires extrêmes est un paradoxe qui ne s'explique que par l'idée  encore très largement partagée dans la population américaine, que leur existence est nécessaire et de l'intérêt du plus grand nombre. 

Or aussi longtemps que cette idée sera aussi prégnante dans les mentalités, il est en réalité bien vain d'espérer voir fermer ces prisons en marge de toute légalité.  

D'ailleurs quand bien même cela se réaliserait, l'administration Obama, pas encore sortie d'Irak et sur le point de s'enfoncer un peu plus encore en Afghanistan semble difficilement en mesure de se permettre le luxe de renoncer à ces prisons.
La chose semble d'ailleurs devenue si nécessaire que la France serait elle aussi en train de créer ses prisons secrètes.
Je ne sais pas vous, mais à l'instant, j'ai une furieuse envie de prendre l'air... 

Le droit au navet

.
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S'il est une discipline dans laquelle Luc Besson est passé maitre c'est bien l'humour polémique.
Il nous avait bien fait rire la semaine dernière avec sa sortie sur les ravages de la piraterie. Actualité oblige il donne encore de la voix cette semaine ne serait-ce que pour être bien certain que le nom du dernier film qu'il a imaginé et produit soit bien repris par toute la presse. 
Ça se passait sur Europe 1 et comme à l'accoutumée Besson ne fait pas dans la nuance :
Luc Besson n’est pas content et l’a fait savoir sur Europe 1 : son dernier film "Banlieue 13 ultimatum" est censuré dans les salles UGC de banlieue. "Ce n'est pas un boycott mais un boycott de banlieues, on m'a dit clairement qu'on ne voulait pas de ce public là", a expliqué le réalisateur-producteur. "Je suis atterré et choqué qu'on puisse tenir un tel langage en 2009" a-t-il insisté au micro de Marc-Olivier Fogiel. (...) "C'est du racisme et de la discrimination", a terminé le réalisateur. [source]
Décidément il me semble que Luc Besson a une image bien curieuse de la société. 
Pour avoir vu le premier Banlieue 13 je pensais pour ma part que la décision d'UGC tenait avant tout à des fins humanitaires. Bien que fervent amateur de navets je crois que les banlieues ont déjà suffisamment de problèmes sans qu'on leur impose un film pareil.
Quant à invoquer le racisme et la discrimination, j'avoue que l'argument me parait pour le moins curieux.

Il ne m'a pas semblé lorsque j'ai été voir les précédents films  d'action qu'il a produit ne voir dans les salles que des gens d'une couleur ou d'une origine donnée. J'y ai vu un public, jeune dans l'ensemble, mais c'est presque toujours le cas s'agissant de films d'action, qu'ils mettent ou non en scène la banlieue. 
D'évidence Luc Besson est tout aussi à l'aise dans la maitrise du cliché qu'avec la caméra...   

A moins qu'il ne tente un revival mal assumé de la Blaxploitation ? 

 
[un revival je vous dit...]


D'ailleurs, le fait  qu'UGC ait choisi de réserver la diffusion de Banlieue 13 Ultimatum à certaines salles est il vraiment un scandale ?

Y aurait-il un droit à accéder au cinéma dont aurait omis de me parler ? 
Si tel étais le cas j'avoue que je serais ravi de l'exercer, en passionné de cinéma frustré de n'avoir parfois pas facilement accès à des films au budget bien moindre  que celui de Besson. 

En réalité la décision d'UGC ne regarde que cette société et les gesticulations de Besson pour faire parler de son film n'y feront rien.
Quant un restaurant trois étoiles affiche des prix élevés il exclut lui aussi une tranche de la population, tout comme le snack d'en face qui fait d'excellents kebabs mais refuse obstinément de me servir un jambon beurre. 

Appelez ça discrimination, liberté du commerce ou positionnement markéting ça n'y changera rien ; les commerçants sont aussi libres de choisir les produits qu'ils souhaitent vendre que les consommateurs de se rendre chez eux.
Plutôt que de lancer des polémiques idiotes, Luc Besson gagnerait à mettre autant de zèle à défendre les grands films qu'il produit que les bêtises dont il commet les scénarii. 

Il parviendrait peut être alors à se détacher de cette réputation de producteur de navets pas toujours méritée et rendrait dans le même temps un authentique service aux spectateurs, quel que soit l'endroit où ils vivent.

Les mystères de Pékin

. 20.2.09
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Décidément, le gouvernement chinois a vraiment le sens du web.
On savait depuis longtemps qu'il s'intéressait de très près aux contenus... le web chinois n'est pas vraiment le même que le notre, vraiment pas.
On se souvient aussi du lancement il y a quelques semaines de son armée de trolls rémunérés.
Le voilà maintenant qui tente d'exploiter à des fins politiques les techniques marketing du web viral et organise un Cluedo grandeur nature d'un genre nouveau.


Il s'agit pour des internautes de participer à la commission d'enquête chargée d'élucider la mort de Li Qiaoming, décédé à l'age de 24 ans le 12.02 dernier , soit quatre jours après son hospitalisation. 

Il faut dire que les circonstances de ce décès telles qu'elles ont été relatées par les autorités chinoises sont pour le moins... étonnantes :
[Li Qiaoming] était auparavant détenu dans une prison de la province du Yunnan, dans le sud-ouest du pays (...) Il avait été arrêté le 30 janvier pour avoir illégalement abattu des arbres. Selon la police, il se serait violemment cogné contre un mur en jouant à cache-cache les yeux bandés avec d'autres détenus. Mauvais joueur, l'un d'eux l'aurait frappé après avoir été découvert au cours de la partie. [source]
Désireux de couper court aux interrogations Gong fei, le chef de la propagande de la province du Yunnan  a :
"invité les internautes à venir enquêter sur place, dans l'espoir qu'ils pourront se faire leur propre idée et diffuser l'information vers autant de personnes que possible" [même source]
On y arrive. alors qu'en France on invite les blogueurs au cinéma pour participer à des avant premières dans l'espoir de récolter des bons papiers sur les films avant leur sortie la même recette est utilisée pour convaincre l'opinion de la transparence d'une enquête. 

