Manifestation irrationnelles

. 29.1.09
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Les mouvements sociaux sont par nature protéiformes. Celui qui occupe les esprits, les rues, les quais de gare et les colonnes de la presse aujourd'hui ne fait pas exception à la règle. 
Pourtant, à bien regarder cet évènement est d'une nature assez singulière.
La "une" qu'affiche aujourd'hui le site de la CGT est d'ailleurs une illustration vibrante de ce phénomène : 

 
[via]
Les déclarations de son leader, Bernard Thibaut, ce matin sont plus ou moins dans le même ton : 
Les grèves et manifestations de jeudi visent notamment à amener le gouvernement et les entreprises à "réévaluer" la part consacrée aux revenus du travail par rapport à ceux du capital, a affirmé jeudi sur RTL le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault. 
"Si l'on veut "refonder le capitalisme" -ce n'est pas une formule de la CGT, c'est une formule du chef de l'Etat- il faut aussi accepter progressivement de ne plus raisonner avec les mêmes paramètres", a-t-il déclaré. [source]
Il ne s'agit pas à proprement parler de revendications au sens classique du terme. Les manifestants ne réclament pas de nouveaux droits, ou un mesure précise comme par exemple une hausse de deux points du SMIC. 
Il ne s'agit pas non plus vraiment d'une opposition politique à une mesure comme pouvait l'être le mouvement d'opposition au CPE. 


Non, il me semble cette fois que le mouvement social est d 'une nature bien plus symbolique et irrationnelle. 
je ne suis pas le seul à le penser d'ailleurs, Dans un entretien accordé au journal le Monde le sociologue Denis Muzet analyse le phénomène d'une manière qui me semble pertinente et affirme que :
Les syndicats remplissent bien leur fonction de catharsis, d'exaltation du sentiment de révolte. [source]
J'avais déjà parlé de Catharsis au sujet d'un précédent mouvement social, je crois cette fois qu'il s'agit du cœur de celui-ci.
Les grévistes demandent confusément à vivre mieux, à refonder le capitalisme, à bénéficier d'un meilleur pouvoir d'achat, des revendications quelque peu irrationnelles auquel l'État pourra difficilement répondre faute de baguette magique. 
 
Pourtant, c'est probablement cette nature irrationnelle qui explique le succès du mouvement d'aujourd'hui.
Les 69% de francais qui se déclaraient hier favorables à la grève sont l'illustration de cette spécificité de même que le million de manifestants qui se trouverait dans la rue alors que j'écris ces lignes.


Ce mouvement n'a rien d'une revendication corporatiste, il dépasse le clivage entre public et privé, il fédère sur le sentiment du "mal-vivre" très largement partagé. 
Or ce sentiment sera bien difficile de le calmer. 
Le chef de l'État et le gouvernement l'ont d'ailleurs bien compris comme en témoigne leur attitude des derniers jours ;
ll faut s'arrêter quelques instants sur les confidences distillées par Nicolas Sarkozy depuis que la crise s'est abattue sur le pays. Le président de la République affirme qu'il veut poursuivre les réformes, mais il confesse aussi que "la France n'est pas le pays le plus simple à gouverner du monde". Il rappelle que "les Français ont guillotiné le roi", qu'"au nom d'une mesure symbolique, ils peuvent renverser le pays". Il parle de la France comme d'un "pays régicide". [source]
Il est décidément déjà loin, ce jour de juillet 2008 où Niciolas Sarkozy déclarait "quand il y a une grève en France, personne ne s'en aperçoit" et  quelque six mois plus tard, c'est l'attitude inverse qui prévaut.
Prudent, le gouvernement a choisi de calmer le jeu. La grève et le principe de la manifestation ne sont plus mis en cause. "On n'insulte pas le crocodile avant de traverser la rivière", explique Brice Hortefeux. [source]
 [photo]
Je crois que ce type d'attitude est de loin le plus sage. 
Car, n'en déplaise à Jacques Marseille qui appelait dans le Point il y a quelques jours à cesser de comparer la crise actuelle à celle de 1929 il n'est pas à exclure qu'un phénomène analogue à celui qui l'a suivie se fasse jour dans les mois à venir. 

Le schéma d'alors était celui d'une crise financière, à l'origine d'une crise économique, débouchant sur une crise sociale, elle même suivie de crises politiques de triste mémoire.

Or force est de constater que la crise politique est à ce jour la seule de la liste à n'avoir pas encore tout à fait éclaté.
Alors que partout en Europe, de la Lettonie à la Grèce des manifestations de grande ampleur se font jour, il serait quelque peu léger de sous estimer cette hypothèse catastrophe : 

 L’exemple de l’Islande est révélateur des tensions en Europe à la suite de la crise économique. Le premier ministre islandais Geir Haarde a été obligé de démissionner, lundi 26 janvier. La chute de son gouvernement a en effet été précipitée par des semaines de manifestations à Reykjavík et des portraits à l’effigie du Premier ministre ont même été brulés devant le Parlement.[source]
Le comportement de notre exécutif dans les tous prochains jours risque  donc d'être  déterminant. 
De son choix de jouer l'apaisement ou de continuer les réformes selon la méthode brutale qui a été la sienne jusqu'à présent peut dépendre le sort des prochaines années. 
 

Et pourtant, dans ce contexte de crise globalisée la situation lui échappe déjà quelque peu.

Slumdog Millionnaire [critique du film]

. 27.1.09
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J'ai enfin pris le temps de voir Slumdog Millionnaire.
Et, autant vous le dire tout de suite je n'ai pas été déçu.
Un film de Danny Boyle, le réalisateur de Trainspotting et Sunshine ça ne laisse jamais indifférent.
Mais cette fois c'est très particulier.
Le film fait énormément parler de lui, se fait saluer par la critique, applaudir dans les blogs et acclamer aux remises de prix.

Tout au plus entend on s'élever la voix discordante de certaines associations indiennes qui n'apprécient pas l'image très brutale de leur pays qui est véhiculée par le film. 
 


Slumdog Millionnaire c'est donc l'histoire de Jamal Malik, 18 ans, orphelin  né dans le bidonville le Mumbai, sur le point de remporter la somme de 20 millions de roupies à l'émission Qui veut gagner des millions ? La chose est si extraordinaire que les organisateurs du hjeu comme les autorités ne tardent pas à le soupçonner de tricherie. A l'occasion d'un interrogatoire "musclé", Jamal Malik raconte sa vie, son frère, Malika celle qu'il aime éperdument  et aussi cette vérité toute simple : s'il a si bien réussi lors de l'émission c'est qu'il connaissait les réponses.  
 