La commission d'enquête,
"présidée par deux blogeurs et comprenant 15 membres – 5 internautes, 3 journalistes, 4 membres des forces de l'ordre et du bureau du procureur, accompagnés de deux salariés et d'un étudiant"
s'est d'ores et déjà rendue à la prison pour enquéter mais ne s'est pas encoire prononcée sur le résultat de celle-ci.

Il est fort probable cependant qu'elle confirme purement et simplement la version officielle des faits.
 
On voit mal comment le directeur de la prison et les fonctionnaires qui composent son personnel pourraient s'autoriser à s'écarter de l'étroit sentier des instructions qu'ils avaient nécessairement reçu de leurs supérieurs antérieurement à l'accident. 
Quant aux prisonniers qui ont pu être témoins des faits ils sont plus que tout autres à la merci des autorités et seraient bien mal avisés de faire des vagues.
Voila en tout cas un bon coup de communication et aussi une nouvelle illustration du fait que les auteurs de blogs sont plus que jamais au cœur des stratégies d'orientation de l'opinion, qu'elles soient à des fins mercantiles ou politiques.

Le memorial du mauvais gout

. 17.2.09
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L'initiative se passe à Badagry au Nigeria, et elle me laisse rien de moins que perplexe...

Selon BBC NEWS des promoteurs projettent actuellement d'édifier un complexe touristique sur le site de l'un des plus importants ports ayant été utilisé pour le commerce d'esclave.
Selon  les auteurs du projet  Badagry historiques Resort sera commercialisé à touristes afro-américains comme un mélange de luxe, des attractions touristiques et éducatives.
Les visiteurs pourront voir l'itinéraire qu'ont emprunté leurs ancêtres alors qu'ils étaient enchainés et fouettés fouettés vers le "point de non retour".
Ils pourront ensuite se reposer dans un hôtel cinq étoiles et boire des cocktails au bord de la piscine.
Les visiteurs pourront aussi  ce recueillir sur le site d'une fosse commune  qui abrite les corps de ceux qui sont morts avant de monter à bord des navires destinés à traverser l'atlantique... avant de faire un tour de buggy en direction d'un parcours de golf.
Ils pourront ensuite visiter une réplique de navire négrier avant de visiter un musée consacré à la carrière des Jackson Five.
 [source]

Oui... vous avez bien lu. Un complexe luxueux, un parc à thème sur l'esclavage et les Jackson Five...
Car selon le même article c'est à l'occasion d'un passage au Nigéria de Marlon Jackson en compagnie du CEO du groupe de construction Motherland que  serait née l'idée de ce complexe touristique... "curieux".
 

Ce qui me choque dans ce projet ce n'est pas simplement le mélange des genres.
La seule idée que des sociétés américaines puissent évoquer l'opportunité de faire du profit sur le sol Nigerian grâce au souvenir de la traite des esclaves à quelque chose de vulgaire en ce qu'elle ressemble à une nouvelle forme d'exploitation  de ce pays.

A ce jour, le projet se contente  cependant d'en être un mais déchaine d'ores et déjà l'ire des historiens locaux qui rêvaient à juste titre d'un traitement plus approprié de l'histoire de leur pays.
A cette difficulté s'ajoutent les contraintes inhérentes à l'organisation d'un tourisme de masse dans un pays pour le moins instable politiquement.
Mais le projet  existe, et rien qu'en cela c'est déjà une mauvaise nouvelle.

Le navet du prophète

. 16.2.09
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La semaine dernière M6 repassait "Couvre Feu" un film d'Edward Zwick avec Bruce Willis et Denzel Washington passé plus ou moins inaperçu lors de sa sortie en France. 
Entendons nous bien. Le fil fourmille de défauts.

Le temps n'a d'ailleurs rien arrangé, un film raté se bonifie rarement avec les années.  Le jeu atone de Bruce, Willis, les tirades d'un Denzel Washington visiblement peu convaincu par son texte, la réalisation d'un Edward Zwick scolaire qui livre manifestement un travail de "commande" sont autant d'éléments irrattrapables.

Le film avait d'ailleurs été sérieusement épinglé en son temps par la critique principalement en raison de son scénario : 
Première
Dès que l'armée débarque avec ses gros sabots, l'intensité baisse d'un ton et le scénario se laisse gagner par l'hystérie.
Le monde
Le réalisateur Edward Zwick a essayé de tirer parti d'un scénario imbécile pour livrer une parabole sur les limites de la démocratie américaine et les dérapages de la CIA. [via allociné]

Pourtant, il s'est passé une chose que les critiques n'avaient pas prévu.
Entre 1998, date de sortie du film et aujourd'hui ce scénario est devenu réalité.

Couvre feu c'est l'histoire d'un groupe terroriste islamiste qui décide de prendre New York pour cible à l'occasion d'une série d'attentats.
Dans ce contexte le gouvernement Etasunien décide d'employer les grands moyens et décrète la loi martiale dans New-York.
des législations d'exceptions sont mises en oeuvre et des citoyens arrétés, mis au secret et torturés dans le cadre de la recherche des terroristes. 

Bien sùr Denzel sauve tout le monde à la fin et renvoie l'armée dans ses pénates ce qui est en effet assez capillotracté. 

Pour le reste, on a plus ou moins l'impression d'assister à une vision prophétique annonciatrice des mesures attentatoires aux libertés qui ont vu le jour aux Etats-Unis et en Grande Bretagne à la suite du 11.09.2001 et qui sont à présent si décriés dans ces pays.

  


Seulement, je ne crois pas à la voyance. 
Alors je suis contraint de supposer que si des scénaristes ont pu prévoir ce qui est arrivé, c'est que c'était bêtement prévisible. 
Après tout, les républicains qui ont porté G. W. Bush au pouvoir ne sont pas tombés du ciel...
Pour n'avoir pas grand intérêt aux yeux des cinéphiles, Couvre-Feu pourrait cependant un jour rencontrer un certain succès auprès des historiens, voire des sociologues.
Car ce qu'il illustre en somme c'est le caractère mouvant des repères démocratiques.
Le niveau de contrainte "acceptable" que l'État peut exercer sur les citoyens n'est pas une chose figée et ce qui paraissait hier l'apanage des régimes totalitaires peut sembler légitime aujourd'hui.
Réfléchissez un instant, si l'on vous avait dit il y seulement dix ans que l'Etat souhaitait vous filmer dans tous les lieux publics afin de vous protéger vous ne l'auriez probablement pas cru.
Pourtant, cela ne semble pas socialement inacceptable lorsque aujourd'hui :
La ministre de l'intérieur, Michèle Alliot-Marie, prévoit le triplement des caméras sur la voie publique d'ici à fin 2009 et le rédeploiement de 4 000 policiers dans les quartiers sensibles, [source]
Les temps changent...
Mais pourquoi s'y opposer ? Vous n'avez rien à vous reprocher non ?

Ginsu 2000 paix à ton ame

. 15.2.09
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Vous connaissez peut être ces légendes du télé-achat américain qui passent sur le câble aux heures où les gens normaux dorment à poings fermés. 
Si l'ab-stepper de Chuck Norris et  le matelas gonflable capable de résister à un ours vous sont aussi familiers qu'à moi vous comprenez probablement sans peine avec quelle émotion j'ai découvert un authentique couteau GInsu 2000 dans ma batterie de cuisine.
 
Si vous ne voyez pas de quoi je parle, le Ginsu 2000 c'est ça :
 

Le véritable Ginsu 2000 plus tranchant que le plus tranchant des katanas, est doté d'une lame capable de trancher sans effort un annuaire, une chaussure  ou un tube de PVC.
En somme, une authentique légende télévisuelle. 
Sauf que dans la réalité un couteau Ginsu 2000 c'est ça : 


Le couteau Ginsu 2000, dans la vraie vie, c'est une lame capable de trancher dans un annuaire et un manche capable de céder face à un simple morceau de fromage.

Voila encore tout un pan de mon univers qui s'effondre.

L'ile aux musées : Feufol's cut

. 13.2.09
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Depuis ce matin, Lousia organise un concours dont le seul et unique lot est un bouquin.
Puisque justement j'arrive au stade ou une razzia en règle chez mon libraire s'impose lourdement l'idée de participer s'est imposée d'elle même.

Il s'agit de créer une suite à un extrait du livre en quelques lignes.

Si l'idée de jouter avec avec moi sur ce terrain vous tente vous pouvez participer vous aussi sur Acqua Tofana avant le 14.02 à minuit.



Mais en attendant voici ma contribution :

L' Extrait original :
La nuit, nos silhouettes se dressent mystérieusement, vous marchez dans les rues, vous hâtant vers des rendez-vous, rentrant d’un pas rapide en hiver, enlacés en été, vous attardant, assis aux terrasses des cafés, mais hiver ou été, toujours les yeux baissés ou le regard ailleurs, cherchant celui ou celle qui vous conviendra pour la nuit ou pour la vie, essayant de transformer le cœur de celui ou de celle qui vous refuse ou vous fuit, qui a peur, mais hiver ou été, vous nous ignorez – vous ne pensez jamais à nous qui veillons sur la ville, du haut des socles et sur les toits, nous qui vous voyons, vous entendons, nous qui avons vu et entendu tant de choses. Nous sommes là pour des siècles.

Ma suite :
Nous sommes face à vous et hors du temps, c'est aussi ce qui vous fascine. 
A la fois si fragiles et bien plus grands que vous. Insolentes manifestations des contingences étroites de votre existence finie et pourtant preuve tangible de votre capacité à parfois accéder au génie.
C'est étonnant en fait ce que nous sommes devenus. Il y peu nous n'étions presque rien, pigments éparts, roche grossière ou toile nue. 
D'ailleurs, que sommes nous en réalité ? Ce n'est pas tant par le mouvement de l'artiste que nous sommes à présent, mais dans cette lueur vivace qui pimente vos yeux lorsque vous vous figez soudain au hasard d'une allée, comme brusquement projetés hors du temps. 
C'est votre regard et lui seul qui sépare l'œuvre du meuble, le génie du rien, l'éternel de l'oubli.
Nous n'avons de sens que dans ce paradoxe. Transcendance de l'humain mais n'existant qu'à travers lui.


Voilà, voilà. 
L'extrait original n'était pas très "narratif" et  d'ailleurs écrit dans un style très différent du mien mais auquel j'ai cru devoir essayer d'être fidèle... 
Si vous pensez pouvoir faire mieux, je vous rappelle que c'est par là

25 choses que vous ignorez à mon sujet [chaine]

. 12.2.09
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Tout fout le camp ma bonne dame.
Voila qu'on se met aussi que les taggeurs s'en prennent aussi aux murs de Facebook.
C'est en tous cas ce qui m'est arrivé pas plus tard qu'hier, ici très exactement.
Comment ? Vous n'êtes pas sur Facebook de sorte que vous ne pouvez pas accéder à cet article ? Soit. 
 
Pour faire bref, mon ami François (dont je balance le profil à la volée tiens) me demande de composer une liste sur le thème
25 choses que vous ignorez probablement à mon sujet
Ce n'est certes pas la chaine la plus originale à laquelle il m'ait été donné de répondre, ni la plus facile (25 ? Grumph) mais je me plie à l'exercice ne serait-ce que pour mériter le droit de me venger.
Si vous trouvez que ma vie n'a aucun intérêt, vous pouvez  passer dès à présent à l'article suivant.