Face aux tonnerre de louanges que reçoit ce film j'aimerais être capable d'originalité.
Mais à la vérité je peine à trouver un bien grand défaut à ce film.
De l'écriture au montage, de la direction d'acteur à la bande son je peine à reprocher quoi ce soit à Slumdog Millionnaire.
Il s'agit tout simplement de l'un des plus beaux films qu'il m'ait été donné de voir ces dernières années.


Et pourtant j'en vois quelques uns. 

Le savoir à la portée de tous tout de suite

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Ce slogan c'était un peu la promesse de Wikipédia, site célébrissime  désormais devenu une icône du Web dont le slogan exact  est « Le projet d'encyclopédie librement distribuable que chacun peut améliorer ». 
Selon la page dédiée à Wikipédia sur le site lui-même, 
Ce projet est décrit par son cofondateur Jimmy Wales comme « un effort pour créer et distribuer une encyclopédie libre de la meilleure qualité possible à chaque personne sur la terre dans sa langue maternelle ». Ainsi, Jimmy Wales proposa comme objectif que Wikipédia puisse atteindre un niveau de qualité au moins équivalent à celui de l’Encyclopædia Britannica. [via]
Dans les faits cependant, force est de constater que la qualité première de Wikipédia n'est pas forcément la fiabilité. 
Si l'outil se révèle grandement utile pour comprendre un concept à grands traits sur Wikipédia le diable est à coup sûr dans le détail.

Pour m'être amusé à l'occasion à lire certains articles juridiques sur Wikipédia , je suis convaincu qu'un nombre certains d'entre eux ont été écrits par des étudiants emportés par l'enthousiasme mais pas foncièrement maitres de leurs sujets.
Sans être moi même contributeur, il m'est en outre arrivé de corriger en deux ou trois occasions une bourde grossière voire même une tournure si maladroite que je ne pouvais me faire à l'idée qu'un autre après moi aurait à souffirir sa lecture. 

La plus grande force de Wikipédia est aussi sa principale faiblesse, à vouloir concentrer le savoir de chaque individu, on s'expose à récolter de la bétise pur jus au passage... et du vandalisme aussi. 

Pourtant, à en croire cette brève reprise aujourd'hui sur le site d'LCI il semblerait bien que cette philosophie appartienne désormais au passé.
Des utilisateurs "experts" pour valider et censurer les informations des utilisateurs anonymes ? Le fondateur de Wikipedia, l'Américain Jimmy Wales, veut durcir les règles de publication de ses articles en ligne. Il propose que les articles écrits par les utilisateurs récents ou anonymes soient validés par des utilisateurs expérimentés avant d'être mis en ligne. Une nouvelle procédure approuvée par 60% des participants à un sondage en ligne. Les utilisateurs disposent toutefois d'un délai pour fournir des contre-propositions avant une deuxième consultation dans deux semaines. [source]
[Pour moi le guide du voyageur galactique, y a que ça de vrai]


C'est donc un changement total de culture qui se prépare chez Wikipédia qui se propose en fait de pratiquer désormais une modération à postériori de chaque contribution.

Si l'initiative risque à coup sûr de décourager une grande majorité des petites malins qui s'amusaient à altérer le contenu de l'encyclopédie ce changement  pourrait aussi tout bien refroidir l'enthousiasme des contributeurs actifs et sincères qui ont fait de wikipédia ce qu'il est aujourd'hui. 

L'un des principaux charmes de Wikipédia qui est à mon sens de voir le fruit de son travail publié immédiatement va nécessairement disparaitre. 
De même, je me demande dans quelle mesure et selon quels critères la fondation sera capable de traiter à bref délai la quantité notoire de contributions journalière qui lui seront soumises.

A supposer qu'elle y arrive, les utilisateurs experts deviendront à termes de vrais "éditeurs" charger de faire le tri entre le bon à rien et le vrai. [je suis né sous le signe du jeu de mot foireux, désolé] ce qui risque fort de la rapprocher  des encyclopédies "professionnelles" dans le style et le contenu.

Amputée d'une part de sa réactivité et d'une peu de sa richesse, Wikipédia deviendra nécessairement plus fiable, mais paradoxalement il me semble qu'elle sera aussi plus vulnérable à la concurrence d'autres outils gratuits de qualité.


C'est en tous cas une mini révolution qui se prépare, sur Wikipédia comme ailleurs.

Seul dans le noir [critique]

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Je serais malhonnête si je ne commençais pas par vous dire que j'ai une véritable, passion pour l'œuvre de Paul Auster.  Vous qui lisez ces lignes sachez donc qu'elles ont été écrites par un fan pris dans une phase de délire subjectif assumé.
Le dernier livre de Paul Auster vient donc de paraitre chez Actes Sud, et comme à chaque fois c'est un événement. 
Si vous connaissez déjà l'auteur de Léviathan, la trilogie New Yorkaise ou Brooklyn Folies, sachez simplement que vous serez en terrain familier et que celui-ci est un bon crù. 

Pour les autres, sachez qu'un roman de Paul Auster fonctionne un peu comme un labyrinthe dans lequel la trame centrale n'est pas totalement fixe, une structure apparemment simple mais toujours infiniment travaillé de mises en perspective qui retranscrivent d'une manière étonnamment exacte ce processus subtil qui fait naitre une histoire dans l'esprit de son auteur. 

La trame
Seul dans le noir c'est l'histoire d'Auguste Brill, critique littéraire à la retraite que la jambe abimée lors d'un accident de voiture contraint à rester à la maison.
Il vit chez Myriam sa fille en compagnie de Katya sa petite fille. Tous trois ont leur blessures dont il peinent à guérir. Auguste ne se remet pas de la mort de son épouse Sonia, Myriam rumine son divorce tandis que Katya culpabilise depuis que Titus, son ancien petit ami est décédé en Irak.
Pour passer le temps Auguste s'enivre de classiques du cinéma le jour et invente des histoires la nuit seul dans le noir.
En ce moment il invente l'histoire de Brick, un homme transporté comme par magie dans un monde parallèle où le 11.09 et la guerre en Irak n'ont pas eu lieu. Cette Amérique de fiction est plongée dans une guerre civile sanglante qui oppose les états fédéraux restes fidèles au gouvernement de G. W. BUSH à ceux qui ont fait sécession à la suite de son élection controversée.
Perdu dans cette autre Amérique Brick se voit investi d'une lourde mission.