  1. Je m'appelle Joël Pierre René Paul Wolfs.
  2. Je suis né dans le IX arrondissement de Paris.
  3. Mon père était belge mais je n'ai que la nationalité française.
  4. Je suis gaucher.
  5. Et puis légèrement dyspraxique.
  6. Ça signifie que si vous m'invitez à diner il y a de forte chances que je casse de la vaisselle.
  7. J'ai commencé à perdre mes cheveux à l'age de 16 ans.
  8. A l'instant vous vous doutez qu'il n'en reste plus grand chose...
  9. En plus de cela je suis une taupe sans mes lunettes.
  10. Et pendant qu'on y est je suis légèrement insomniaque. 
  11. Je n'ai pas vraiment fêté le jour de Noël avec les mêmes personnes deux fois d'affilée depuis dix ans.
  12. De toutes façons Noël me déprime.
  13. Je n'ai d'ailleurs jamais cru au Père Noël. 
  14. J'ai lu "voyage au centre de la terre" lorsque j'avais cinq ans.
  15. J'ai écrit une ou deux choses dont je suis content 
  16. J'aurai bientôt fini le plan de mon prochain roman.
  17. Je travaille comme juriste dans un cabinet d'avocats essentiellement dans des matières civiles.
  18. Je crois vraiment que les gens ne comprennent pas que c'est un job dans lequel il n'est pas possible d'arrêter de penser boulot une fois rentré chez soi.  
  19. En moto j'ai failli écraser un handicapé qui m'avait coupé la route il y a dix ans.  
  20. J'en ai gardé une cicatrice sur le plat de la main gauche.
  21. Je n'ai jamais conduit un véhicule depuis.  
  22. J'ai ouvert ce blog il y a bientôt un an.
  23. Je suis très fier que des gens de gauche comme de droite m'y suivent alors même que j'y parle politique très souvent. 
  24. Je persiste à trouver mes articles mauvais bien après leur publication
  25. Parfois je n'ai pas tout à fait tort !
Bon, je crois que j'ai écrit suffisamment de betises pour aujourd'hui.
Il est plus que temps de refiler cette chaine absolument affreuse à Seb ne serait-ce que pour le plaisir de le lire en train de me râler dessus. 
Je crois que je ne vais pas être déçu.

Communication autiste au vatican

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Les jours se succèdent et la polémique causée par la levée de l'excommunication du révisionniste lefebriste Williamson n'en finit pas d'enfler.
Et l'on assiste stupéfait une tragicomédie dans laquelle chefs d'États, prêtres, homme politiques, croyants, athées et anticléricaux se sentent tous obligés de mettre leur grain de sel.
 
La dernière séquence fait apparaitre l'un principaux acteurs ; le Pape Benoit XVI qui, bien qu'habitué à la polémique ne semble plus savoir que faire pour clarifier ses dernières décisions.
Cette fois cependant, on aurait bien du mal à y trouver à redire tant il est préférable de le voir se positionner clairement au nom et ostensiblement au nom de l'Église plutôt que se contenter d'affirmer avoir ignoré les positions de Williamson sur la Shoah.
Recevant une délégation d'organisations juives américaines, jeudi 12 février, le pape Benoît XVI a dit vouloir "faire sienne" la demande de pardon formulée en 2000 par son prédécesseur Jean Paul II à propos du rôle de l'Église dans la Shoah.
A l'époque, Jean Paul II avait déclaré : "Nous sommes profondément attristés par le comportement de ceux qui ont fait souffrir vos enfants et, en demandant votre pardon, nous souhaitons nous consacrer à une vraie fraternité avec le peuple de l'Alliance." [source]
Dont acte.
Cette fois c'est clair. 
Le pape dit clairement, je crois que Dieu est amour et tout autre comportement que l'amour à l'égard des juifs ne serait donc pas chrétien.

Je n'ai pas l'intention de m'étendre sur le contenu de la polémique ou sur les raisons et les alliances politiques subtiles qui ont pu pousser Benoit XVI a réintégrer les évêques lefebristes.

Ce qui m'intéresse à l'instant c'est la tendance qu'illustre cet épiphénomène :  une incapacité de l'Église à communiquer clairement. 
 [photo]
Le phénomène est indissociable de la nature complexe du Pape, à la fois chef d'État et chef spirituel, et qui le contraint à peser chaque mot en tant que garant du dogme alors même que la portée de ses paroles dépasse de loin la simple communauté des chrétiens. 

Oui, la levée de l'excommunication des "évêques" lefebristes me semble être une parfaite illustration de l'incapacité de l'Eglise catholique à communiquer.
Le mouvement est relativement clair pour les catholiques. Il s'agissait d'accueillir à bras ouverts les fils prodigues au prétexte de rassembler la famille des chrétien sans pour autant accepter n'importe quoi.
A ce jour, si leur excommunication est levée ils n'occupent pas de position dans l'Église catholique romaine, au sein de laquelle ils n'ont pas encore officiellement ce titre d'évêque qui prête à confusion.
En somme la situation (par ailleurs extrêmement mal vécue du coté des intégristes...) s'apparente plus à une mise à l'épreuve qu'à la réhabilitation qui a été très largement supposée... 
Mais encore fallait il le dire clairement.

Le même type de problème se pose par exemple au sujet de la position de l'Église quant au port du préservatif.
On voit mal le pape s'écarter du dogme en prétendant cautionner chez les fidèles une sexualité assumée bien éloignée du dogme. 
Lorsqu'il fustige le port du préservatif, dans la droite ligne de la la position qui était celle de Jean Paul II, Benoit XVI met nécessairement ses paroles dans un contexte. Celui d'une foi catholique qui réprouve autrement plus le fait de tuer autrui que la luxure.
Or dans certains cas, on le sait le sexe non protégé n'est guère éloigné d'un meurtre... 
Dans la vision du pape, réprouver la luxure n'est pas une incitation à commettre le meurtre.
Mais cela aussi il faudrait une fois pour toutes être capable de le dire clairement. 

En somme la communication du Vatican "pêche" par un excès inverse à celui que pratique l'Élysée. Le premier ne sait pas simplifier là où l'autre ne sait faire que cela.

Le Vatican, qui ne peut ignorer le phénomène me semble ne pas le prendre à sa juste mesure.
La mission du pape en 2009 implique de s'adresser au monde entier quelle que soit sa culture ou sa religion. Il le doit en tant que chef d'État, il le doit aussi parce que ses paroles engagent aux yeux du monde toute une fraction du monde supposé chrétien ou sympathisant. 

Et dans l'exercice de celle-ci il ne saurait prétendre tenir pour acquise cette culture chrétienne dans laquelle l'occident ne baigne plus aussi intensément qu'au cours des siècles passés. Dans ces conditions il se doit d'expliquer à tous, de s'adresser à tous : surtout aux non chrétiens. 

Mais pour cela encore faudrait il être tout à fait d'accord sur le fond. 
Or, et c'est le deuxième enseignement de "l'incident Williamson"  ; comme nos socialistes les chrétiens sont plus que jamais divisés.

Les visiteurs artificiels

. 11.2.09
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 Eco 89, le pendant du Rue 89 dédié aux informations économiques publiait hier soir un article intitulé "comment des sites d'actu truquent leur audience".
Fort d'un titre dramatique, il fallait bien sûr commencer sur un ton romanesque, ce dont le journaliste ne s'est pas privé.

Lisez donc :
"la polémique gronde dans le microcosme des éditeurs de presse: certains sites d'information parmi les mieux classés acquièrent artificiellement de l'audience, afin de mieux séduire les annonceurs. Ces derniers font confiance à une seule mesure, que livre chaque mois Médiamétrie-NetRatings, une filiale commune de l'institut Nielsen NetRatings et de Médiamétrie." [source]
Passé le frémissement, des questions s'imposent.
  • Quelles sont ces pratiques de tricheurs qui faussent ainsi le classement ? 
  • Qui sont ces visiteurs artificiels ?
Outre une question essentielle que la morale devrait m'interdire de suggérer : 
  • Comment générer moi aussi des visiteurs artificiels pour faire gonfler mes statistiques ?  
Webmasters, blogueurs, lecteurs attirés par le Web Dorado n'attendez plus l'article donne toutes les clés :
Il y a plusieurs manières de gonfler artificiellement l'audience d'un site. Les plus courantes: y agréger l'audience d'autres sites; acheter des mot-clés; et faire venir sur son site des internautes qui n'avaient pas l'idée d'y venir. Aucun de ces moyens n'est proscrit par Nielsen. [même source]
Je suis un brin moqueur, je sais... 

Mais l'idée qu'un média tel que celui-là puisse raisonnablement feindre d'ignorer de telles pratiques, j'avoue que cela me sidère.
Pire, l'idée qu'elles puissent être assimilées à de la triche me laisse relativement songeur. 
Je gage qu'Eco 89 avait besoin d'un titre un peu racoleur pour attirer artificiellement des visiteurs... 
Mais ce faisant, il me semble que l'article en question passe à coté du véritable problème. 

Le trait commun des stratégies de promotion d'un site web est d'utiliser de telles pratiques. Certes tout le monde n'a pas les moyens ni l'envie de se payer les services d'une agence spécialisée comme le font les sites d'informations concernés ou même un achat de mors clés mais ces pratiques sont notoires. 

Sans avoir nécessairement recours à ces pratiques couteuses chacun tente de gonfler son audience à sa manière. 
Personnellement j'utilise Blogasty, Wikio et Fuzz, à l'occasion pour générer plus de trafic, et je poste mes articles sur Twitter, (sans compter les nouvelles possibilités offertes par un Blogbang fraichement rénové) sans que cela me paraisse scandaleux.

Mais je ne suis ni Le Monde ni Le Figaro, et contrairement à eux personne ou presque ne s'intéresse à mon audience.
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Je ne vis pas de la publicité qui est diffusée sur ce site et c'est ce qui fait toute la différence. 
Il n'est pas anormal que les principaux sites d'informations usent des moyens à leur disposition pour générer plus de visiteurs. 
Mais il est communément admis que les visiteurs qui accèdent directement à un site sont généralement plus enclins à y rester et à lire ce qui s'y trouve (publicités comprises) que ceux qui s'y retrouvent par hasard et qui dans l'immense majorité des cas repartent presque aussitôt.

Dans ces conditions, ce n'est donc pas la pratique qui vise à attirer plus de visiteurs qui pose problème en définitive, mais bien celle qui consiste à monnayer ces visiteurs de passage au même prix que son lectorat fidèle.

Mais tant que des annonceurs seront prêts à payer au pris fort des millions de "pages vues" sans tenir compte du fait que la plupart des visiteurs d'un site web n'y restent que quelques secondes bien insuffisantes pour prêter attention au contenu, il n'y a pas de raison que la cesse la course à l'audience "facile". 

D'ici là reste à inventer un moyen de distinguer le visiteur réel, celui qui lit, du visiteur artificiel, celui qui passe. 

Nous somme sur la bonne voie : si vous êtes arrivés jusqu'ici vous  vous êtes déjà distingués.

Refonte Graphique by Mister aiR

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Ça a commencé avec un Email de Mister aiR, dont le nom vous est peut être familier puisqu'il officie sur  OroO/Oro'O et Le Canard qui Croque.
Il trouvait mon logo Vieillot.
Oui mon logo celui que j'ai fait tout seul à coup de Gimp et de Ms Paint... vous avez bien lu, "vieillot".