Extrait :
Telle fut ma guerre. Pas une guerre véritable, certes, mais, une fois qu'on a été témoin d'une violence  de cette envergure, il n'est pas difficile d'imaginer pire, et, du moment que le cerveau est capable de faire cela, on comprend que les possibilités les plus affreuses de l'imagination sont le pays dans lequel on vit. Il suffit d'y penser et il y a des chances que cela arrive.
Que vous soyez familier de l'auteur ou pas je ne saurais trop vous conseiller de lire Seul dans le noir. C'est une décharge de bonheur qui vous prend aux tripes et dont les 182 pages  se lisent d'une traite.
Un authentique coup de cœur.

La chasse est ouverte

. 26.1.09
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Depuis que la chasse au juge d'instruction est ouverte tous les coups sont permis.
Rachida Dati, qui n'a d'ailleurs jamais craint de déplaire au monde judiciaire l'a bien compris de sorte qu'elle n'a pas hésité à faire nouveau coup d'éclat avant que de quitter le gouvernement. 
Par chance, il se trouve justement un juge à portée de carabine. 
Il s'agit du juge Burgaud, dont le nom est devenu les symbole de la débâcle du procès "Outreau". 
Alors que celui-ci doit prochainement être auditionné par le Conseil Supérieur de la magistrature dans le cadre d'une procédure disciplinaire la chancellerie a pris soin de faire parvenir à ce dernier une "Note" dont le Monde publie aujourd'hui des extraits.
Pour la directrice des services judiciaires, Dominique Lottin, qui a rédigé la note, il ne faut pas parler d'"insuffisances professionnelles", mais d'"une accumulation de manquements dont la répétition tout au long de la procédure démontre le caractère systématique voire volontaire". Le comportement de Fabrice Burgaud a été "délibéré" et ne peut "être attribué à l'inexpérience d'un jeune magistrat". Pis : "Ces pratiques ont compromis, pour les autres magistrats qui sont intervenus dans la procédure judiciaire, à la fois le contrôle d'un dossier rendu confus par manque de rigueur et la remise en question d'éléments présentés de façon péremptoire, par manque d'impartialité." 
Toujours selon cette note,
La chancellerie estime que le juge Burgaud ne peut être amnistié car son comportement a donné de  son comportement a donné de "l'institution judiciaire une image dégradée qui ne pouvait qu'affaiblir la confiance des justiciables dans l'impartialité qu'ils sont en droit d'exiger de leur juge." [source]
J'occulte d'emblée toute critique du procédé qui consiste pour un membre du gouvernement à envoyer une note à un juge afin de lui expliquer comment il doit trancher. 
Depuis la réforme du CSM, on sait que la séparation des pouvoirs a pris un peu plus de plomb dans l'aile dès lors que cette institution sert aussi désormais à "placer" des amis.


Non. Ce que je trouve stupéfiant dans cette note c'est cette phrase qui sonne comme une exécution.
"Ces pratiques ont compromis, pour les autres magistrats qui sont intervenus dans la procédure judiciaire, à la fois le contrôle d'un dossier rendu confus par manque de rigueur et la remise en question d'éléments présentés de façon péremptoire, par manque d'impartialité"
C'est dit, tout est de sa faute.
Peu importe que d'autres magistrats aient fait des erreurs dans ce dossier, il n'avait qu'à mieux le monter.
Au diable le Procureur de la République qui a saisi le juge Burgaud de cette affaire (un juge ne saisit jamais lui-même) quand bien même ses erreurs seraient antérieures à celles du juge Burgaud.
Ne tenons pas compte non plus des réquisitions du même Procureur de la République qui ont été rendues avant que le juge Burgaud ne rende son ordonnance de Réglement, si le dossier avait été mieux préparé il ne se serait pas trompé.
Et ne parlons pas, surtout, des décisions rendues par la chambre de l'instruction dans cette affaire, elle ne pouvait que se tromper puisque le dossier était "confus".
Quant à la cour d'assises de Saint Omer peut importe qu'elle ait condamné des innocents, elle ne saurait non plus avoir la moindre part de responsabilité puisque le juge Burgaud était passé avant elle... 
 
Ça me rassure un peu.

Parce qu'au moment où l'on annonce la fin du juge d'instruction, c'est à dire une rupture historique avec la tradition judiciaire Française, j'ai cru qu'il allait falloir se poser des questions importantes. 
J'ai cru qu'il allait falloir se demander comment rendre réellement efficace le contrôle  des actes de l'instruction alors que les chambres de l'instruction (qui connaissent en appel des décisions rendues par le juge d'instruction et sont habituellement surnommées les "chambres de l'homologation" par les pénalistes avertis...) vont voir leurs attributions transférées à un nouveau "juge de l'instruction".
J'ai cru qu'on devrait aussi se poser une fois pour toutes la question de la pertinence du recours à un jury populaire en Cour d'Assises.
Pensez donc, nos affaires les plus simples sont jugées par des professionnels alors que les plus complexes sont tranchées par des profanes...
J'ai enfin pensé qu'il allait enfin être nécessaire de s'interroger au sujet de la pertinence du recours si fréquent à la détention provisoire  (c'est à dire avant que la personne  ait été jugée) alors qu'elle n'est pas toujours absolument indispensable.
 
Mais heureusement ce ne sera pas nécessaire puisque tout est de la faute du juge Burgaud. 
D'un coup, je suis soulagé.

Money for nothing

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 Comme à peu près tous les jours, je lisais Pingoo vendredi matin un croissant dans une main et une tasse de café de l'autre lorsque je suis tombé sur ce billet qui est aussi le début d'une "chaine" basée sur le concept suivant : 
La question est simple ? Pour quoi payez-vous sur internet ? Site Web, services, boutiques, en ligne… Qu’est ce qui vous fait claquer votre fric ? Je veux tout savoir !
Si vous me lisez à l'occasion vous savez probablement que j'aime bien toutes ces chaines de blogueurs.
 
Pourtant lorsque je l'ai lu j'ai immédiatement pensé, quelque chose du genre "mais qu'est ce que je pourrais bien répondre à ça, je n'achète rien sur internet ou presque".
J'ai commencé à me dire que je suis une espèce de parasite 2.0, l'un de ces geek en carton qui consomment à outrance de tous ces services gratuits et ne payent jamais rien et puis je suis passé à autre chose.
 
Et, puisque le destin est une chose décidément bien faite, quelques heures plus tard Lou (ah non cette semaine c'est de nouveau Lousia) n'a pas tardé à me taguer.
Elle ça doit la faire sourire devant son écran mais moi, pensez donc je ne sais pas trop ce que je vais bien pouvoir vous écrire.
Rien que de très banal à vrai dire.
  • J'utilise bien le site de la SNCF ne serait-ce que parce que j'aime beaucoup le train. Et puis aussi car je n'ai pas de voiture. 
  • Je me sers aussi un peu de Paypal, une société fondée par des gens suffisamment intelligents pour me convaincre de payer pour me virer mon propre argent. 
  • J''achète la plupart de mes livres et BD en librairie pourtant, puisque je suis un grand impatient  totalement incapable d'attendre que certains titres sortent en France il m'arrive de commander quelques Comics chez Amazon. (oui j'ai dix ans et après ?) 
  • Puisqu'on parle de vice je commande fréquemment des quantités scandaleuses de café chez Nespresso.
  • Coté boulot je dépense aussi des sommes prodigieuses chez Infogreffe (un jour lorsque je serais suffisamment de mauvaise humeur je vous écrirai quelques lignes sur les greffes privés des tribunaux de commerce, ce sera saignant).
  • Sinon j'ai pris mon dernier téléphone chez Orange, mon abonnement internet chez Numéricable (oui je suis définitivement un punk rebelle tout ca) et je songe très sérieusement à prendre un nouvel ordinateur portable chez Dell dans les tous prochains jours. 
  • Quant aux vêtements, ne me parlez même pas d'acheter quoi que ce soit sur le net, je me refuse à dépenser dans ce domaine sans avoir préalablement essayé.
Maintenant vous savez tout.
Il ne me reste plus qu'à taguer plein de gens.. on va dire Etnik, Mister aiR, et  Aratta, MieL et John
A vous les gens !

Secret defense

. 23.1.09
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Lorsque deux évènements se font écho à ce point je ne peux m'empêcher d'y voir quelque chose de signifiant,
particulièrement lorsqu'ils s'opposent à ce point. 

Prenez ce communiqué de Robert Gibbs, porte parole de Barck Obama reprit dans Le monde ce matin :
[Barack Obama] a  donc décidé de commencer par suspendre le système judiciaire mis en place en 2006 par l'administration Bush pour juger les détenus de Guantanamo poursuivis pour crimes de guerre.
La nouvelle administration a aussi annoncé la suspension de quasiment toutes les réglementations laissées par l'administration Bush et pas encore entrées en vigueur, le temps qu'elles soient réexaminées. Rahm Emanuel, qui dirige le cabinet de M. Obama, a signé mardi après-midi "un mémoire adressé à toutes les agences et tous les départements [de l'administration] pour stopper toutes les réglementations en suspens jusqu'à ce que l'administration Obama ait pu en réexaminer les aspects politiques et juridiques" [source]
Rien de surprenant à la vérité. La fermeture de Guantanamo et des prisons secrètes du gouvernement étaient l'une des promesses de campagne les plus symboliques du nouveau président américain.
Or gel des procédures en cours et de certaines règlementations attentatoires aux libertés mises en place par l'ancien président sont des préalables nécessaires pour que ces promesses soient tenues. 

Pourtant, le caractère symbolique de cette mesure est à mes yeux particulièrement important. 
Elle illustre notamment la volonté de changement qu'a majoritairement manifesté le peuple américain avec l'éléction de Barack Obama après huit d'une politique politique sécuritaire. 
Incontestablement les états-unis d'ajourd'hui ne sont plus ce pays qui après le 11.09.2001 était pret à renoncer à un certain nombre de liberté publiques en échange de la promesse de plus de sécurité. 

Il me semble au contraire que la France d'ajourd'hui est une situation inverse.
C'est précisément sur la question de la sécurité que notre Président de la république a été élu.
C'est en grande partie autour de cette idée que gravite sa politique dans de nombreux domaines. 
Il n'est pas bien étonnant dasn ces conditions d'apprendre dans le Monde du meme jour que notre gouvernement fait l'exact opposé de ce que met en place le Président Américain :
Cédant à une vieille revendication du renseignement, le gouvernement a discrètement introduit dans le projet de loi de programmation sur la sécurité intérieure, la Lopsi, un article protecteur pour les espions, agents secrets et infiltrés, voire pour leurs "indics".
Ce statut pour les hommes de l'ombre complète un autre volet, placé, lui, dans la future loi de programmation militaire, sur les lieux secret-défense dont l'accès deviendra quasi impossible aux juges. Après la réforme du renseignement policier, puis la nomination de Bernard Bajolet comme coordinateur du renseignement auprès de Nicolas Sarkozy, c'est une nouvelle étape. Mais ni l'Elysée ni le gouvernement n'ont souhaité présenter un projet de loi spécifique, estimant que "l'opinion publique n'y est pas prête". [source]
Alors que les américains ferment ces prisons où les droits de l'homme et les lois américaines étaient déniés aux prisonniers notre pays met en place des lieux secrets défense dont l'accès sera refusé à la justice. 
En voila un bel euphémisme...  
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Lorsqu'ils étaient américains, l'existence de ces "lieux secrets" avait soulevé une indignation quasi unanime au sein de la population Francaise. 
Une indignation telle que l'on croyait la chose impossible en France.  
Mais il faut croire que depuis, notre pays aussi a changé.

Minerva : de l'influence à la prison

. 21.1.09
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Pas facile de tenir un blog ces derniers temps.
Alors que certains gouvernements se mettent à lever des hordes de trolls institutionnels d'autre préfèrent opter pour un péril bien plus physique. 
A en croire cet article trouvé sur BBC News aujourd'hui il semble bien que le gouvernement Sud Coréen soit de ceux-là. 

On y apprend que Minerva, un blogueur extrêmement populaire en Corée du Sud (jusqu'à 100.000 vues par billet) vient d'être arrêté et placé en détention provisoire sans possibilité d'être libéré sous caution. 
 
Minerva avait fait de l'économie son sujet de prédilection, il s'était rendu célèbre pour avoir successivement annoncé la faillite de la banque Lehman Brothers et la chute du Won (la monnaie Sud Coréenne) quelques jours avant que ces évènements ne se produisent. 

Pour le coup, il était réellement devenu un blogueur "influent".
En effet, après qu'il eut
"annoncé que les fonds japonais pourraient profiter de l'arrivée à maturité, début 2009, des bons du Trésor sud-coréens pour rapatrier leurs capitaux et consolider leurs résultats pour l'exercice fiscal clos fin mars."  le ministre des finances Sud Coréen avait été contraint de réagir sous la forme d'un démenti officiel. [source]

Or c'est précisément cette "influence" qui vaut à Minerva d'être arrêté.
Après avoir mis en chantier la création d'une loi sur la "cyber diffamation" destinée à freiner les futures vocations, les autorités Sud Coréennes ont opté à son égard pour une méthode plus directe. 