Sauf que l'ami Mister aiR n'est pas du genre à se contenter de critiquer...
A vrai dire, il avait une idée derrière la tête... et quelques projets de logos qui se sont peu à peu transformés en un sacré lifting du blog. 
Le résultat est là, il a du caractère, et je dois vous dire que j'ai beau le voir j'y crois à peine. 
Merci Rémi.

Qu'est ce que ca vaut ?

. 9.2.09
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La valeur et le prix d'une chose sont des notions bien différentes.  
La question du rapport entre ces deux-là obsède les philosophes, les économistes et dans une certaine mesure une bonne  partie de l'humanité depuis bien plus longtemps que je ne saurais dire.
La crise actuelle est d'ailleurs essentiellement ressentie comme un dérèglement du rapport entre ces deux notions, comme une sorte de fièvre qui aurait totalement déconnecté la notion de richesse (et avec elles les prix et les salaires) de la valeur des choses.

Dans ces conditions, se cristallise un désir de rationaliser l'économie, de rendre les prix plus conformes à la valeur ressentie des biens et des services.
C'est probablement de ce constat qu'est partie l'initiative pour le moins surprenante d'un restaurateur anglais :

"Just pay us what you think it's worth", c'est le slogan d'un restaurant londonien. Le patron du Little Bay pense avoir trouvé la solution à la chute de fréquentation que provoque la crise économique: plutôt que de donner une facture, il laisse à ses clients le soin de payer ce qu'ils considèrent être le juste prix. Voire rien du tout. "C'est entièrement à la discrétion du client. Ils peuvent me donner 100 livres ou un penny. Tout ce que je demande, c'est qu'ils me paient ce qu'ils considèrent être la valeur de la nourriture et du service", a indiqué Peter Ilic, propriétaire du restaurant, cité dans un communiqué diffusé mardi 3 février.[source]
 
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Cette opération au demeurant limitée dans le temps n'est à n'en pas douter qu'un audacieux coup de pub'.

Pourtant, il se pourrait bien que se dégage une véritable tendance.
Pour preuve, un géant tel que le groupe Accor a décidé d'appliquer la même idée afin d'attirer l'attention sur le lancement de l'un de ses hôtels à Singapour.
La chaîne hôtelière Ibis qui s'apprête à ouvrir une enseigne à Singapour le 12 février propose à ses clients une offre promotionnelle intéressante dans cet établissement : fixer eux-mêmes le prix de la chambre. [source]
Bien que ces deux initiatives n'aient initialement pas vocation à perdurer dans le temps je ne peux m'empêcher de me demander s'il n'y aurait pas là une nouvelle manière de faire du commerce.
L'initiative est apparemment un succès, puisque dans un cas comme dans l'autre il semble que l'immense majorité des clients accepte de payer un prix tout à fait convenable au regard du service qui leur est rendu. 
Dans ces conditions je ne serai pas étonné de voir fleurir ici où là des enseignes  qui après avoir encadré et rationalisé le principe se mettraient à le décliner ici où là. 
La chose est d'autant moins loufoque que  le concept n'est à bien y réfléchir qu'une application (à ma connaissance) inédite du processus de destruction créatrice bien connu des économistes. 
Cela dit, voila que je me mets à penser à la "valeur" de ce blog qui pourtant n'a pas de prix.
Vous en pensez quoi vous ? 

L'étrange histoire de Benjamin Button [critique]

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Il y a quelques jours l'express écrivait :
S'il gagne son pari, le réalisateur David Fincher sera le roi du monde avec L'Etrange Histoire de Benjamin Button, celle d'un homme qui rajeunit. S'il échoue, ce film à très gros budget et aux incroyables effets spéciaux pourrait prendre des airs de naufrage pour Hollywood. [source]
Je soupçonne les journalistes de s'être laissés un peu emporter au moment d'écrire ces lignes, alors même qu'ils n'avaient pas encore vu le film.
Pourtant, depuis la sortie de celui-ci les critiques dithyrambiques pleuvent et pour tout dire c'est justifié.

David Fincher sait faire des films exceptionnels, de ceux qui vous collent à la tête et vous accompagnent au point de devenir une petite partie de vous.
Il l'a déjà prouvé a plusieurs reprises.
Qui pourrait prétendre avoir oublié Fight Club, Seven ou plus récemment Zodiac ?

 Cette fois-ci, il prend les commandes d'une histoire singulière. 
Celle de Benjamin Button, gamin de la Nouvelle Orléans  abandonnée à la naissance par un père fou de douleur après la mort en couche de son épouse. Un enfant singulier né vieux et qui en cesse de rajeunir et dont le film se propose de raconter la vie de bout en Bout.


L'histoire était assez "casse gueule" ce n'est rien de le dire. Mais la finesse de Fincher suffit à transformer l'improbable en bijou.
En tête d'affiche, un Brad Pitt aussi époustouflant que méconnaissable,  qui révèle une fois encore des talents que Fincher semble seul à voir en lui. 
Face à lui, une Cate Blanchett magistrale et hypnotique. 



Benjamin Button fait partie de ces films rares qui tiennent à la fois de la prouesse technique et du grand cinéma.
Grâce à un scénario qui se renouvèle sans cesse le film parvient à émouvoir et emporter.


Aucun doute... c'est la saison des oscars.

J'ai perdu toute latitude [actu fiction]

. 5.2.09
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Il est là, devant moi, posé sur le tableau de bord et il me regarde. 
Non, c'est mon imagination qui en rajoute. 
Mon téléphone ne me regarde pas. 
Mais eux grâce à lui me suivent et eux savent à peu près tout de moi.
Mon téléphone est sur moi à toute heure mais c'est eux qui ne me quittent plus. 