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Ce blogueur est en effet poursuivi pour avoir "répandu de fausses informations dans l'intention de porter atteinte aux intérêts publics" [source]
Le gouvernement argue dans le cadre des poursuites que la désinformation financière peut causer de grands dommages à l'économie. (sic)

A l'occasion de son arrestation, son identité a en outre été révélée. 
Et le moins que l'on puisse dire, c'est une belle surprise.
Alors que la plupart supposaient que Minerva était un professionnel de la finance il s'est avéré que celui-ci est en réalité Park Dae-Sung,
un chômeur  trentenaire qui a obtenu son diplôme après deux années d'études supérieures. [et que] Les connaissances pointues dont il a fait preuve étaient celles d'un autodidacte.[source]
Park Dae-Sung est actuellement détenu et en attente de jugement.
Il risque jusqu'à cinq ans de prison.

L'émergence des blogs en tant que média d'opinion suscite décidément une vive inquiétude au sein de certains gouvernements. 

D'un coup, je me dis que je vais peut être arrêter de parler politique...  
Mais en tous cas pas tout de suite. 

De l'inégalité face aux guichets postaux

. 20.1.09
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Il y a toujours un coté un peu beauf à critiquer la Poste, mais à l'instant je suis vraiment en colère et je crois que c'est parfaitement justifié. 
Et puis à bien y réfléchir j'ai déjà  dit du mal de la Poste un peu plus tôt dans ces pages...

Pour éviter les clichés je vous promets cependant que ce billet ne contiendra pas une seule fois le mot "grève", enfin pas deux fois le mot grève. Bref, vous m'avez compris. 

Ce matin j'étais debout à 6 heures. 
J'ai donc décidé de profiter des quelques heures qui me séparaient de mon train du matin pour me rendre à la Poste et faire plusieurs opérations sur un compte épargne. 

Puisqu'elle est la plus proche de la gare je me suis rendu à la Poste centrale dont les locaux ont été fraichement rénovés. 
Je pénètre dans le grand hall, qui lors de la réfection a été débarrassé de ses files d'attente. 
Désormais il faut être muni d'un ticket pour accéder au guichets. 
Docile, je m'approche de la machine qui les distribue. L'engin comporte trois boutons  à coté desquels sont portées les mentions suivantes : 
  • Toutes opérations
  • Transferts d'argent Western Union
  • Retraits de colis / lettres
Je jette un œil sur ma droite pour constater que les produits d'affranchissement de type Chronopost et autres sont désormais vendus dans une sorte de boutique aménagée dans un coin en compagnie de calendriers d'Anne Geddes et de sacs à mains estampillés "Equitable". 

Passée cette constatation, il ne me faut pas bien longtemps pour comprendre que le terme toutes opérations recouvre pudiquement l'ensemble des opérations de caisse d'épargne.

J'appuie sur le premier bouton et le ticket s'imprime il indique 8h33 et porte le numéro 007. Le chiffre me fait sourire et rassure à la fois, puis je lève la tête afin de connaitre le nombre de personnes qui se trouvent devant moi.

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Trois cadrans surplombent les guichets.
  • Le premier indique 004. 
  • Le second 400
  • Celui du bas 701
Aux trois boutons correspondant donc trois numérotations différentes. 
Cela ne m'inquiète pas outre mesure, il n'y a selon toutes vraisemblance que trois personnes devant moi. 

Très rapidement d'ailleurs un guichet se libère de sorte que le panneau supérieur monte d'un cran, puis d'un autre quelque cinq minutes plus tard. 
L'heure avance, le hall s'emplit peu à peu et s'ouvre un autre guichet. 
Parmi les nouveaux entrants, je remarque une femme d'une trentaine d'années aux épaules couvertes d'un manteau dont la facture me plait particulièrement, presque autant en fait que ses yeux bleus qui aspirent mon regard.  
 
Le panneau monte d'un cran à nouveau pour indiquer 006.
Je regard ma montre. Il est 8h47. Mon train part à 9h03. Cela risque d'être un peu juste mais je ne doute plus de pouvoir effectuer mon opération avant de prendre mon train. 

Enfin les deux guichets se libèrent successivement de sorte que je me prépare à m'avancer.
Mais c'est le troisième panneau qui se déclenche cette fois. Et je vois  avec une surprise mêlée d'agacement le joli manteau surmonté des yeux bleus s'avancer vers l'un des postiers. 

Le panneau bruisse un fois encore pour faire apparaitre le numéro 702. 

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L'intuition que j'avais eue à la vue des trois boutons se change immédiatement en certitude. Ces tickets qui remplacent les files d'attente ne sont qu'un moyen de trier les usagers en rendant prioritaires certaines opérations jugées plus importantes  ou plus rentables. Et peu importe les autres. 
J'ai attendu quelques minutes encore, autant que le temps me le permettait, jusqu'au numéro 706 en fait.

Lorsque j'ai quitté la poste j'avais le mot scandale sur les lèvres de sorte que je n'ai pu m'empêcher de le crier un peu fort. 
Avant de sortir, j'ai cependant pris soin de faire don de mon ticket à un inconnu qui en a semblé enchanté.

Je ne connais pas d'autre bureau de Poste à pratiquer pareille discrimination entre ses clients. 
J'espère en réalité que celui-ci est le seul.
Je ne prétends pas que les files d'attente surchargées soient une expérience fort agréable.
Mais dans les files d'attente nous étions tous égaux.
 
Ça doit être ça la Poste du troisième millénaire : un seul guichet trois modes de traitement différents.

Web social et propagande

. 19.1.09
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C'est volontairement que je n'ai pas publié jusqu'ici une seule ligne au sujet du conflit Israelo-Palestinien qui a pourtant mobilisé un nombre inimaginable de pixels sur nos écrans à tous depuis plusieurs semaines.  
Il faut dire que le format "blog " ne se prête guère aux longues explications or je pense que cette question est de celles qui méritent une vraie réflexion. 
Or s'il est une chose vraiment difficile c'est de penser à chaud. 
A l'instant même où les bombes s'écrasent, lorsque les gens meurent, c'est humain on ne pense pas : on réagit. 
Pourtant, ces derniers jours il m'a souvent semblé que Gaza c'est chez nous  tant ce conflit semble s'être importé par un phénomène complexe de capillarité. 
La chose a atteint un telle ampleur que Nicolas Sarkozy avait du déclarer le 14.01 dernier un nécessaire : 
"L'antisémitisme et l'islamophobie seront condamnés avec la même sévérité" [source]
Oui, pour le coup, je suis d'accord avec l'analyse du Président de la République. J'ai assisté à  des amalgames qui ne peuvent pas être fortuits. 
Pire même, à des expression de de haine assumée qui sont le symptôme d'un profond malaise. 
Or, en ce domaine, la toile n'a pas été en reste et certains groupes connus pour leur activisme s'en sont donnés à cœur joie.

Coté pro-palestiniens notamment,  le MDI groupement dirigé par Kemi Seba a oublié de faire dans la dentelle...

En face, le gouvernement Israélien vient de mettre en place une initiative qui me laisse rien de moins que perplexe : 
Deux jours après l'annonce du cessez-le-feu, les armes se sont tues mais la guerre médiatique continue. Le ministère israélien de l'intégration et de l'immigration a annoncé, dimanche 18 janvier, la création d'une "armée de blogueurs". La mission de cette nouvelle brigade du Net : occuper le terrain en inondant de commentaires les "sites anti-sionistes" qui pullulent sur la Toile.
Mis en place en coopération avec le ministère des affaires étrangères, le programme s'adresse avant tout aux Israéliens parlant couramment anglais, français, espagnol ou allemand. Pour entrer dans le rang, il suffit d'adresser un mail au ministère. Les volontaires sont immédiatement enregistrés selon leur langue et dirigés par l'administration vers les sites "problématiques". [source]
Par le biais de cette initiative ce gouvernement montre clairement qu'il a compris qu'Internet est un média. Si je ne peux qu'acquiescer à l'analyse, la méthode m'en rappelle plus ou moins une autre.

Selon les sites Rue 89 et aujourd'hui la chine :
Le gouvernement chinois emploierait des internautes pour poster des commentaires en sa faveur sur la toile. On les appelle le "Parti des cinq mao", en référence à leur rétribution. Ils sont un mélange hybride de militants nationalistes et d'apprentis pigistes pour le web, payés la moitié d'un yuan par commentaire inspiré posté sur les forums d'internet. Difficile de savoir combien ils sont réellement, tout est affaire de rumeurs et de ouï-dires. Selon David Bandurski, chercheur à l'Université de Hong Kong et co-fondateur du China Media Project, un programme de recherche sur les médias chinois, on en dénombrerait 280.000
N'en déplaise à certains (certaines ?) personne ne garde jamais bien longtemps le monopole d'une idée en matière de communication comme ailleurs. Cette pratique pourrait donc fort bien faire boule de neige. Je ne sais pas vous, mais moi quand j'imagine des centaines de milliers de trolls patriotes rémunérés et encadrés envahissant les blogs et leurs commentaires ça me fait assez froid dans le  dos.

Le régne de l'erreur

. 16.1.09
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 [photo : Même article]

Georges W. Bush faisait hier ses adieux télévisés aux américains. 
Pour célébrer l'occasion le très partial "Mother Jones" signe un article qui serait presque hilarant s'il n'était le strict reflet de la vérité. 
Il s'agit d'une chronologie intitulée "le règne de l'erreur" et dont l'ambition est de retracer les bourdes et autres scandales qui ont rythmé les huit années de Bush à la présidence.


Si vous lisez l'anglais je ne saurais trop vous conseiller d'y aller faire un tour.
A défaut voici un bref florilège :
Mars 2002 : Bush dit qu'il n'est "pas très intéressé" pour trouver Ben Laden
Février 2003 : Rumsfeld à l'occasion des pillages à Bagdad "ça arrive"
Juillet 2003 : Bush à l'intention des insurgés Iraquiens "amenez-les moi !"
Mars 2004 : A l'occasion du diner de gala des correspondants  de l'association des correspondants de la radio et la télévision Bush se moque de l'incapacité de son administration à trouver les armes de destruction massive inexistantes de Saddam Hussein: «Ces armes de destruction massive doivent bien être quelque part."
Avril 2004 : Fuite des photos d'Abou Ghraib Bush déclare qu'il va "s'assurer que cela ne se reproduira pas."
Mai 2004 : On apprend que la maison Blanche a fabriqué de reportages d'actualité afin de promouvoir son projet de loi "Medicare".
Juin 2004 : Cheney essaie encore de trouver un lien entre Saddam et Al Qaida
Mars 2008 :  Bush dit aux GI d'Afghanistan qu'il les envie un peu ...
Mention spéciale pour cette dernière citation :
"Je dois dire que je suis un peu envieux", a dit Bush. "Si j'étais un peu plus jeune et que je ne travaillais pas ici, je pense que ce serait une expérience fantastique d'être sur les lignes de front à aider cette jeune démocratie à réussir." [source]
C'est édifiant non ?

Allo police ?

. 14.1.09
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Il aime bien le samedi, on ne s'ennuie jamais un samedi. 
Un autre jour il aurait été sur les marches de la gare Saint Charles retrouver les copains et mater les filles aux épaules chargées de bagages. 
Puis il serait allé faire un tour deux rues plus loin jusqu'au Centre Bourse où il aurait fait semblant de faire les magasins en regardant encore les filles.
Et quand il en aurait eu assez, il aurait fini l'après-midi en lisant des Mangas à l'œil au Virgin Megastore de la rue Saint Férréol. 
Seulement, aujourd'hui c'est Dimanche. Or Marseille, un dimanche après-midi lorsqu'on a dix sept ans et pas d'argent ce n'est pas toujours drôle. 

Alors il se ballade le long des trottoirs sales et des devantures fermées. 
La rue est déserte lorsqu'il la remarque.  Ses jantes étincellent et contrastent harmonieusement avec le noir de la carrosserie. 
D'un rapide coup d'œil  l'inscription fixée au coin supérieur droit  coffre lui confirme ce qu'il sait déjà, il s'agit de la dernière BMW 325 ci
Un instant il se dit que ce serait génial d'avoir un voiture comme ça, enfin quand il aura dix huit et le permis. 
Parce qu'à l'instant la posséder ne lui servirait pas à grand chose, ans le droit de la conduire. 
S'il l'avait, il serait probablement forcé de la revendre... D'ailleurs, à bien y réfléchir ce serait certainement une bonne affaire. La dernière série 3 ça doit valoir un sacré paquet de thunes. 
Il regarde à nouveau de gauche et de droite, personne en vue. Nul ne passe jamais par ici à cette heure. 

Rentrer dans la voiture n'est pas le plus difficile, il suffit pour cela de forcer un peu sur le coin supérieur de la portière avant qui est toujours un peu malléable. Le reste nécessite juste un peu d'adresse. 
Enfin, il s'assied sur le cuir odorant du siège conducteur. et  referme la portière. Un frisson le parcourt lorsqu'il pose la main sur le volant. Cette émotion passée il est temps de s'occuper du plus difficile ; faire démarrer le véhicule.

Alex lui a montré un jour comment faire démarrer "aux fils" sur une vieille 405, celle là ne doit pas être beaucoup plus compliquée... 
Alors qu'il a la tête sous le volant il ne prête pas attention à ce bruit sec i caractéristique d'une fermeture centralisée qui se ferme.  