C'est Alice tout d'abord qui m'a demandé d'installer ce système révolutionnaire de géoocalisation grâce au téléphone portable. 
Ça paraissait sympathique au début selon l'argumentaire de la société qui distribuait le service, et gratuit au surplus. 
Tout cela est encore si frais dans ma mémoire, ça disait :
 Latitude permet de suivre à la trace les pérégrinations de sa famille, de ses amis, et de n'importe lequel autre de ses contacts sur une carte Google Maps, et d'être suivi à son tour. "Désormais, vous saurez si votre épouse est coincée dans les embouteillages, si un de vos copains est en ville pour le week-end, ou vous rassurer en découvrant que l'avion d'un proche est bien arrivé à destination" [source]
Alice avait employé des arguments auxquels je n'avait rien su objecter, m'avait dit que ça allait être "marrant", "pratique pour se retrouver" et aussi que "lorsqu'on s'aime on n'a rien à se cacher".
Alors moi, aussi bête que peut l'être un homme amoureux j'ai obtempéré. 

 
Au début c'était marrant c'est vrai. 
On s'amusait à se rendre à l'autre bout de la ville, à s'asseoir à une table de restaurant avant d'appeler l'autre dans une sorte de jeu de piste permanent.
Moi je ne me sentais pas prisonnier, pas surveillé le moins du monde. 
A tout moment je savais que je pouvais éteindre le système et reprendre mon petit quotidien anonyme.
[photo]
 
Pourtant, c'est précisément lorsqu'un jour l'envie m'en a pris que les choses se sont gâtées. 
Car pour Alice, si j'avais décidé de couper le système de Geolocalisation ce devait être pour des raisons clairement identifiables, de ces raisons qui ne s'accordent qu'au féminin pluriel.

L'espace d'un instant, j'avais eu envie de lui dire que j'avais coupé le système pour simplement économiser la batterie de mon téléphone vieillissant, ce qui était d'ailleurs la vérité toute nue.
Pourtant je me suis tu, déjà persuadé de la vanité d'une quelconque réponse à ses doutes.

Lorsqu'elle est partie, elle a laissé une lettre, et mon téléphone portable aussi, posé en plein milieu de l'enveloppe. 

L'espace de quelques jours, je me suis cru libre à nouveau.
Le départ d'Alice m'avait laissé étrangement serein. 

C'est seulement lorsqu'un lundi matin, fraichement arrivé au bureau, j'ai trouvé un nouveau téléphone sur le clavier de mon ordinateur que j'ai commencé à comprendre que les ennuis ne faisaient que commencer. 

Cachez moi cette antenne que je ne saurais voir

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La décision de justice médiatique du jour concerne Bouygues Télécom. 
Dès premières infos ce matin aux colonnes des quotidiens en ligne il était bien difficile de la rater. 
C'est une première en France. Bouygues Telecom a été condamné par la cour d'appel de Versailles, mercredi 4 février, à démonter les installations d'émission-réception d'une antenne-relais dans le Rhône. Motif retenu: la crainte suscitée chez des riverains par les risques d'une exposition aux champs électromagnétiques. [source]
On apprend également dans le même article que :
L'opérateur de téléphonie mobile, condamné en première instance par le tribunal de grande instance de Nanterre, devra également indemniser ses clients pour exposition à un risque sanitaire. Soit 7000 euros à chacun des trois couples qui se plaignent de l'antenne-relais installée depuis 2006 sur un pylône de 19 mètres de haut, à proximité de leurs habitations. [même source]
Une fois encore l'immense majorité de la presse pêche par manque de formation et faillit en conséquence a sa mission d'information. Pas facile en effet de comprendre le sens de cette décision dès lors qu'elle n'est pas le moins du monde expliquée d'un point de vue juridique.
Cela est d'autant plus compliqué lorsqu'elle reprend des déclarations exagérées de l'un des avocats, probablement emporté par la joie d'avoir remporté cette affaire:
"Une jurisprudence est maintenant établie, toutes les antennes-relais de Bouygues sont en sursis"", s'est réjouit Me Forget, qui précise ne pas vouloir faire "démonter toutes les antennes de France", mais défendre un mode de fonctionnement "raisonnable".
Dans ce contexte, je ne crois pas inutile de rappeler quelques notions juridiques et d'essayer d'analyser la décision qui vient d'être rendue 

1- Cette décision peut elle "faire jurisprudence" ?
J'écarte la question d'emblée, un arrêt, fut-il de cour d'appel ne fait pas "jurisprudence" à lui seul.
Les décisions de justice rendues par les juridictions françaises ont un effet "inter partes", c'est à dire qu'elles ne concernent que les parties au litige et ne s'imposent donc à personne d'autre : surtout pas au juge. 
Un jugement français ne cite donc jamais une jurisprudence, puisqu'elle n'est pas une source du droit au sens strict.
 
Ce qui fait la jurisprudence c'est l'accumulation de décisions rendues dans le même sens et qui illustrent une tendance des juges à dire le droit de la meme façon.
Ce n'est pourtant pas une science exacte. 
 
Les professionnels connaissent bien les tendances de chaque juridiction à interpréter un texte, ou à évaluer un préjudice différemment des autres. 
Ils sont aussi habitués aux "revirements" de jurisprudence, qui illustrent la possibilité pour un tribunal d'interpréter une règle de droit à l'inverse de ce qu'il avait fait précédemment. 
 
Rien ne permet donc de dégager une éventuelle jurisprudence à ce stade. 
Si plusieurs décisions rendues dans le même sens devaient intervenir on pourrait alors seulement commencer à se poser la question. 
La cour de cassation qui sera probablement saisie  par Bouygues télécom pourrait cependant "donner le ton" des décisions à venir.  

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2- Bouygues Telecom  va t'il devoir enlever son antenne ?
Christophe Lapp, le conseil de Bouygues télécom a évoqué la possibilité d'un pourvoi en cassation.
Ce recours n'est cependant pas suspensif d'exécution ce qui signifie que Bouygues Télécom va probablement devoir : 
  • enlever les antennes comme la cour d'appel l'a ordonné
  • régler aux demandeurs les dommages et intérêts qu'il a été condamné à verser
Je dis probablement puisque Bouygues conserve la possibilité de demander au premier président de la cour de cassation "l'arrêt de l'execution provisoire" en justifiant :
  • qu'il y aurait eu  violation manifeste du principe du contradictoire ou de l’article 12 du CPC
  • que l’exécution risquerait d’entraîner des conséquences manifestement excessives
ce qui est très loin d'être facile...

Passées ces réserves juridiques d'usage, mon sentiment est que la décision sera exécutée.

3- mais  que dit elle en fait la décision de la cour d'appel ?
C'est la relative inconnue de cette affaire.
L'AFP a apparemment lu la décision mais elle n'a (à ma connaissance) pas encore été publiée.
Analyser le raisonnement juridique de la Cour me parait dans ces conditions ardu.

Heureusement je dispose de plusieurs points de repère puisque je sais :

  • qu'une juridiction ne peut répondre qu'à une demande dont elle est saisie
  • qu'on ne peut en appel développer des demandes nouvelles 
  • que l'arrêt rendu mercredi par la  Cour d'Appel de Versailles confirme le jugement rendu par le tribunal de grande instance de Nanterre le 18.09.2008.
Or, réjouissons nous, j'ai pu trouver une copie de cette décision. :) 

4- la décision de première instance 

Les demandes formées à l'encontre de Bouygues télécom en première instance étaient multiples. 
Étaient notamment évoqués : 
  • un trouble visuel 
  • une dépréciation de la maison des demandeurs
Mais ces demandes avaient été écartées. 
Je ne crois donc utile que de vous faire part des motifs qui ont emporté condamnation en première instance:

Les parties qui citent ainsi de nombreux avis, études ou analyses, nationales ou internationales, en font une lecture pour le moins opposée. Une conclusion certaine des pièces versées au débat qui ouverte et qu'elle permet à chacun de nourrir son point de vue. sont les seules sur lesquelles le Tribunal peut se fonder, est que la discussion scientifique reste
Le tribunal commence par cadrer le débat et rappelle qu'l ne peut trancher qu'en fonction des pièces qui lui ont été communiquées.
Une autre conclusion à en retenir est que si les troubles de santé, constatés chez certains, soupçonnés chez d'autres, constituent un préjudice dont le lien avec la proximité des antennes relais reste à démontrer, le risque de troubles, à distinguer des troubles eux-mêmes, est lui certain puisqu'il n'est pas contesté que les autorités compétentes en la matière, tant internationales que françaises, préconisent de faire application d'un principe de précaution.
Il déduit de ces pièces, qui sont des études émanant d'autorités compétentes  qu'il n'est certes pas avéré qu'elles soient à meme  de causer des troubles mais qu'un consensus existe quand à leur caractère potentiellement dangereux.
Il estime donc avoir la preuve qu'elles représentent un risque certain, avant de constater que Bouyguies Télécom n'apporte pas la preuve contraire, ni même avoir pris la moindre précaution à ce sujet :

La Sa Bouygues Télécom ne démontre d'ailleurs dans le cas d'espèce ni l'absence de risque ni le respect d'un quelconque principe de précaution puisque, à l'exception de deux décisions administratives insuffisantes pour ce faire, aucune des pièces produites ne concerne spécifiquement l'installation en cause.
Après avoir analyser ces éléments de "fait" le tribunal doit ensuite les "qualifier", c'est à dire leur appliquer la règle juridique idoine.
Or exposer son voisin, contre son gré, à un risque certain, et non pas hypothétique comme prétendu en défense, constitue en soit un trouble de voisinage. Son caractère anormal tient au fait qu'il porte sur la santé humaine.
La concrétisation de ce risque par des troubles de santé avérés constituerait un trouble distinct, susceptible de recevoir d'autres qualifications en fonction de la gravité des troubles, mais est hors du cadre du litige puisque les demandeurs ne se plaignent d'aucune pathologie.
Le notion de trouble anormal du voisinage est un corollaire du droit de propriété, ou plus exactement l'une de ses limites. 
Si la propriété est "le droit de jouir d'une chose de la manière la plus absolue", l'exercice de ce droit peut être abusif dès lors qu'il cause à autrui un trouble anormal. 
La cour de cassation admet d'ailleurs que ce trouble puisse être constitué par un risque, comme par exemple "la menace constante de projections de balles de golf" [l'arret ici]
Ayant constaté le caractère anormal du trouble la Cour ordonne une mesure de nature à le faire cesser, outre des dommages et interets. 
Écarter le risque dans le cas présent, vu l'absence de pièces spécifiques versées au débat, ne peut s'obtenir que par l'enlèvement des installations.
Compte tenu des informations que j'ai pu trouver dans la presse, il semble que l'arrêt de la cour d'appel reprenne à peu de chose près la même argumentation.

5- Perspectives
A ce stade, le jugement rendu par le TGI et l'arrêt de la Cour ne sont que des décisions relativement isolées.
Si l'application de la notion de trouble anormal du voisinage dans ce cas me parait juridiquement audacieuse, je ne suis pas certain que l'application de ce principe aux antennes-relais soit susceptible de se généraliser.

En l'absence de démonstration objective d'une dangerosité avérée lesdites antennes la notion de risque certain me semble prêter à débat.
Or sans lui pas de condamnation possible.

Si Bouygues Télécom forme un pourvoi en cassation, c'est précisément  cette notion qui sera au cœur du débat.
 
MAJ le 6.02.2009 :
J'ai pu trouver l'attendu principal de l'arrêt rendu par la cour d'appel

« les intimés, qui ne peuvent se voir garantir une absence de risque sanitaire généré par l'antenne relais [...] à proximité immédiate de leur domicile familiale, justifient être dans une crainte légitime constitutive d'un trouble ; que le caractère anormal de ce trouble causé s'infère de ce que le risque étant d'ordre sanitaire, la concrétisation de ce risque emporterait atteinte à la personne des intimés et à celle de leurs enfants. » [source]