Quelque cinq minutes plus tard il se résigne enfin, l'anti-démarrage électronique est un rempart qu'il ne saura franchir. 
D'ailleurs il est temps de songer à partir, rester dans ce véhicule plus longtemps est un chose bien trop risquée. Le propriétaire pourrait revenir. 

Si seulement la porte voulait s'ouvrir...



Le lendemain matin, les marseillais hilares découvraient une brève dans la Provence du jour.
Un garçon de 17 ans a été interpellé par la police qu'il avait lui-même appelé dimanche après-midi, rue des Vertus (5e) à Marseille. Après avoir réussi à ouvrir la portière d'une BMW, le jeune homme l'a refermée derrière lui et s'est retrouvé pris au piège. Incapable de se libérer seul et  disposant d'un téléphone portable uniquement ouvert aux appels d'urgence, il s'est résolu à alerter la police qui l'a arrêté. 
 Parfois la liberté ça tient à rien.

Brèves en vrac du 13.01.2008

. 13.1.09
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Aujourd'hui  j'ai failli vous parler longuement de Brice Hortefeux dont le Monde dresse aujourd'hui le bilan... 
Le ministre se félicite d'avoir procédé à 29 796 "éloignements" de personnes en situation irrégulière en 2008.
Le quotidien nous précise que :
Cette "progression spectaculaire" s'explique toutefois, pour l'essentiel, par le développement, depuis l'été 2007, de l'aide au retour dit humanitaire qui s'applique aux ressortissants communautaires et en l'occurrence quasi exclusivement aux Roumains et Bulgares.
Devenus ressortissants de l'Union européenne, Roumains et Bulgares, et en particulier les Roms, continuent néanmoins d'être reconduits dans leur pays, moyennant une aide financière bien plus modeste que l'aide au retour traditionnelle (300 euros par adulte contre 2 000 euros). Cela ne les empêche pas, observent tous les experts, de revenir en France quelque temps plus tard. [même source]
Si j'étais de mauvaise humeur je me fendrais d'une longue explication de texte sur le cynisme de notre conception à géométrie variable de l'Europe qui persiste à considérer que certains citoyens de l'Union peuvent légitimement avoir moins de droits que d'autres... 
Au lieu de cela je vais vous mettre quelques liens juste pour que vous puissiez mieux cerner la notion "d'aide au retour humanitaire" dès lors qu'elle est appliquée aux Roms, l'autre diaspora persécutée. 
Je vous mets donc en lien : 
Les Roms, qui forment une minorité véritablement paneuropéenne, sont présents dans presque tous les Etats membres du Conseil de l'Europe et comptent environ dix millions de personnes. L’histoire des Roms fait partie intégrante de l’histoire européenne, et leur culture de la culture européenne. Mais la perception générale est souvent très différente : même dans les pays où les Roms vivent depuis des siècles, ils sont souvent considérés par la majorité de la population comme des « autres », comme des étrangers dans leur pays natal.
Tout au long de l’histoire, ces représentations se sont traduites par des manifestations de discrimination et d’exclusion dans toute l’Europe. [la suite ici]
Aide au retour humanitaire je vous disais...

Dans le même temps, Francois Fillon le veut moins long et moins dur... 
Ne partez pas, c'est du permis de conduire qu'il s'agit : 

François Fillon a présenté, mardi 13 janvier, une réforme du permis de conduire visant à le rendre "moins long, moins cher et surtout plus sûr". Cette réforme, plusieurs fois reportée, a été réclamée par Nicolas Sarkozy qui avait estimé en juillet 2008 que le permis de conduire était "trop compliqué, trop long et trop cher". [source]
Je ne sais pas vous, mais en ce qui me concerne je suis perplèxe. 
Allons au delà de l'évidente contradiction entre cette proposition un exécutif qui a fait de la tolérance zéro en matière de sécurité l'un de de ses leitmotiv. 
Pour un grand nombre de Français le permis de conduire est une condition nécéssaire à l'emploi de sorte que cette mesure parait au moins salutaire en ce qui les concerne. 
Mais dans cette logique plutôt que de "simplifier" le permis de conduire il vaudrait probablement mieux s'interroger sur cette politique répressive qui a généralisé les sanctions portant sur le permis de conduire dans notre droit pénal. 

Car disons-le honnêtement ce qui justifie l'urgence de cette réforme c'est le nombre grandissant de personnes privés de leur permis de conduire en même temps que de leur emploi. 

Il s'agit avant tout de simplifier le permis pour relancer la machine économique.





Alors qu'il parlait du permis de conduire, Francois Fillon a aussi annoncé comme prévu l'entrée de la loi du talion dans notre code pénal : 
«Comme l’a demandé le président de la République, les personnes ayant incendié des véhicules seront condamnées à une peine leur interdisant de conduire ou de passer le permis de conduire s’ils n’en sont pas déjà titulaires» [source]
Voilà c'est dit, tu as brulé ma voiture tu n'auras plus le droit de conduire la tienne.
Il ne nous reste plus qu'à espérer que le prochain fait divers grave à faire la une des médias ne soit pas ne soit pas un viol... 

Entretien avec Gerard Schivardi

. 12.1.09
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Parfois parler politique sur un blog ça peut vous mener à faire des choses inattendues. Vraiment.

1- Un commentaire pas anodin
Ça a commencé avec ce commentaire laissé vendredi soir en bas d'un d'article consacré à la toute récente condamnation de Gérard Schivardi récemment démis de ses fonctions de conseiller général par le tribunal administratif de Montpellier.
 
L'auteur du commentaire avait signé Gérard Schivardi, autant vous dire qu'au premier abord j'ai cru à un mauvais plaisantin.
Pourtant l'adresse Internet (transparente et payante) le numéro de téléphone (authentique) et la localisation géographique (cohérente) de l'auteur du commentaire ont dissipé une partie de mes doutes.
Une partie seulement, car ces éléments n'avaient rien de probant.
Intrigué j'ai cependant pris l'initiative : 
  • d'adresser un Mail à l'adresse de l'auteur du commentaire 
  • de prendre attache avec la mairie de Mailhac le lendemain matin comme on m'y invitait
Une voix féminine a répondu à mon appel presque aussitôt. 
J'ai taché de me présenter clairement en une phrase. 
Elle m'a mis en attente un très bref instant avant de m'éconduire d'un "non, il s'agit d'une erreur de notre part" aussi énigmatique que définitif.
J'ai reposé le combiné déçu et je suis parti faire un tour, persuadé que l'aventure s'arrêterait là.
 
A mon retour un nouveau commentaire avait été déposé, quelques minutes seulement après mon appel à la mairie. 
Suite à une erreur pouvez vous m'appeler au 04 68 XX XX XX à partir de 12h30
Gérard SCHIVARDI
Si j'ai cru devoir le supprimer par la suite, c'est parce que le numéro indiqué s'est révélé être aussi exact... que privé.


2- l'affaire selon Gérard Schivardi
Il est environ 13h30 lorsque je décide d'appeler ce nouveau numéro.
C'est une voix féminine très douce qui décroche, je me présente à nouveau, elle me coupe pour me dire qu'elle va me passer son mari.
Gérard Schivardi commence par s'excuser, lorsque j'ai appelé à la mairie ce matin il n'a pas fait le rapprochement, ce qui ne me surprend pas.
Il me dit être tombé par hasard sur mon article et avoir été surpris de trouver quelqu'un qui cherche à comprendre ce qui lui arrive.
Il ne croit probablement pas si bien dire. J'ai fait très attention à ne pas dépasser des faits lors de la rédaction de mon billet, or ceux qui ont été relatés dans la presse sont assez minces de sorte que j'ai un nombre certain de questions sans réponse.

Gerard Schivardi me propose spontanément de m'éclairer.

Détail qui n'a pas été relaté dans la presse, il me dit que la veille de la date limite de dépôt des comptes de campagne une employée de la commission nationale des comptes de campagnes et des financements politiques a pris contact avec lui.
Elle s'étonnait de n'avoir reçu aucun dossier le concernant.
Gérard Schivardi n'avait initialement pas l'intention de déposer de demande de remboursement des ses frais de campagne puisqu'il n'en avait pas eu si ce n'est une facture d'imprimerie de 223 euros.
Devant l'insistance de son interlocutrice, il finit par se laisser convaincre.
Une fois déposé, son dossier avait été rejeté puisqu'il n'avait pas ouvert de compte bancaire à l'occasion de sa campagne. 
La commission conformément à la procédure avait ensuite saisi le juge. 
 
A ce stade de la conversation une question me taraudait :
Comment un homme précédemment élu maire, un homme politique ayant fait une campagne présidentielle avait il pu ignorer l'obligation qui lui était faire d'ouvrir un compte bancaire ?
Gérard Schivardi me dit que le jour du procès le président lui a posé la même question.
Puis il me confie sans ambages, qu'il a été négligent et qu'il aurait du lire la documentation qui lui avait été remise à l'occasion du dépôt de sa candidature. Lorsqu'il s'est présenté aux municipales il n'avait pas demandé le remboursement de ses frais. A l'inverse lors de la présidentielle il disposait d'un "staff" chargé de gérer ce genre de choses.


Je lui demande s'il avait engagé un mandataire financier comme la loi l'y obligeait. 
Il me répond que oui, il a bien engagé un mandataire financier, mais que celui-ci a omis d'ouvrir le compte bancaire de campagne puisque justement il n'y avait pas de frais.
Je pense immédiatement à la question de la responsabilité de ce professionnel... sans toutefois l'évoquer. 
Lui me précise avoir appris par la suite de l'un de ses avocats que s'il l'avait su aurait pu ouvrir le compte bancaire dont l'absence a motivé sa condamnation jusqu'au dernier jour... Il regrette qu'on ne lui ait  rien dit...

Sur la décision elle-même.
Le maire de Mailhac s'estime "floué". 
Il a d'autant plus de mal à admettre la décision qu'à l'audience le commissaire du gouvernement [*] avait développé des conclusions on ne peut plus clémentes à son égard. 
Il suppose que le tribunal a voulu "se payer Schivardi" et trouve profondément injuste qu'on le sanctionne plus durement pour n'avoir pas respecté la procédure que ceux qui fraudent.

Sur la possibilité d'un recours.  
Il me confirme donc ce que la presse m'avait déjà appris ; il a d'ores et déjà exercé un recours devant le conseil d'État. Il me précise cependant qu'il n'a pas grand espoir mais qu'il tiendra bon ne serait-ce qu'au nom de ceux qui lui ont manifesté leur soutien.

Il me dit d'ailleurs avoir reçu près de 2000 courriers d'élus et s'être entretenu longuement avec François Bayrou.

Je m'étonne qu'en dépit de tous ces soutiens la presse n'ait pas donné plus d'écho à l'affaire.

Gérard Schivardi me dit avoir donné plusieurs interviews mais souffrir d'un véritable black-out de la part des journalistes.

Il prend soin de me préciser qu'il est "très loin de l'image que l'on donne de lui", qu'il ne se "considère pas comme d'extrême gauche", et qu'il n'est pas l'anti-européen pour lequel on veut le faire passer. Il se dit favorable à une "Europe Fédérale capable de mettre en place des projets". 

Sur l'avenir  :
Il est 14h15, Monsieur Schivardi me précise devoir se rendre à une réunion afin de décider de l'après. 
Son successeur est déjà désigné. s'il est élu, il est d'ores est déjà prévu que celui-ci démissionne dans un an, sitôt passée la période d'inéligibilité... 
Si Gérard Schivardi semble très affecté par la décision il ne semble pas près à raccrocher les gants. 

Après que je l'aie remercié vivement de m'avoir accordé un peu de temps, je finis par raccrocher. 
 
3- Bilan 
Le terme "bilan" est probablement un peu fort. 
Quelques réflexions plutôt. 
Lorsque j'ai commencé à écrire ici sur la chose politique  je l'ai fait sincèrement mais sans prétention, comme on lance une bouteille à la mer.
Il faut croire qu'à l'occasion les messages parviennent au port.  
En toute franchise je suis assez flatté qu'un homme politique ait pu trouver assez de valeur à mon travail pour s'y interésser... 
Quant à l'entretien lui-même, je ne l'ai probablement pas assez préparé, ce qui m'a gêné dans ma prise de notes pendant.
Mais pour tout vous dire, je n'ai vraiment cru à la chose que lorsque j'ai eu Gérard Schivardi au téléphone... 

Quoi qu'il en soit cet entretien a confirmé mon opinion. La condamnation provient d'un cumul de négligence et d'un déficit de formation. Le droit électoral est une matière complexe dont Gérard Schivardi ne semble pas avoir saisi à temps l'importance. 
Sur l'homme enfin... 
Peu importe mes convictions politiques, je l'ai trouvé séducteur. Vraiment. Je savais que la séduction était une qualité nécessaire lorsque l'on embrasse ce type de carrière, mais je ne me doutais pas à quel point. L'homme a réussi a installer une proximité dans notre discours qui sur le moment je l'avoue m'a presque désarçonné... 


Mais pour une première fois j'ai obtenu réponse à l'ensemble de mes questions... je considère donc l'aventure comme un succès. ;-)